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Y-a-t-il encore beaucoup de catholiques en Bretagne?

Longtemps considéré comme le bastion catholique de la France, la Bretagne n’a pas échappé à son érosion depuis les années 1970.
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Les chiffres du baptême sont particulièrement révélateurs. Il y a 60 ans, à l’époque de l’âge d’or du catholicisme en Bretagne, 85 à 90% des nouveaux-nés finistériens étaient baptisés. Aujourd’hui, seule la moitié recevrait le 1er sacrement. Il y a 4 ans, l’évêché de Saint-Brieuc et Tréguier rappelait certes que 90% des Costarmoricains étaient alors baptisés (Ouest France, 14 août 2009) mais, dans le même temps, il s’inquiétait du nombre croissant de demandes de débaptisation : 50 au premier semestre 2009 soit 30% de plus qu’en 2008. L’appartenance au catholicisme serait donc aujourd’hui le fruit d’un choix personnel et réfléchi, plus que le souhait de se conformer à la tradition.

68,5% des Bretons se déclarent catholiques

Pour autant, la Bretagne continue de se démarquer du reste de la France. En 2011, treize universitaires bretons faisaient le point sur l’état du catholicisme en Bretagne dans un ouvrage au titre volontairement provocateur : «Requiem pour le catholicisme breton ?». La publication rappelle que 68,5% des Bretons se déclarent catholiques contre 64,4% des Français. 
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De même, en moyenne, un peu plus de 16% des Bretons seraient catholiques pratiquants pour 15,2% des Français. A noter qu’est désormais considérée comme « pratiquante » toute personne qui va à la messe au moins une fois par mois.
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Des séminaires vides

Comme ailleurs, la Bretagne n’échappe pas à l’effondrement des vocations sacerdotales et religieuses. En 1954, 27 jeunes hommes entraient au séminaire de Quimper pour devenir prêtre (Bretons Magazine, mai 2009). En 1973, ce même séminaire fermait définitivement ses portes. Aujourd’hui, le séminaire St-Yves de Rennes accueille 18 séminaristes issus des quatre diocèses bretons. Conséquence : l’âge moyen du clergé breton est supérieur à 70 ans. Du coup, des paroisses ferment. Moins de paroisses, moins de messes célébrées et donc moins de pratiquants.
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« L’effondrement de la société rurale et de la famille »

Selon Yvon Tranvouez, co-auteur de l’ouvrage et professeur d’Histoire contemporaine à l’Université de Bretagne Occidentale à Brest, « le concile de Vatican 2 et l’évolution générale de la société apparaissent comme les premiers responsables de cette désaffection ( …) En Bretagne, il y a eu l’effondrement de la société rurale classique et de la famille : elles représentaient les 2 piliers des vocations et du catholicisme en Bretagne. » Plus récemment, la position de l’Eglise (notamment de Benoît XVI) sur la lutte contre le sida,  la reintégration d’un évêque négationniste, les scandales de prêtres pédophiles ont accentué le désintérêt voire un rejet de l’Eglise, sans doute plus que de la religion à proprement parler.

Un nouveau souffle pour l'Eglise en Bretagne?

250.000 élèves sont scolarisés dans les établissements catholiques bretons, soit 42% de la population scolaire, et même un peu plus de la moitié pour le Morbihan. Certes, sans doute faut-il voir davantage dans ces chiffres, une reconnaissance du bon niveau d’enseignement dispensé par ces établissements et une tradition. Autre phénomène, en 1994, un missionnaire laïc, Philippe Abjean, relance le le Tro Breizh, pèlerinage en l’honneur des sept saints fondateurs de la Bretagne. En août dernier, la marche organisée entre  Saint-Brieuc et Saint-Malo a réuni 1.200 marcheurs. Une affluence que Philippe Abjean justifiait ainsi : « Pour faire revivre le christianisme en Bretagne, il suffit de souffler sur ses cendres. »

L’Eglise catholique dans le diocèse de Rennes (source : diocèse de Rennes, 2012)
- Baptêmes : 2012
- Confirmation : 5315
- Mariages : 1046
- Obsèques : 5695

L'Eglise catholique d'Ille-et-Vilaine, c'est aussi :

- 30 doyennés
- 80 paroisses
- 470 lieux où il y a une messe régulière
- 365 prêtres
- 37 diacres
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