Agroalimentaire. Les anciens salariés GAD à nouveau déboutés de leur demande d’indemnisation pour licenciement abusif

Publié le Mis à jour le
Écrit par Manon Le Charpentier
Les salariés de GAD devant le tribunal de commerce de Rennes en 2013
Les salariés de GAD devant le tribunal de commerce de Rennes en 2013 © Gilles Le Morvan - France 3 Bretagne

Licenciés, il y a huit ans, 370 anciens salariés de l'abattoir GAD SAS à Lampaul-Guimiliau (Finistère) réclamaient des indemnités pour licenciement abusifs et non-respect des obligations de reclassement. La cour d’appel de Rennes les a déboutés ce jeudi 25 novembre, confirmant une décision rendue en 2016 par le tribunal des prud’hommes de Morlaix.

"Juridiquement et objectivement, cette décision est inexplicable !" Me Dominique Le Guillon-Rodrigues ne décolère pas en découvrant un à un les 370 arrêts rendus par la cour d’appel de Rennes pour chacun de ses clients.

Les arrêts sont lapidaires, les arguments que nous avons défendus n’ont pas été pris en compte par la cour. Il y a une volonté de débouter coûte que coûte.

Me Dominique Le Guillon-Rodrigues, avocate des ex-salariés

En 2013, plus de 800 salariés de l’abattoir GAD à Lampaul-Guimiliau étaient licenciés. L’année suivante, 377 d’entre eux saisissaient le Conseil des prud’hommes de Morlaix pour licenciement abusif et non-respect de l’obligation de reclassement. En 2016, seuls sept d’entre eux avaient obtenus gain de cause. Les autres avaient fait appel auprès de la cour de Rennes. Elle les a déboutés également ce jeudi 25 novembre.

Incompréhensible pour Me Dominique Le Guillon-Rodrigues qui défend les anciens salariés GAD depuis leur licenciement. Pour elle, les manquements dans le reclassement des salariés sont avérés : "En guise de reclassement, on a balancé une liste de 300 postes à des salariés qui devaient se décider en moins d’une semaine, sans accompagnement RH, sans même leur expliquer la démarche... Pire, certains salariés avaient accepté des propositions de reclassement et ont tout de même été licenciés. Tout cela, la cour n’en a absolument pas tenu compte." 

"On a été jetés et aujourd’hui, on n’a pas la reconnaissance de ce qu’on a subi."

"On m’a proposé un poste de chauffeur de bétailleuse alors que je n’ai pas le permis poids lourd", se souvient Joelle Crenn. L’ancienne salariée a rebondit. Elle a ouvert un restaurant après son licenciement mais la colère est toujours là : "Cela fait huit ans qu’on attendait. Aujourd'hui, je pense à mes anciens collègues, à ceux qui ont toujours du mal à s'en sortir. On a été jetés et aujourd’hui, on n’a pas la reconnaissance de ce qu’on a subi. " 

"La cour reproche à des salariés de production payés au Smic de ne pas avoir voulu jouer le jeu de la "mobilité géographique et de la disponibilité fonctionnelle". Concrètement, on leur reproche de ne pas avoir accepté d’aller travailler sur son site morbihannais à Josselin - à 150 km de là - alors que l’entreprise y a aussi été liquidée neuf mois plus tard."   

Ancien leader syndical de l’abattoir et désormais membre de la majorité au conseil régional, Olivier Le Bras réagit lui aussi : "Je trouve ça malheureux. Cette fermeture d’abattoir était d’autant plus injustifiée qu’aujourd’hui, il est question de relancer l’activité d’abattage sur l’ancien site GAD."

La coopérative La Cooperl veut en effet racheter l’ancien site pour y créer un nouvel abattoir qui réclamera, à terme, l'embauche de 500 personnes.

Les anciens salariés de GAD SAS se réuniront à Morlaix le 3 décembre et devraient, entre autre, décider de se pourvoir ou non en cassation.

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