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Les manifestants bloquent le pont de Morlaix

300 manifestants de l'agroalimentaire ont bloqué le pont de Morlaix en début d'après-midi / © Bruno Gilbert
300 manifestants de l'agroalimentaire ont bloqué le pont de Morlaix en début d'après-midi / © Bruno Gilbert

Après avoir investi l'aéroport de Brest, les manifestants de l'agroalimentaire ont organisé une opération escargot sur la RN 12. Ils ont finalement bloqué le pont de Morlaix.

Par Nicolas Corbard avec AFP

Sur les pancartes qu’ils brandissent, des cercueils sont dessinés. On peut lire : « usine en deuil ». Ce deuil, ils sont beaucoup à le porter. Les ouvriers de Doux, Gad, Marine Harvest, Tilly Sabco… Tous ont en commun d’être finistériens et d’avoir subi de plein fouet la crise de l'agroalimentaire. C’est un bassin d'emploi et une région entière qui souffrent.

Alors ils ont décidé de crier leur colère, tous ensemble. Vers 13h, ils étaient 300 à bloquer le pont de Morlaix, paralysant du même coup la circulation. En fin de matinée, une opération escargot avait engendré 1.5 km de bouchons sur la RN 12. Tôt ce matin, c'était l'aéroport de Brest qui était bloqué. Les manifestants, couchés sur le tarmac, protestaient ainsi symboliquement contre les plans sociaux qui ont frappé leurs entreprises du nord-Finistère.

Des opérations coups de poing à l’appel des syndicats de la CGT et de FO. Tôt ce matin, à l'aéroport de Brest, ils sont arrivés par petits groupes. Une quarantaine de salariés de Gad étaient présents. Deux vols pour Paris au départ de Brest ont été annulés, ainsi qu'un vol en provenance de la capitale, selon le site internet de l'aéroport de Brest.

Une journée de manifestation en images



Hécatombe dans l'agroalimentaire breton


Depuis quinze mois dans la région, les mauvaises nouvelles ont frappé l'agroalimentaire, un secteur qui représente avec l'agriculture environ un tiers des emplois en Bretagne. Les salariés du groupe volailler Doux, qui s'est séparé de son pôle frais à l'automne dernier au prix de la liquidation d'un millier d'emplois, portaient des affiches proclamant "Sauvez nos emplois et l'industrie" ou "Sauvez la filière avicole export".

Ceux du volailler Tilly-Sabco, qui a annoncé récemment devoir réduire sa production de 40%, brandissaient de leur côté des pancartes "Nous voulons vivre", sous un drapeau de la Bretagne. "C'est réellement une hécatombe qui est en train de se produire en Bretagne", a affirmé Corinne Nicole, porte-parole de la CGT du groupe volailler Tilly-Sabco.

Elle a par ailleurs assuré qu'il fallait s'attendre au total à la suppression de 8.000 postes avec les emplois induits, en plus des réductions d'effectifs dans les quatre entreprises agroalimentaires, situées dans un rayon de 50 km.

La Bretagne est en train de s'effondrer


"L'aéroport symbolise l'économie de la Bretagne", a expliqué pour sa part Nadine Hourmant, déléguée FO du groupe Doux. "La Bretagne est en train de s'effondrer", a-t-elle poursuivi, ajoutant que "nous sommes cassés par nos emplois et pourtant on veut les garder parce qu'on a rien d'autre".

Mercredi, c'est Produit en Bretagne (PeB), regroupant quelque 300 entreprises et plus de 100.000 salariés, ainsi que l'Association bretonne des entreprises agroalimentaires (Abea) qui appellent leurs membres à "sonner le tocsin" en faisant résonner leurs alarmes incendie sur les lieux de travail, pour alerter sur la gravité de la situation.

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Fabian Lahaie, avocat des familles.

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