Portrait. L'écrivain et journaliste Hervé Hamon livre son "album breton"

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L'écrivain et journaliste Hervé Hamon se livre ©FTV

L'écrivain et journaliste Hervé Hamon se livre dans l'Album breton. Il y raconte son amour de la mer, sa passion pour la navigation et son admiration pour l'Abeille Flandre et son équipage. Il était à bord du remorqueur quand l'Erika a sombré le 12 décembre 1999.

"Besoin de mer", "Dictionnaire amoureux des îles", "Eloge de la marée". Ces quelques titres en disant long sur l'histoire d'amour qui unit l'écrivain-journaliste à l'océan. Hervé Hamon, né en 1946 à Saint-Brieuc dans les Côtes d'Armor partage désormais sa vie entre le Chili et la Bretagne. C 'est là, sur la côte trégoroise qu'il se raconte. 

De sa poche, il sort un compas de relèvement. "Il doit avoir 30 ou 40 ans", dit-il. "Il faut imaginer ce qu'était la navigation alors. Il n'y avait pas de GPS, on ne savait pas où on était. Quand on s'approchait d'une côte, on regardait là dedans, on cherchait un point remarquable, le clocher d'une chapelle, un chateau d'eau. En général, on en trouvait trois et en regardant sous quel angle on les percevait, on traçait un chapeau et on pensait, on espérait qu'on était dans ce chapeau ! "

Hervé Hamon n'a pas la nostalgie de cette manière de naviguer, "le GPS, c 'est génial", mais il se souvient avec tendresse de l'époque. "Quand on approchait des côtes anglaises et irlandaises et qu'il y avait de la brume, on ne savait pas du tout où on était. Il fallait s'approcher, s'approcher, s'approcher... et finalement, on trouvait le port."

Hommage à l'Abeille Flandre

Dans la bibliothèque de l'écrivain, une maquette de l'Abeille Flandre trone en bonne place.  Le 12 décembre 1999, Hervé Hamon se trouvait à bord quand l'Erika a fait naufrage. Il est le seul à filmer les toutes premières heures de la catastrophe. "J'avais une toute petite caméra de communion pour filmer les opérations", se souvient-il. "Les copains qui sont partis de l'Abeille et qui ont été hélitreuillés sur l'Erika, ont pris un risque non -négligeable. Ils risquaient à tout moment de voir le bateau s'enfoncer."

"Voir un bateau couler, ce n'est jamais rien pour un marin. Je n'oublierai jamais les marins de l'Abeille qui se sont alignés et qui ne parlaient plus à ce moment là. Même si l'opération avait été un demi-usccès puisqu'on avait réussi à stopper la dérive de l'Erika, le bateau qui coule, le moment où il se renverse, c'est quelque chose que je n'oublierai pas. C'est un deuil." 

"La mer est pour moi une sorte de cadeau immérité" conclut l'écrivain.