Une nouvelle vidéo choc dénonce la maltraitance de veaux de boucherie dans le Finistère

L'association L214 a filmé, dans le Finistère, un centre de tri des veaux, avant engraissement ou abattage / © Capture d'écran
L'association L214 a filmé, dans le Finistère, un centre de tri des veaux, avant engraissement ou abattage / © Capture d'écran

L'association L214 diffuse depuis ce mardi matin une nouvelle vidéo pointant, cette fois, les conditions de vie des veaux nés dans les élevages de vaches laitières. Filmés à leur insu, les trois exploitations et le centre d’allotement, où les bêtes sont triées, sont situés dans le Finistère. 

Par Myriam Thiébaut


Les agriculteurs de la FDSEA manifestaient la veille encore contre "l'agri-bashing", à Langouët, en Ille-et-Vilaine. Le lendemain matin, ces sont des élevages du Finistère qui sont montrés du doigt par une nouvelle vidéo de l'association de défense des animaux L214.

Avec ces images, les militants de la cause animale s'attaquent cette fois à la filière d’engraissement des veaux laitiers, également appelés « veaux de boucherie ». Des veaux nés de vaches laitières et séparés de leur mère à la naissance, contrairement aux veaux de races à viande « élevés sous la mère » (allaités par leur mère) et les productions labellisées (Label rouge, veaux fermiers, veaux de certains élevages bio.)
 

Un ancien acheteur de veaux aurait alerté l'association


L'association de défense des animaux domestiques désigne nommément, dans le Finistère, le centre d'allottement où les veaux collectés chez les éleveurs laitiers sont triés avant d'être envoyés à l'engraissement dans des élevages spécialisés en veaux de boucherie. L'une des fermes d'engraissement compterait plus de 1000 veaux. Le centre de tri et les trois élevages filmés sont situés dans le secteur de Landivisiau et de Carhaix.

L214 aurait été aiguillée, selon l'un de ses porte-paroles, Sébastien Arsac, par un ancien acheteur de veaux, en activité jusqu'il y a deux ans. Décrit par l'association comme un "lanceur d'alerte" spontané, l'ancien salarié de la filière viande ne serait pas l'auteur des images. "Ce sont des militants qui ont filmé entre juillet et octobre 2019", précise M. Arsac, que nous avons interrogé.

Gestes de violence d'un employé du centre de répartition des bêtes, élevage dans la saleté et l'obscurité, euthanasie de veaux que l'association estime pourtant en bonne santé... des images dures à voir. (Attention, certaines images peuvent choquer les âmes sensibles).
 

"Des gestes inaceptables" selon Ouest-Élevage


Les trois élevages filmés à leur insu et le centre d'allottement des veaux dépendent de la société Ouest Elevage, une filiale du groupe Even et de la laiterie Laïta. Après de multiples tentatives de rencontrer des responsables du groupe Even, nous avons reçu un communiqué de presse de Ouest-Élevage. Dans ce dernier, la société dit comprendre que "certains gestes et images puissent choquer". Elle condamne "fermement les coups portés aux veaux" et assure  que "ces gestes vont à l’encontre des consignes données".

L'entreprise dit mener "des investigations sur le site du centre de tri pour prendre les mesures adaptées afin que ce comportement ne se reproduise pas" et "tient à réaffirmer sa volonté de lutter contre les mauvais gestes et de s’inscrire dans une démarche de progrès". Elle annonce vouloir "renforcer les contrôles sur nos sites afin que les règles de bientraitance soient respectées et contrôlées dans la plus stricte observance de la charte des bonnes pratiques d’élevage".

Elle rappelle cependant que l’euthanasie des veaux pratiquée est "une pratique strictement encadrée sous contrôle et diagnostic vétérinaires".

Elle condamne également le mode opératoire de L214, les images de nuit, ayant été filmées suite à "des intrusions illégales et montées de manière à créer un climat anxiogène en vue d’instrumentaliser l’émotion du public".


"Un moratoire sur l'élevage intensif"


Le plaidoyer de l'association L214 qui accompagne cette vidéo réclame un moratoire sur toute nouvelle construction de bâtiment d'élevage intensif, que les militants définissent comme les exploitations "qui ne donnent pas aux animaux un accès à l'extérieur", des bâtiments. Une tribune signée par 200 personnalités , début septembre 2019, réclamait, sous l'impulsion de l'association, un sortie du système d'élevage intensif. 
 

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