Pourquoi Manuel Valls fait campagne en Bretagne?

En moins de quinze jours, Manuel Valls est venu en terre bretonne à deux reprises, une fois le 27 et 28 février à Betton et à Rennes et une fois vendredi et samedi dans les Côtes d'Armor. A une semaine des élections départementales, le premier ministre bat la campagne en Bretagne, terre de gauche.

Manuel Valls accélère son tour de France avant le premier tour des départementales le 22 mars. Le premier ministre est en opération séduction et ses déplacements sont bien choisis. Il s'est déplacé en Bretagne, deux fois en moins de deux semaines. Il faut dire que l'accueil qui lui est réservé, est plutôt bon dans la région.

La Bretagne est une terre d'élection pour les socialistes

Manuel Valls ne vient pas en Bretagne par hasard. Il y a trois départements sur quatre en Bretagne, une région qui a voté François Hollande en 2012, à 56,35% des voix à l'élection présidentielle, soit cinq points de plus que la moyenne française. L'exécutif prend donc logiquement soin des électeurs bretons, car il a fort à perdre dans cette région où les grandes villes aussi, sont détenues par la gauche. Et l'ancrage des socialistes dans la région est profond puisqu'il remonte aux élections municipales de 1977, triomphales pour la gauche, qui avait alors fait basculer la Bretagne. En balade sur le marché de St Brieuc ce samedi, Manuel Valls a estimé sentir "de la confiance à mon égard et dans le gouvernement"


Valls fait campagne sur la ruralité contre le FN

Depuis quelques semaines, Manuel Valls fait campagne avec l’idée de poursuivre inlassablement son offensive contre le Front national. La Breatgne est jusqu'à présent une terre peu sensible aux arguments du FN. Cependant, De son côté, le FN compte bien gagner du terrain sur fond de crise de l'agroalimentaire et de l'agriculture. Le parti de Marine Le Pen sera le seul présent partout en Bretagne aux élections départementales. "Je ferai campagne jusqu'au bout. Pour mobiliser! Sans relâche", a promis le premier ministre vendredi soir au cours d'un meeting à l'hippodrome d'Yffiniac près de Saint-Brieuc. Il est "important que les Français votent, vu les compétences des conseils généraux et que c'est important pour notre démocratie, même si j'entends, bien sûr, et je comprends les inquiétudes, les angoisses et les doutes de beaucoup de nos compatriotes", a-t-il souligné lors d'un petit tour de marché à St Brieuc ce samedi.

Loyauté des parlementaires socialistes bretons

Lors de ce même meeting à Yffiniac, Manuel Valls a aussi défendu la loi Macron. L'occasion pour lui de tacler à nouveau les "frondeurs" du PS par un salut appuyé aux parlementaires bretons qui "soutiennent le gouvernement avec le sens de la loyauté et de la responsabilité, qui est un mot essentiel". "Sans unité et sans rassemblement, pas de projet de gauche qui puisse aboutir dans notre pays", a-t-il dit. Le Premier ministre a aussi rendu hommage à Claudy Lebreton, président PS du conseil général des Côtes d'Armor et qui ne se représente pas: "Tu as fait beaucoup pour ce département. Mais tu as aussi fait beaucoup pour les départements dont tu présides l'association". "Nous avons beaucoup discuté, et nous sommes entendus sur l'essentiel", a-t-il souligné. "Les régions sont une force inouïe pour notre pays (...). Un échelon dont l'histoire puise au plus profond de notre République".


D'autres meetings du Premier Ministre à venir entre les deux tours

Politologues et responsables socialistes en privé s’accordent à dire que la gauche devrait perdre au minimum 20 conseils généraux. "La probabilité c’est que le chiffre des 30 départements qui bascule soit atteint", juge Bernard Sananès (CSA) tandis qu’un scénario catastrophe verrait le nombre de pertes à gauche grimper à 40. Certains cantons seront également perdus par la gauche en Bretagne. Manuel Valls s’efforce de mobiliser l’électorat de gauche en Bretagne, comme ailleurs en France, il devrait également participer à plusieurs meetings entre les deux tours, selon Matignon.