Covid-19. "On a l’impression d’être les dindons de la farce" : le témoignage d’un routier bloqué en Angleterre

Après l'émergence de la nouvelle variante du Covid-19 outre-Manche, des centaines de camions se retrouvent bloqués en Angleterre. Témoignage de David, chauffeur breton coincé à Portsmouth. Sans savoir s'il pourra rentrer pour Noël.

Des routiers prisonniers de la crise sanitaire outre-Manche
Des routiers prisonniers de la crise sanitaire outre-Manche © JUSTIN TALLIS / AFP

Il s’appelle David, il est chauffeur routier pour les transports Mesguen dans le Finistère, et le voilà donc bloqué en Angleterre.

C'est la nouvelle variante de la Covid-19, qui se répand comme une traînée de poudre outre-Manche, qui a poussé le continent européen à se protéger, et à interrompre les liaisons.

La France a ainsi suspendu pour 48 heures au moins les transports de marchandises accompagnés. Avec à la clé, le blocage de centaines de poids-lourds sur la route des ports anglais. 

 

Coincé à Porstmouth

 

David avait pris le bateau la semaine dernière pour l’Angleterre et comptait donc rentrer en Bretagne avant les fêtes. "Ce sont des connaissances qui m’ont prévenu de ce qui avait été décidé, dit-il, et quand je suis arrivé au port pour rentrer, il n’y avait effectivement plus de bateau."

Prisonnier dans son camion, le chauffeur finistérien raconte d'abord le manque d'informations sur place. "Ici, parmi tous les routiers coincés, on est quelques Français, on discute un peu mais on n’a pas d’infos. En Angleterre, personne ne nous tient informés."

"On ne sait pas s’il faut faire des tests PCR, ou pas. S’il le faut, il y aura 24 heures d’attente. Bref, on est dans le brouillard. On fait attention à nous, on respecte les gestes barrrière, et on attend."

 

durée de la vidéo: 02 min 12
Des routiers bretons bloqués en Angleterre. Reportage Breton/T. Brehier/ FTV

 

On a le sentiment d'être les dindons de la farce

En attendant d'être fixé, David explique qu'il fait avec les moyens du bord. Autant dire avec pas grand chose. "Sur le port, il y a deux douches. Les premiers arrivés ont de l’eau chaude, les autres ont de l’eau froide. Pour se restaurer, il faut aller faire des courses et cuisiner nous-même, comme on peut."

"Nos familles sont inquiètes, et nous aussi. On aimerait savoir quand on va rentrer. On a l’impression d’être les dindons de la farce dans cette histoire. On attend leur fameuse réunion".  

La recommandation de la Commission européenne, qui vise à permettre à des milliers de citoyens de rentrer chez eux, notamment les chauffeurs routiers bloqués en Angleterre, doit être examinée ce mardi soir par les ambassadeurs des pays membres de l'UE.

Selon un diplomate européen, l'accord de Etats membres n'est pas acquis. Plusieurs pays ont décidé de prolonger la fermeture de leurs frontières, comme l'Allemagne et l'Italie jusqu'au 6 janvier, et l'Irlande jusqu'au 31 décembre.

 

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