Affaire Claire Bouchaud, un féminicide passé au crible aux assises de Saint-Brieuc

Simon Jégou est jugé cette semaine aux assises de Saint-Brieuc, pour avoir tué sa femme, Claire Bouchaud. Il clame son innocence. Son avenir se joue cette semaine. C’est soit la perpétuité, soit la liberté.

© AFP - L. Venance

Ambiance tendue, toute cette semaine, aux assises de Saint-Brieuc. Simon Jégou est jugé pour le meurtre de sa femme, Claire Bouchaud. Il est accusé de l’avoir frappé de six coups de couteau en plein cœur. Les faits se sont déroulés en avril 2017, à Saint-Péver, près de Guingamp
Le corps de la jeune femme avait été retrouvé à Cohiniac, à une dizaine de kilomètres de là, le 7 mai 2017. Il avait été découvert par un promeneur à proximité d'une ferme abandonnée.

 

"une lésion par arme blanche au niveau du coeur"

L'autopsie du corps de Claire Bouchaud avait permis de caractériser "une mort violente consécutive à une lésion par arme blanche au niveau du cœur".
Secrétaire médicale à l'hôpital de Saint-Brieuc, Claire Bouchaud n'avait plus donné signe de vie depuis le 22 avril 2017, date à laquelle elle avait été vue en dernier lieu à Saint-Péver. Cette dernière était l'ex-belle-soeur du député écologiste François de Rugy.

L'enquête avait rapidement conduit le procureur de la République de Saint-Brieuc, Bertrand Lecler, à mettre en examen le compagnon de Claire Bouchaud, Simon Jégou. "Tout converge vers cet homme, toxicomane, qui ne montre aucun état d’âme.

Simon Jégou,qui reste en détention provisoire, a toujours clamé son innocence.  Aucune preuve tangible ne prouve sa culpabilité.

 

Un détenu modèle mais...

Vendredi dernier (19 mars), la première journée de procès a été consacrée à la personnalité de l’accusé et ses conditions de vie en détention.
Simon Jégou, qui s’exprime avec une élocution parfaite, a confié travailler du lundi au vendredi pour un salaire variant entre 200 et 600 euros par mois. Il exerce aussi des activités culturelles et sportives.
Son fils  aujourd’hui âgé de 9 ans vient le voir deux fois par mois au parloir avec ses grands-parents paternels, qui ont obtenu par dérogation la garde de l’enfant.

... des cafouillage sur les demandes de liberté provisoire

Depuis son incarcération il y a 4 ans, Simon jégou a fait plusieurs demandes de liberté provisoire. La dernière date du 6 janvier 2021. « Effectivement, j’en ai déposées quelques-unes, dont une en date du 15 décembre 2019.  Le juge avait finalement accepté ma demande et autorisé ma sortie, faute de nouveaux éléments. J’ai été libéré pendant 24 heures, juste le temps d’être rattrapé et réincarcéré sur décision du procureur. », a-t-il déclaré à la cour.

Un couple un peu instable

Pour la première fois depuis son interpellation, Simon Jégou a admis lors de la première journée de procès a reconnu qu’à l’époque des faits il était surtout préoccupé par son approvisionnement en drogue, et rejetait les problèmes de couple sur la bipolarité de sa femme.
En fin de journée, la mère de l’accusé avait également pu témoigner à la barre. Celle-ci s’est effondrée en larmes. «  C’est un véritable drame que nous vivons ».

Le procès doit s’achever ce vendredi 26 mars. Simon Jegou risque la réclusion à perpétuité. Il pourrait aussi se retrouver libre à l’issue du délibéré, si les jurés le déclarent innocent.

 

 

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
justice société féminicide femmes