Algues vertes. "Si un enfant marche sur cette plage, il y a un risque de décès très rapide", alerte un urgentiste

D’importantes quantités d’algues jonchent les plages de Bretagne cet été. Mais quel danger pour la population ? Mercredi 4 août, un médecin urgentiste de Lannion, lanceur d’alerte historique dans ce dossier, a assisté à des relevés d'hydrogène sulfuré sur la plage d’Hillion (Côtes-d’Armor).

"Bip bip bip bip". Le compteur du détecteur s’affole. Et dépasse parfois les 100 parties par million (ppm) à quelques centimètres sous la vase. Un taux vingt fois plus élevé que la norme maximale fixée par l'Agence régionale de Santé en Martinique, compare Yves-Marie Le Lay, président de l’Association Sauvegarde du Trégor Goëlo Penthièvre. 

Ce mercredi 4 août, il est venu réaliser des mesures d’hydrogène sulfuré dégagé par les algues vertes sur la plage d’Hillion, dans les Côtes-d’Armor. "Il suffit de marcher un peu pour que ça sonne à toute vitesse !", se désole le militant écologiste, vêtu d’un masque à gaz et de gants de protection.

Il est accompagné de Pierre Philippe, médecin urgentiste à l'hôpital de Lannion, aujourd'hui à la retraite, qui a été le premier à avoir alerté sur le lien entre deux décès dans le Trégor, en 1989 et 1999. "J'aimerais bien qu’un jour on puisse ne plus voir ces algues vertes sur la plage, ne plus avoir ces risques qui sont quasi permanents maintenant !", déclare-t-il. 

 

Si un enfant se promène sur cette plage, par exemple, il y a malheureusement un risque de décès très rapide ! Quand la plage est blanche comme ça, rien ne permet d’alerter sur le fait qu’il y ait des algues en-dessous. Et c’est là qu’elles sont les plus dangereuses.

Pierre Philippe, médecin urgentiste au CHU de Lannion

Un manque de transparence ?

Par cette action, l’association Sauvegarde du Trégor Goëlo Penthièvre entend pointer du doigt l’action même des pouvoirs publics. "Avez-vous déjà vu un élu dire aux éleveurs porcins « attendez il faut changer vos modes de culture sur les bassins versants de la baie de Saint-Brieuc » ? Non, jamais ! Au contraire, on leur donne des subventions pour ouvrir les super porcheries.… cherchez l'erreur", dénonce Yves-Marie Le Lay, président de l’Association Sauvegarde du Trégor Goëlo Penthièvre.

 

Tout le monde se satisfait de cette situation-là... Et bien pas nous ! C’est une véritable catastrophe naturelle.

Yves-Marie Le Lay, président de l’Association Sauvegarde du Trégor Goëlo Penthièvre

De son côté, le maire d’Hillion, Mickaël Cosson, dénonce le manque de volonté politique de l’Etat. Il a notamment lancé un appel au secours au président de la République dans un courrier adressé le 26 juillet.

L'Agence Régionale de Santé invite désormais les médecins autour de la baie de Saint-Brieuc à rechercher les "situations d'exposition à l'hydrogène sulfuré", et à signaler tous les cas de patients venant consulter pour des nausées, céphalées, irritations oculaires, malaises ou encore arythmies cardiaques. Un premier pas pour reconnaître le risque sanitaire depuis longtemps dénoncé.

 

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