Propulsion des navires : "une nageoire de baleine" mise au point par l'Ifremer et Bluefins

Réduire de 30% la consommation d'énergie des navires : l'Ifremer et la startup bretonne Bluefins ont mis au point un appendice, comparable à une "nageoire de baleine". Celui-ci utilise l'énergie de la houle pour aider à la propulsion des gros navires. 

La taille du foil (en vert) s'adapte à celle du navire : elle peut atteindre 25 m de long sur 10 m de large pour un bateau de 300 mètres
La taille du foil (en vert) s'adapte à celle du navire : elle peut atteindre 25 m de long sur 10 m de large pour un bateau de 300 mètres © Blue Fins

"L'idée c'est vraiment de réduire la consommation des gros navires en leur adjoignant un dispositif qui permet de récupérer l'énergie des vagues pour la transformer en propulsion auxiliaire pour le bateau", a expliqué à l'AFP Olivier Giusti, architecte naval à la tête de Bluefins.

Le dispositif devrait être commercialisé d'ici 2023, indiquent dans un communiqué l'Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer (Ifremer) et la startup, basée à proximité du siège de l'Ifremer à Brest.

Les foils sont comme des ailes d'avion immergées qui soutiennent le navire et réduisent les frottements de la coque du bateau sur l'eau. Leur mouvement, généré par la houle, fait avancer le navire un peu à la manière d'une queue d'une baleine

Olivier Giusti

Cette solution est rétractable en cas de besoin. Dans le cas d'un navire de 300 mètres de long, l'appendice pourrait mesurer 25 mètres de long et 10 de large. 

Placé à l'arrière des navires, il est attaché à un grand bras articulé animé par les vagues. "Plus ce mouvement est important, plus il génère d'énergie utile au navire pour avancer", assurent l'Ifremer et Bluefins, dans le communiqué, avançant une économie en carburant de 20 à 30%.

Fin 2022, les performances d'une maquette au 1/35e devraient être validées dans un bassin de l'Ifremer, puis un premier prototype au 1/2 devrait être testé à partir de fin 2023 sur un navire de commerce. 

Selon une étude de l'Organisation maritime internationale (OMI), le transport maritime était responsable en 2018 de près de 3% des émissions de gaz à effet de serre mondiales et celles-ci pourraient augmenter jusqu'à 50% d'ici 2050. D'autres dispositifs, tels que des ailes inspirées du kite surf ou des voiles, rigides ou souples, installées sur le pont des navires, sont en cours de développement afin de réduire l'empreinte carbone des navires.
 

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