Les défenseurs des langues régionales en appellent à Emmanuel Macron pour renforcer leur enseignement

Dans un courrier remis jeudi 18 juin à l'Elysée, le collectif "Pour que vivent nos langues" interpelle le président de la République et lui demande de mieux défendre l'enseignement des langues régionales. Plusieurs décisions récentes du Ministère de l'Education les inquiètent.
C'est sous la bannière "Pour que vivent nos langues", du nom du collectif à l'origine de la manifestation, que les défenseurs des langues avaient défilé à Paris en novembre dernier.
C'est sous la bannière "Pour que vivent nos langues", du nom du collectif à l'origine de la manifestation, que les défenseurs des langues avaient défilé à Paris en novembre dernier. © France Télévisions - Y. Denis

Cela fait des mois que les défenseurs des langues régionales alertent sur les conséquences de la réforme du lycée sur leur enseignement. Ils étaient notamment arrivés de toute la France pour manifester à Paris en novembre 2019. C'est aujourd'hui au président de la République que le collectif Pour que vivent nos langues, créé par une trentaine d'associations, dont 8 en Bretagne, et par deux parlementaires, s'adresse par courrier.

"La réalité de la diversité linguistique de la France ne reçoit pas une attention suffisante des institutions, écrit le collectif, soutenu par 100 parlementaires. La démarche éducative en faveur des langues régionales telle qu’elle a été lancée dans l’Éducation nationale et l’enseignement confessionnel depuis 1951, et dans l’enseignement par immersion dans le secteur associatif depuis les années 1970, ne peut suffire à elle seule à sauver nos langues d’une disparition à moyen terme. C’est pourtant ce dispositif modeste que la réforme Blanquer du lycée et le Plan Langues sont en train de faire disparaître, en même temps que tout espoir d’une relance de leur rayonnement."

 

 

Effondrement des effectifs au lycée

 

Les signataires déplorent une baisse des effectifs dans les filières bilingues suite à la réorganisation des enseignements au lycée par la loi Blanquer. "C’est ce que nous craignions en début d’année scolaire, et ce que nous ne pouvons malheureusement que constater avec effroi aujourd’hui : l’effondrement des effectifs, comme la suppression et la précarisation des filières existantes dans de très nombreux établissements de l’enseignement public et de l’enseignement confessionnel."

Le collectif déplore les réponses du Ministère de l'Education nationale à ces inquiétudes, formulées de longue date.  Elles en appellent donc à Emmanuel Macron, lui rappelant au passage ses engagements pris à Quimper en juin 2018. Devant de nombreux élus et membres d'associations bretons, le président de la République déclarait alors : "Les langues régionales jouent leur rôle dans l’enracinement qui fait la force des régions. Nous allons pérenniser leur enseignement."

Car un autre dispositif inquiète les signataires de l'appel, la mise en place, à l'école primaire, du Plan langues étrangères, qui selon eux "le tout anglais pour tous et le bilinguisme précoce français anglais qu’il promeut aux dépens des langues de France y compris du Français".

Il y a quelques semaines, plusieurs associations et le Conseil départemental du Finistère déploraient que ce nouveau dispositif menace, dans certaines écoles, les cours d'initiation au breton proposés par le département depuis près de 20 ans.

 

Appel au dialogue

 

En conclusion de leur courrier, les membres du collectif Pour que vivent nos langues annoncent de nouvelles actions mais appellent surtout le président de la République au dialogue : "nous voulons faire en sorte que la question des langues et cultures régionales ait toute sa place dans les débats généraux sur notre modèle de société qu’il faudra urgemment engager dès que nous serons sortis de la crise actuelle."

 

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