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Gad: Que pourra faire le gouvernement pour les salariés et la Bretagne ?

© AFP
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Le gouvernement a affiché samedi sa détermination à venir en aide aux salariés touchés par la restructuration de la société bretonne d'abattage et de découpe de porcs Gad SAS et à soutenir une région durement frappée par la crise.

Par Sylvaine Salliou

Le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, a assuré samedi que le gouvernement utiliserait "tous les moyens à sa disposition pour permettre le retour à l'emploi des hommes
et des femmes touchés par la fermeture des sites
", notamment l'abattoir de Lampaul-Guimiliau (Finistère). 
Dès la décision du tribunal de commerce connue, les ministres de l'Agriculture Stéphane Le Foll et du Travail Michel Sapin, ainsi que le ministre délégué à l'Agroalimentaire Guillaume Garot, avaient détaillé une série de mesures destinées à accompagner les personnes licenciées. 


Accompagnement des salariés et maintien de leur salaire pendant un an

Parmi elles figure l'activation du contrat de sécurité professionnelle. Elle va permettre de les accompagner pendant un an en leur facilitant l'accès à la formation et en maintenant quasiment en l'état leur salaire. "Nous en appelons à la solidarité de la filière pour voir les possibilités d'accueil des salariés licenciés" dans d'autres entreprises, avait insisté M. Garot. Le défi s'annonce ardu tant la Bretagne, première région agroalimentaire de France, a vu ce secteur malmené au cours des derniers mois. Avant Gad SAS, le groupe norvégien Marine Harvest, premier producteur mondial de saumon, avait annoncé début juin qu'il allait supprimer plus de 450 postes au premier semestre 2014, avec la fermeture de ses sites de Poullaouen (187 CDI et une centaine d'intérimaires), près de Carhaix (Finistère), et de Châteaugiron (125 CDI et une cinquantaine d'intérimaires), en Ille-et-Vilaine.


'On a jamais eu autant de dépôts de bilan'

Mi-mai, le tribunal de commerce de Quimper avait prononcé, faute de repreneur, la liquidation judiciaire de l'abattoir de Doux à Pleucadeuc (Morbihan), employant 147 personnes. La filière avicole a aussi vu Bruxelles supprimer les aides à l'exportation pour les petits poulets congelés, dont la France restait quasiment la seule bénéficiaire, en premier lieu les groupes bretons Doux et Tilly-Sabco. Fin août, Tilly-Sabco, deuxième acteur de la filière poulet grand export en Europe, a annoncé qu'il allait réduire de 40% sa production du fait notamment de cette décision. Les producteurs bretons ont également récemment tiré la sonnette d'alarme face au repli des cours des oeufs et du lait. "Au total, ce sont 5.000 suppressions de postes qui sont redoutées dans l'agroalimentaire en 2013", a expliqué le président de l'Association des industries alimentaires (Ania), Jean-Philippe Girard.
"On a jamais eu autant de dépôts de bilan: à 70% dans le secteur de la viande et en Bretagne", a-t-il ajouté.


En 2012, l'agroalimentaire français avait déjà perdu 3.900 emplois.

Conscient des difficultés, le gouvernement a lancé fin septembre un "Plan agricole et agroalimentaire Bretagne", avec à la clé des soutiens financiers, notamment des crédits du ministère de l'Agriculture et européens. "Nous allons mobiliser tous ces moyens, mais c'est maintenant aux Bretons de présenter les projets, de telle sorte que l'on puisse actionner le plus efficacement possible ces outils", avait estimé M. Garot, à l'issue d'une réunion de travail consacrée à ce plan. Une nouvelle rencontre doit avoir lieu en décembre pour en préciser les contours. "L'emploi dans le secteur agroalimentaire doit être l'objectif central du plan Bretagne", a insisté samedi M. Ayrault, réclamant sa mise en oeuvre "le plus rapidement possible d'ici la fin de l'année".

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