Quimperlé. "Ils nous traitent de 2010", les collégiens parlent du harcèlement avec la secrétaire d'Etat Sarah El Haïry

Sarah El Haïry, secrétaire d'Etat chargée de la jeunesse et de l'engagement, était à Quimperlé (Finistère) vendredi 24 septembre pour échanger avec des collégiens autour du harcèlement et du cyberharcèlement. Une thématique importante en cette rentrée face au fléau du mouvement "Anti-2010".

À peine franchie la grille, les élèves du collège Jules Ferry de Quimperlé sont presque tous portable en main. Les adolescents n'échappent pas aux réseaux sociaux. Et lorsqu'on leur parle de harcèlement, ils évoquent spontanément les élèves de sixième, moqués sur la toile à cause de leur année de naissance. 

"C’est sans raison. Par exemple, les 2010 n'ont rien demandé et vont comme tout le monde sur les réseaux. Et comme ils sont nés en 2010, ils reçoivent de la violence gratuite", explique un collégien. 

"Ils nous insultent, nous traitent de 2010, de Pop it [du nom de ces répliques colorées de papier bulles ndlr.]. On en a marre, ça ne se fait pas", souffle une élève de sixième. 

Un hashtag "Anti-2010"

Dans l'après-midi, ce vendredi 24 septembre, une poignée d'entre eux a pu échanger avec Sarah El Haïry, secrétaire d'Etat en charge de la jeunesse et de l'engagement, sur le harcèlement à l'école et le cyberharcèlement. 

Le phénomène est parti des réseaux sociaux, notamment sur TikTok, avec le hashtag #anti2010 visant à insulter les jeunes nés cette année-là, les filmer à leur insu, voire les frapper. 

On met en œuvre tout un tas d’outils pour travailler sur le respect de la différence, l’altruisme, la compréhension de l’état d’esprit de l’autre, l’empathie.

Jean-Luc Mennessier, principal du collège Jules Ferry

Le principal du collège Jules Ferry de Quimperlé estime que son établissement est relativement épargné. Plutôt qu'un phénomène de harcèlement, il évoque un phénomène "de connaissance, parce que tout le monde en parle, les médias en parlent donc ça créé un peu d'effervescence autour de ces problématiques-là", explique Jean-Luc Mennessier.

Mais la lutte contre le harcèlement reste une priorité de l'établissement. "On met en œuvre tout un tas d’outils pour travailler sur le respect de la différence, l’altruisme, la compréhension de l’état d’esprit de l’autre, l’empathie," ajoute le principal. 

La "responsabilité" des réseaux sociaux

La secrétaire d'État a invité les collégiens qu'elle a rencontré à parler, à signaler quand ils remarquent le mal-être d'un camarade. Elle a également rappelé que les réseaux sociaux ont toute leur responsabilité dans la lutte contre ce fléau.

"Les plateformes s’engagent dans la prévention mais je crois qu’elles peuvent aller plus loin. C’est pour cela que celles qui ne s’engagent pas dans la prévention et la modération aujourd’hui, grâce à la loi, peuvent être condamnées à 6% de sanctions sur leur chiffre d’affaires mondial. Il y a l’incitation, la prévention et la sanction, et c’est bien la conjugaison des trois", a-t-elle déclaré.  

Un rapport parlementaire a par ailleurs été présenté jeudi 23 septembre, au Sénat. Il contient 35 propositions et estime que ce phénomène complexe et global nécessite une implication de toute la société. Selon la rapporteure de la mission, un élève sur dix est victime de harcèlement. 

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