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Les Mutuelles de Bretagne défendent Richard Ferrand

Les Mutuelles de Bretagne à Brest. / © Mathieu Herry / France 3 Bretagne
Les Mutuelles de Bretagne à Brest. / © Mathieu Herry / France 3 Bretagne

Les Mutuelles de Bretagne ont assuré lundi qu'"aucune convention réglementée ne se justifiait" pour louer des locaux que devait acquérir la compagne du ministre Richard Ferrand, à l'époque leur directeur, après les révélations faites par Le Canard enchaîné.

Par LH avec AFP

Les Mutuelles de Bretagne ont défendu dans un communiqué Richard Ferrand, actuel Ministre de la Cohésion des territoires, accusé d'avoir favorisé sa compagne dans une opération immobilière. 

En janvier 2011, lorsque Richard Ferrand était Directeur général des Mutuelles de Bretagne, le conseil d'administration des Mutuelles s'était réuni pour choisir un nouveau local destiné à un centre de soins à Brest.

Sur les trois offres proposées, c'est celle de la Société Civile Immobilière (SCI) Saca, de la femme de Richard Ferrand, qui avait été choisie comme l'avait révélé le Canard Enchaîné.

Pour le Président des Mutuelles Rémi Salaün et le secrétaire général Daniel Guillaumin, Richard Ferrand a agi en "parfaite conformité avec les mandats tenus par le conseil d'administration". 

Ils expliquent surtout que "le commissaire aux comptes a confirmé aux Mutuelles de Bretagne qu'aucune convention réglementée ne se justifiait et que celles-ci ont respecté leurs statuts et les dispositions du Code de la mutualité".


"Éviter que l'affaire nous échappe"

Interrogée par Le Télégramme, Anne-Sophie Queinnec, la notaire des Mutuelles de Bretagne, raconte comment l'opération immobilière s'est déroulée. Elle indique au quotidien breton que "la compagne de Richard Ferrand voulait depuis longtemps déménager son cabinet. A un moment donné, j'ai eu vent que le local en question, situé à côté de mon étude, était à la vente. Je savais aussi que les Mutuelles cherchaient un local en centre-ville. J'en ai donc parlé aussi à Richard Ferrand."

Elle détaille ensuite "avoir poussé Richard Ferrand à signer un compromis de vente rapidement" pour le local, qui risquait une saisie immobilière. "C'était le seul moyen d'éviter que l'affaire nous échappe et qu'on perde un temps fou. Cette procédure amiable a convenu au propriétaire. J'ai alors poussé Richard Ferrand à ajouter une condition suspensive, parce qu'il fallait bloquer l'affaire et que le but des Mutuelles était bien d'être locataire de ce local".

"C'est de l'enfumage"

Cette condition suspensive était liée "à un bail à venir des Mutuelles de Bretagne et à la composition d'une SCI" comme le relate Me Alain Castel, ancien bâtonnier de Brest, interviewé par le Parisien. La SCI en question étant au final celle de la compagne de Richard Ferrand. 

Dans leur communiqué, les Mutuelles de Bretagne assurent qu'il "était parfaitement connu que ces locaux appartenaient à la compagne de Richard Ferrand lorsque la décision du conseil d'administration de s'y installer a été prise".

Citée par le Parisien, l'actuelle directrice des Mutuelles de Bretagne, Joëlle Salaun, a réaffirmé qu'il n'y avait aucun problème car il n'existe pas de "lien juridique ou patrimonial" entre Richard Ferrand et sa compagne à la tête de la SCI.

Cependant pour Me Alain Castel, "c'est de l'enfumage ! La vraie question, c'est pourquoi Richard Ferrand n'a pas fait acheter l'immeuble par la mutuelle. C'était l'intérêt de celle-ci. Elle faisait un prêt, engageait des travaux et se retrouvait quinze ans plus tard propriétaire d'un bien largement fructifié. Or là, c'est la compagne de Richard Ferrand qui se retrouve dans cette position. C'est un schéma moins éthique".




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