Grippe aviaire. Deux nouveaux foyers d'infection près de Guingamp. "C'est une catastrophe économique et psychologique"

Deux nouveaux foyers ont été déclarés ce vendredi 17 février 2023 dans les communes de Saint-Péver et Saint-Connan dans les Côtes-d'Armor. C'est une véritable "catastrophe économique et psychologique" pour les habitants de ces villages qui vivent sous cloche au rythme des annonces de "dépeuplement" des volailles du secteur.

"On avait un doute ce matin en arrivant dans l'élevage, nous explique Elisabeth Megret, responsable des élevages dans cette exploitation de Saint-Connan. Les poules étaient prostrées. Je voyais bien qu'elles n'étaient pas en forme. Alors, on a appelé le vétérinaire et on a fait les analyses nécessaires." Sans surprise, le verdict tombe : l'Influenza aviaire a encore frappé dans cette commune des Côtes-d'Armor. C'est le septième élevage touché sur les 12 que compte la commune en l'espace de quelques jours.

Dans cette exploitation, 200 000 poules pondeuses sont concernées. "Ça vous tombe dessus du jour au lendemain. On a fait plein de choses en amont. On assainit avec des produits pour éviter la pression virale. Je désinfecte mes entrées d’air toutes les semaines. On met des bacs à chaux." Rien n'y fait, la grippe aviaire s'est infiltrée ici aussi. 

300 000 œufs par jour ne seront plus livrés

L'établissement est également un centre de reconditionnement et de redistributions d'œufs d'autres élevages. 300 000 œufs sont livrés chaque jour à leurs clients. "Il faut maintenant prévenir nos clients qu'ils n'auront plus rien", se désole Isabelle Auffret, responsable du centre de reconditionnement. 14 salariés sont au chômage technique. "On va se retrousser les manches pour nettoyer et pouvoir relancer notre centre de conditionnement le plus rapidement possible", espère-t-elle.

C'est une catastrophe économique et psychologique car il y a une anxiété très forte dans la population. Tout le monde se demandent quelles seront les conséquences derrière.

Jean-Yves Philippe

Maire de Saint-Connan

Du côté de la mairie, on est sur tous les fronts. "C'est une catastrophe économique et psychologique, car il y a une anxiété très forte dans la population, décrit Jean-Yves Philippe, maire de Saint-Connan. Ça nous tombe dessus comme la crise Covid. On ne le connaissait pas avant et il nous faut faire face." La mairie est au chevet des éleveurs, auprès de la population, pour leur demander de confiner leurs volailles "non commerciales", en lien avec les services de l'État et de la gestion des "dépeuplements", l'abattage des volailles. 

 "Il y a un fatalisme du côté des éleveurs, avance le maire. La grippe aviaire, ce n’est pas nouveau. Les gens du secteur savent qu’ils connaîtront cela un jour. Personne n’est à l’abri de cette épidémie. Maintenant, il faut nous donner les moyens de réagir. Il faut que les aides économiques soient à la hauteur et ne trainent pas trop. Il faut des réponses rapides pour remettre les élevages dans un temps pas trop éloigné." 

90 000 poules pondeuses à Saint-Péver

Un autre foyer a également été déclaré ce 17 février 2023 à Saint-Péver, à quelques kilomètres de là. 90 000 poules pondeuses sont concernées. C'est le deuxième cas de grippe aviaire cette semaine dans la commune. Un élevage de canards a été détruit en début de semaine.

Les volailles seront abattues ce weekend, comme les volailles de Saint-Connan. 

"Le mode opératoire sera différent, nous explique le maire de Saint-Connan. Il n’y aura plus la sortie des poules dans une zone sanitaire extérieure dans des conteneurs. Il y aura une destruction à l’intérieur même des élevages pour éviter trop de transferts de poules, de plumes et de déchets." C'est une équipe venue des Pays-Bas qui doit s'occuper de cette opération de "dépeuplement". 

Une situation incontrôlable ? 

"La situation est toujours sous contrôle, tente de rassurer Virshna Héng, directeur départemental de la protection des population des Côtes-d'Armor. On est sur un nombre de cas limité. Un cas par jour, même si cela est toujours beaucoup trop. Les services peuvent assumer les dépeuplements qui sont induits. En revanche ce que l’on vise, c’est d’éviter l’explosion de ces cas dans un lapse de temps très limité, comme on l’a vu en Vendée l’an dernier."

Le directeur de la DDPP insiste sur le renforcement des mesures prises actuellement. "Pour les professionnels, un renforcement de la biosécurité et une attention particulière lors de l’accès aux élevages en évitant un accès trop fréquent de personnes extérieures et des transports. Du côté des particuliers, il y a des mesures à prendre. Les détenteurs de basses-cours n’ont pas les connaissances élémentaires en matière de biosécurité." 

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