Une attestation de déplacement bilingue pour vivre son confinement en breton

L’Office public de la langue bretonne a mis à jour les attestations de déplacement dérogatoires qu’il avait traduites au printemps. Une réponse à un réel besoin, selon l’organisme, celui de normaliser la présence de deux langues, au quotidien, en Bretagne.
 
Depuis le 30 octobre et le début de la deuxième période de confinement décidée par le gouvernement, il est de nouveau nécessaire de se munir d'une attestation de déplacement dérogatoire pour quitter son domicile.
Depuis le 30 octobre et le début de la deuxième période de confinement décidée par le gouvernement, il est de nouveau nécessaire de se munir d'une attestation de déplacement dérogatoire pour quitter son domicile. © France télévisions - M. Herry
"Me a sin amañ dindan a desteni eo liammet ma dilec’hiadenn ouzh an abeg da heul" (traduction : « Je soussigné(e) certifie que mon déplacement est lié au motif suivant »).

L’attestation bilingue proposée par l’Office public de la langue bretonne (OPLB) est entièrement calquée sur le modèle proposé par le gouvernement pour ce deuxième confinement, débuté vendredi 30 octobre dès 0h. "C’est l’exacte traduction du texte officiel, explique Fulup Jakez, le directeur de l’OPLB. Pour traduire du langage administratif et légal, il faut utiliser le même niveau de langage. Et comme le texte est intégralement en français en dessous, c’est tout à fait légal."


Pas de complication connue


Du côté de l’organisme public, on n’a connaissance d’aucune situation où ce document bilingue aurait posé problème. "J’ai moi-même été contrôlé plusieurs fois avec, raconte Fulup Jakez. La première fois, le gendarme a été un peu surpris mais tout s’est bien passé quand je lui ai expliqué que c’était juste le même document, en deux langues."

C’est exactement l’objectif de l’OPLB en proposant ces attestations bilingues : normaliser la présence de la langue bretonne dans toutes les sphères de la société. "De plus en plus de brittophones le lisent et l’écrivent. C’est normal pour beaucoup de personnes qui veulent vivre au quotidien en breton d’avoir cette attestation en deux langues, donc nous le faisons, ajoute le directeur de l’OPLB. L’idéal serait qu’elles le soient directement par les services de l’Etat, mais nous n’en sommes pas là, contrairement au pays de Galles, au Royaume-Unis, par exemple."


Trois attestations à télécharger

L’attestation de déplacement dérogatoire (Testeni dilec’hiañ disdalc’hus, en breton) est disponible ici en version pdf :
 

L'attestation de déplacement dérogatoire bilingue breton/français.

Sur le site de l’Office public de la langue bretonne, vous pouvez également trouver, en version texte (.doc), les justificatifs de déplacement scolaire et professionnel, en deux langues également.

Difficile de savoir combien de personnes ont déjà téléchargé les différentes attestations qui sont régulièrement partagées sur les réseaux sociaux.
 

Langue bretonne décomplexée


"Les brittophones d’aujourd’hui assument, beaucoup plus qu’il y a vingt ans par exemple, d’amener la langue sur le terrain des documents officiels ou de l’administration. L’usage de la langue bretonne s’est décomplexé", conclut Fulup Jakez. Reste à savoir si cette nouvelle génération de locuteurs du breton s’appropriera, au-delà du symbole, le vocabulaire très technique contenu dans le document.
 
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