Brest : vers la renaissance de l'ancienne prison de Pontaniou

L'ancienne prison de Pontaniou à Brest devrait bientôt sortir de son long sommeil. La ville a lancé un appel à projets pour réhabiliter ce bâtiment emblématique, à l'abandon depuis plus de 30 ans. Elle s'appuie sur des experts et les associations locales pour garantir sa préservation. Le lauréat devrait être désigné à la fin de l'année.

Vidée de ses derniers occupants en 1990, la prison de Pontaniou a été rachetée par la ville sept ans plus tard. Depuis plus de 30 ans, elle était donc sans affectation. La métropole a annoncé ce vendredi le lancement d'un appel à projet pour la réhabilitation de ce bâtiment emblématique de Brest. 

Pièce importante de la rénovation urbaine de la rive droite


"L'opération aura vocation à " révéler " la ville préexistante, à partir d'un projet qui entreprend de réhabiliter, de conserver et de valoriser un patrimoine remarquable brestois en cœur de ville", écrit la métropole dans un communiqué de presse. L'édifice se situe en effet au cœur d'un quartier en plein renouveau, faisant face au téléphérique et aux anciens Ateliers des Capucins, devenus un immense espace culturel et commercial.
Ce projet devrait constituer une pièce importante de la rénovation urbaine de la rive droite, avec la création d'un grand parc en balcon sur la Penfeld.

Prison maritime puis prison d'État, avant sa fermeture en 1990


Construite entre 1805 et 1810, cette prison maritime est l'ancienne maison d'arrêt de l'arsenal de Brest. Elle n'est devenue prison d'État qu'en 1952. C'est ainsi un des monuments les plus anciens de Brest, ville qui a été presque entièrement détruite pendant la Seconde Guerre mondiale. Des résistants y ont été détenus par les Allemands avant d'être déportés. Avant sa fermeture, 180 détenus s'y entassaient de six à huit dans des cellules aux murs suintants, éclairées à la lumière artificielle toute la journée et aérées par un vasistas étroit. Complètement inadaptée aux conditions de détention, elle a donc été définitivement fermée en 1990.

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La Métropole de Brest a lancé un appel à projet pour l'ancienne prison de Pontaniou, fermée depuis 1990 ©Florence Malésieux - Julien Le Bot - Erwan Kermarrec

Consultation des associations locales


Dans un souci de transmission de cette mémoire, la métropole travaille en collaboration avec des associations locales pour rester fidèle à l'histoire de ce bâtiment. Elle promet ainsi de s'appuyer sur "l'analyse et l'avis de deux collèges consultatifs composés de professionnels, d'experts et d'associations."

Il s'agit de ne pas commettre la même erreur qu'en 2018, quand un projet de reconversion de la prison de Pontaniou en appartements haut de gamme avait suscité une telle levée de boucliers, qu'il avait dû être abandonné. 

Un cahier des charges pour un lieu à vocations mémorielle, culturelle et touristique


Le futur investisseur, qui sera privé, devra respecter un cahier des charges bien précis. "Nous avons travaillé de longues semaines avec l'architecte des Bâtiments de France pour voir ce qu'étaient les impossibles et les possibles, indique ainsi Tiffen Quiguer, chargée de l'urbanisme à Brest Métropole. Pour les impossibles, il est demandé aux porteurs de projets de conserver les deux premiers niveaux du bâtiment. Ensuite, un geste architectural peut-être imaginé."

Tout reste donc à écrire. Ce nouveau lieu sera à vocations culturelle et touristique, en y préservant un espace mémoriel pour les victimes de la seconde guerre mondiale. Ce qui réjouit les associations, telle Brest-Pontaniou, très attachées au lieu.

Il ne faudrait pas que ce bâtiment soit fermé au public. Pour nous, c'est important que l'on rende Pontaniou aux Brestois et qu'on en fasse un projet qui va fédérer tout le monde !

Gilles Grall, Président de l'association Brest-Pontaniou

À l'issue de la procédure, le porteur de projet retenu conclura un contrat avec Brest métropole, "portant sur l'acquisition du site ou sa location pour une longue durée", a précisé la métropole, en évoquant la désignation d'un lauréat "pour la fin de l'année 2023".