Guy Cotten, l'inventeur du "ciré jaune", nous a quittés

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Écrit par Stéphane Grammont
Guy Cotten en 2004
Guy Cotten en 2004 © FRED TANNEAU / AFP

Guy Cotten est décédé à l'âge de 77 ans à Trégunc, près de Concarneau. L'homme, passionné par la nouveauté et l'innovation, a créé un symbole pour la Bretagne et les gens de mer. Les vêtements Cotten sont aujourd'hui vendus dans 27 pays.

C'était quelqu'un « d'ingénieux, d'intuitif, de curieux, de battant ». C'est ainsi que l'avait décrit Claude Ollivier, auteur de « Guy Cotten, le soleil sous la pluie » (ed Broché), dans une émission consacrée à l'inventeur du fameux « ciré jaune ».
Cotten, dont le siège est à Trégunc, c'est aujourd'hui 150 salariés en Bretagne, et à peu près autant à Madagascar et en extrême-orient. Ce sont 750 000 vêtements professionnels chaque année, dont les trois-quarts pour les métiers de la mer.
La veste cirée reste 80 % du chiffre d'affaires de l'entreprise, aujourd'hui dirigée par la fille de Guy Cotten, Nadine Bertholom. Un chiffre d'affaires de 15 millions d'euros, avec des produits exportés dans 27 pays.


« Plus chaud qu'la laine, y'a Cotten »


Grâce à un petit logo, depuis près de 40 ans, Guy Cotten fait rayonner la Bretagne dans le monde entier. Les marins ont porté l'un de ses vêtements au moins une fois dans leur vie. Si aujourd'hui les clients sont surtout des marins-pêcheurs, la marque jaune a d'abord fait le bonheur des plaisanciers.
Cette réussite est le fruit de la ténacité et de l'inventivité de Guy Cotten, qui bien que né à Saint-Ivy, à quelques kilomètres de la côte, ne voit pour la première fois la mer qu'à 12 ans.

C'est un fils d'agriculteurs d'origine modeste, devenu représentant de commerce. C'est la course cycliste qui le passionne, il réalise même de bons chronos dans les criteriums régionaux. Mais c'est sa curiosité qui le pousse sur les pontons et les ports de pêche. Il vend ses premiers cirés, jaunes pour que cela se voie de loin, sur le port de Concarneau. Il se fait rapidement adopter par les gens de mer.

« Plus chaud qu'la laine, y'a Cotten » pouvait-on entendre sur les bancs des caravelles de l'école des Glénan. En 1976, à la faveur d'une rentrée marquée par de fortes averses et des orages, le ciré « Rosbraz » fait son entrée dans les cours d'école.

Le logo d'un petit bonhomme sur fond jaune ne changera plus jamais, à part bien sûr quelques liftings. Car Guy Cotten aime l'innovation. Si le ciré reste jaune, de multiples couches respirantes l'ont amélioré au fil du temps. La capuche qui tourne avec la tête, en 2007, fait figure de révolution dans le vêtement technique. En 2004, les skippers du Vendée Globe partiront avec la « combinaison Cotten », ou combinaison de survie TPS, totalement étanche et conçue pour des conditions extrême. Elle deviendra un temps la « combinaison Dinelli » après que le skipper italien ait survécu à un naufrage dans les mers du sud.



Guy Cotten avait répondu, sur notre plateau de la Voix Est Libre, à un portrait chinois
- Si vous aviez à nouveau 20 ans : je consacrerais une année à ne faire que du vélo. - Si vous étiez président de la République : je mettrais des gens du monde du travail parmi les parlementaires.
- Si vous étiez Dieu : je changerais l'image de Dieu pour changer l'image des hommes.
- Votre péché mignon : je n'en vois aucun, à part peut-être le chocolat.
- Votre plus grande honte : quand, enfant, une épicière ne voulut pas me donner une boîte de sucre parce que ma mère devait passer payer plus tard.
-Votre livre préféré : Christian Jacq, avec la série "Et l'Egypte s'éveilla"
- Votre disque préféré : "Bretonne", de Nolwenn Leroy
- Votre film préféré : La Traversée de Paris
- Votre endroit préféré en Bretagne : le Cabellou, à Concarneau
- Votre dédicace : "Quelle que soit la hauteur du trône, on n'est assis que sur son postérieur".

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