Déconfinement : à la bibliothèque, les lecteurs prennent désormais rendez-vous

Les bibliothèques ont vu portes closes pendant le confinement. Leurs activités reprennent peu à peu mais les lecteurs ne peuvent pas encore arpenter les rayons. Ils doivent prendre rendez-vous pour emprunter les livres.

Continuer à transmettre le plaisir de lire, mais toujours de loin. Avec l'allégement du confinement, les bibliothèques s'affairent de l'intérieur depuis le 11 mai. Les équipes sont revenues dans les murs. A Dinan, il y a 20 salariés, lesquels travaillent par roulement. Une nouvelle organisation a été mise en place, notamment grâce aux préconisations de l'Association des Bibliothécaires de France (ABF). 

"A partir du 2 juin, les documents vont pouvoir revenir. On est en train d'aménager un point de retour, puis les livres seront en 'quarantaine', posés sur des étagères, pendant 10 jours, avant de pouvoir réintégrer leur rayon", détaille Séverine Bouan, directrice adjointe de la bibliothèque de Dinan. Elle note : "Il faudra que nous soyons vigilants et bien noter les dates de retour." 

Le 2 juin verra aussi la mise en service d'un système de retrait, sur rendez-vous. "Les réservations pourront se faire en ligne ou au téléphone. Les gens viendront ensuite retirer leur commande, à un jour et horaire dits." 

Pendant le confinement, la bibliothèque de Dinan a maintenu le lien, en créant un blog participatif, en valorisant les ressources numériques déjà existantes, comme les collections de la bibliothèque départementale des Côtes d'Armor. Séverine Bouan rappelle : "Ce qui est important, pour nous les bibliothèques, et c'est l'un de nos rôles, c'est de proposer des ressources fiables, de s'en faire le relais, surtout en ce moment avec le flot d'informations que nous recevons. Nous avons par exemple relayé une exposition de la Cité des Sciences sur le coronavirus."

Une réouverture est importante, même sous contraintes. Le public a besoin de voir les livres. Nathalie LeMée, directrice de la bibliothèque de Ploufragan.

A Ploufragan, la reprise des salariés est aussi effective depuis le déconfinement. Dix personnes sur place, dans un espace de 1000 m². "Il y a largement de quoi se distancier" relève Nathalie Lemée, la directrice de la bibliothèque. Et surtout : "Il fallait que nous soyons tous là pour mettre en route le nouveau dispositif : recevoir les livres, préparer les commandes, traiter les mails et les appels." 

Comme à Dinan, les livres et CD reviennent. Eux passent par une boîte de retours. "On sait que le virus peut rester dix jours sur le plastique, trois sur le papier. On a décidé de désinfecter les couvertures pour que la 'quarantaine' ne dure que trois jours."

Le retrait sur rendez-vous est déjà en place depuis une semaine. "Cela fonctionne, de manière régulière mais sans que l'on soit débordé. Les commandes peuvent se faire du jour au lendemain." La différence est tout de même notable. Avant le confinement, la bibliothèque voyait entre 3000 et 4000 prêts par semaine, contre 750 la semaine dernière.

Nathalie sourit en décrivant trois tendances, avec ce nouveau mode de fonctionnement. "Il y a les gens qui aiment être surpris et qui n'aiment pas chercher. C'est sympa, on peut y aller de notre conseil. Il y a ensuite ceux qui ne savent pas forcément chercher sur internet, qui ont du mal à s'y retrouver. Là, on voit que les gens hésitent, parce que c'est moins simple."

"Et puis il reste ceux qui aiment fouiller, qui aiment avoir un coup de coeur au ressenti, à l'oeil et au toucher d'une couverture. C'est là qu'on voit combien c'est important de voir le livre." 


Le retour des lecteurs, dans les rayons n'est pour l'instant pas d'actualité. "Ce sont les élus qui décideront pour Ploufragan", relève Nathalie Lemée. En Bourgogne, certaines bibliothèques comme celle de Dijon ont aménagé leurs locaux en balisant des sens de circulation. En région parisienne, seulement six ont prévu de rouvrir, sur les 60 que compte la capitale. 


 
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