Triskalia : 100 000 euros d'indemnisation pour deux anciens salariés

Pascal Brigand a attaqué ses ex-employeurs, Nutréa-Triskalia, aux prud'hommes / © F3
Pascal Brigand a attaqué ses ex-employeurs, Nutréa-Triskalia, aux prud'hommes / © F3

Pascal Brigand et Claude Le Guyader, anciens salariés de l'entreprise Nutréa, filiale de Triskalia, avaient contesté leurs licenciements. Les prud'hommes de Guingamp ont rendu leur jugement ce jeudi 24 octobre.

Par Manon Hamiot


Après la reconnaissance de sa maladie professionnelle par la Cour d'appel de Rennes pour l'un des anciens salariés du groupe, Claude Le Guyader, les prud'hommes de Guingamp ont condamné le groupe Triskalia a lui versé des indémnités ce jeudi 24 octobre. 
 

Pour Claude Le Guyader, le tribunal condamne la société NNA à verser 26 592 euros d'indemnités au titre d'un licenciement sans cause réelle et sérieuse, 16 221 euros d'indemnités spéciales de licenciement au titre de sa maladie professionnelle, 20 000 euros d'indemnités au titre du préjudice moral ainsi que 1 500 de frais de justice. Au total, 64 313 euros. "Même si les sommes octroyées ne réparent pas le préjudice subi, je suis content. Pour moi, le fait d'avoir été jugé dans la région, c'était très important pour que les Bretons se rendent compte de ce qu'il se passe", a confié Claude Le Guyader.

Pour son ancien collègue, Pascal Brigand, la justice a condamné NNA à lui verser au total 44 672 euros d'indemnités, la maladie professionnelle ne lui étant pas reconnue. "Pour moi, c'était la dernière opportunité, c'est comme une délivrance, ça me donne espoir pour me relancer dans autre chose". Les deux anciens salariés tiennent aussi à remercier les associations et collectifs qui les ont soutenus "sans qui rien n'aurait été possible".

Le 5 décembre prochain, le Tribunal des Affaires de Sécurité Sociale de Saint-Brieuc statuera sur la demande de reconnaissance de la faute inexcusable de l’employeur déposée par Claude Le Guyader suite à la reconnaissance de maladie professionnelle.
 

Une victoire inédite


Pour Serge Le Queau, de l'Union régionale Solidaires de Bretagne, les deux hommes sont devenus des lanceurs d'alerte. "Depuis les premières démarches il y a dix ans, les choses ont commencé à changer".

Un audit avait été mené par l'Union Européenne au printemps. Le 11 novembre prochain, les victimes des pesticides de Triskalia, seront une nouvelle fois auditionnées par la Commission des pétitions du Parlement européen. Le Commissaire Européen à la Santé et à la sécurité alimentaire, Monsieur Vyténis Andriukaitis, et la Commissaire à l’emploi et aux affaires sociales, Madame Marianne Tyssen, vont procéder à un nouvel audit.

Objectif : vérifier si la France respecte les directives européennes concernant la protection de la santé et de la sécurité des travailleurs contre les risques liés à des agents chimiques sur le lieu de travail et les risques liés à l’exposition à des agents cancérigènes ou mutagènes au travail.
 

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