"Non au délit de sale gueule !" Des pêcheurs bretons vantent les poissons "oubliés"

"La vieille ? c'est plein d'arêtes ! Le congre ? Juste bon pour la soupe !..." Les ligneurs bretons entendent tordre le cou aux préjugés sur certains poissons mal-aimés ou "oubliés" des consommateurs avec une campagne vantant leurs qualités gustatives. 

Un tacaud de ligne
Un tacaud de ligne © Ken Kawahara
Avec cette campagne, lancée en début de semaine et intitulée "Non au délit de sale gueule !", l'association des ligneurs de la pointe Bretagne entend "faire tomber les préjugés et inciter les consommateurs à diversifier leurs choix en matière de poisson", indique-t-elle dans un communiqué.

L'association mise sur des d'affiches en 40x60 cm sur lesquelles on peut voir des poissons avec des slogans tels que : "Une vieille n'a jamais été aussi tendre", "Beau tacaud recherche belle toque", "Grondin mal aimé cherche chef étoilé" ou encore "Mieux vaut dîner avec un gros congre qu'une crevette mal élevée".

"Un joli filet de vieille de ligne rôti au four agrémenté d'un simple filet d'huile d'olive et d'une pincée de sel et de piment d'Espelette... a largement de quoi faire rougir le plus noble de ces poissons", assure l'association, dont la campagne a reçu le soutien du Feamp (Fonds européen aux affaires maritimes et la pêche) et de la région Bretagne. Parmi les poissons "oubliés", le congre, la vieille, mais aussi le tacaud, le chinchard ou encore le grondin.
 
"On aimerait s'associer avec des chefs cuisiniers, des poissonniers pour communiquer sur les méthodes pour préparer ces poissons", indique à l'AFP Ken Kawahara de l'association qui regroupe 70 ligneurs. "Au niveau de la ressource, on ne risque pas de faire des dégâts car elle est bonne", estime Régis Moal, pêcheur à la ligne de Plougasnou (Finistère). "Ce sont des poissons qui ne sont pas trop chers et qui sont gustativement bons", note-t-il auprès de l'AFP.
    
Le prix moyen de vente en criée du tacaud était en 2018 de 84 centimes d'euros le kg, avec 3.000 tonnes débarquées pour 2,5 millions d'euros, indique l'association, qui souligne qu'il ne s'agit pas de tacaud de ligne, dont le prix moyen de vente est un peu plus élevé. Mais cela "montre bien à quel point de nombreuses espèces sont dévalorisées, dans tous les sens du terme", estime-t-elle.
 
Poursuivre votre lecture sur ces sujets
pêche économie