Le commissariat de police de Brest fermé dans la nuit du 31 août : "J'en ai eu mal aux tripes"

Dans la nuit du 31 août au 1er septembre, le commissariat de police de Brest, dans le Finistère, a fermé ses portes. Faute d'effectifs. Le syndicat Unité SGP Police-FO monte au créneau et déplore, une fois encore, les tensions sur les effectifs de police brestois.

"La sécurité des Brestois n'est plus assurée et celle des policiers en intervention non plus". Eric Kerbrat, le secrétaire du syndicat Unité SGP Police-FO Police pour le Finistère, ne décolère pas, après la fermeture du commissariat de police de Brest, ce lundi 31 août. Il est 22h30 quand les grilles, rue Colbert, sont abaissées. Faute d'effectifs.


"On est en train de se noyer"


Ce soir-là, sept policiers sont affectés à la surveillance de détenus hospitalisés. "Sur un effectif de nuit de douze collègues chargés de s'occuper de la voie publique, c'est énorme" dit Gaël Adam, major au service de commandement de nuit et délégué SGP Police-FO. L'homme est en poste à Brest depuis 2001. "Et croyez-moi, j'en ai eu mal aux tripes de voir le commissariat fermé et mes collègues en insécurité. Nous n'étions plus que cinq pour assurer la nuit. On aurait fait quoi s'il y avait eu des grosses bagarres comme il y en a eu cet été ? A cinq, on peut faire quoi ?".

Gaël Adam rappelle que "garder des détenus à l'hôpital est une mission qui relève de la pénitentiaire. Pas de la police. Seulement, on nous dit que la pénitentiaire est en manque d'effectifs. On nous demande de pallier la carence d'un autre service alors que nous aussi, on est en train de se noyer".
 

Cela fait des années que l'on tire la sonnette d'alarme. On nous jette une bouée de temps en temps mais cela ne fait pas le compte

Gaël Adam, Unité SGP Police-FO


Pour qu'une patrouille de nuit soit maintenue et puisse effectuer ses rondes, il a donc fallu recomposer une équipe en urgence avec l'agent d'accueil, la cheffe du service commandement de nuit et un troisième policier.

Sans personne pour assurer l'accueil du public, la décision de fermer le commissariat devient la seule alternative."Cette nuit-là, on s'est retrouvé avec un seul véhicule police-secours pour une ville de plus de 140.000 habitants. Sans parler de la brigade anti-criminalité qui a fonctionné avec deux hommes au lieu de trois voire quatre en temps normal. On va aller jusqu'où comme cela ?" s'inquiète Gaël Adam. 


"Il faudrait vingt policiers de plus"


La question du manque d'effectifs de police à Brest revient sur la table de manière récurrente. Et le problème risque de devenir rapidement plus aigü avec le départ en retraite de douze policiers dès septembre. "On sera au total vingt à partir dans les trois prochaines années" souligne Gaël Adam qui, lui, aussi s'apprête à raccrocher l'uniforme. 

Selon Eric Kerbrat, "Brest devrait avoir sept policiers en renfort cette année alors qu'il en faudrait au moins une vingtaine en plus". Le syndicat Unité SGP Police-FO a réalisé un comparatif des forces de sécurité existantes (police nationale, gendarmerie et police municipale) avec les Alpes-Maritimes, un département dont la population est quasi équivalente à celle du Finistère. Résultat : 1 pour 549 habitants à la pointe bretonne. 1 pour 233 habitants sur la Côte-d'Azur. "On comprend bien que tout cela est aussi politique" constate le secrétaire finistérien d'Unité SGP Police-FO.

Voici la réaction du maire de Brest, François Cuillandre :
 
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