Vieilles charrues, l’ultime réunion de négociation a abouti... le festival est sauvé

C’était un peu la réunion de la dernière chance. Ce 10 juillet, à la veille de l’ouverture du Festival 2024, les organisateurs des Vieilles charrues rencontraient le maire de Carhaix, le président de la Région Bretagne, celui du département du Finistère et le préfet . Ces dernières années, les relations entre Christian Troadec, maire et co-fondateur des Charrues et les organisateurs actuels ont tourné à la cacophonie. Après deux heures de discussion, le préfet et le président ont annoncé qu'un accord avait été trouvé. Tout le monde est d'accord pour que les Vieilles Charrues restent à Carhaix.

Des sourires, comme des Ouf de soulagement. Après un peu plus de deux heures de discussions, le préfet du Finistère a rassuré d'une phrase. "Tout le monde est d'accord pour que les Vieilles Charrues restent à Carhaix" .

Alain Espinasse a aussitôt précisé qu'il allait falloit travailler sur trois points essentiels, la question de la disponibilité des terrains, celle de la participation financière du Festival et le problème des locaux administratifs des Charrues. 

La fin d'un long feuilleton de discordes entre la direction du Festival et le maire de Carhaix, Christian Troadec. 

En avril dernier, l'association des Vieilles Charrues accusait : "Ce ne sont plus des menaces qui pèsent sur le festival, mais des choix faits en connaissance de cause". Elle dénonçait les décisions de la municipalité de Carhaix et de Poher Communauté qui "condamnaient l’avenir des Vieilles Charrues." 

Des années de tension entre la mairie et le Festival

En 1991, Christian Troadec faisait partie du petit groupe de copains qui a monté les Vieilles Charrues, pour moquer les Fêtes des Vieux gréements qui se développaient sur le littoral. Ils voulaient créer un évènement en Centre Bretagne. 

La première édition avait rassemblé 500 personnes. Deux ans plus tard, en 1993, ils étaient 3000, puis 5 000 … en 2023, 273 000 billets ont été vendus. Les Vieilles Charrues sont devenues le plus gros festival de France et la plaine de Kerampuilh, une légende.

Cette année encore, les Vieilles accueillent les plus grands noms de la scène mondiale. David Guetta, Sting, PJ Harvey, The Blaze et PLK. 

Christian Troadec, devenu maire (divers gauche, régionaliste) de la commune dénonce "le gigantisme du Festival " qui serait depuis 2013 dans "une sorte de productivisme culturel." " Ils ont perdu l’esprit du festival, considérait l’élu, assurant il n’y a plus personne de l’équipe d’origine au conseil d’administration." Ils ont fait le vide."

Ces derniers mois, les tensions, qui se limitaient jusqu’alors aux petites phrases assassines et aux vilains regards ont changé de tempo. 

La guerre est déclarée

La mairie de Carhaix a annoncé ce printemps que les terrains qu’elle mettait jusqu’ici à la disposition du festival seraient désormais facturés par une taxe de 367 000 euros. 

Le maire se réfugie derrière le rapport de la chambre régionale des comptes de 2023  "La légalité, après le rapport, a exigé que le conseil municipal adopte une grille tarifaire." 

"Jusqu’ici, le festival ne payait ni notes d’eau ni d’électricité ni les heures de travail du personnel communal qui étaient supportées par la Ville et les contribuables carhaisiens", ajoutait l’élu. Ce que l’association conteste. 

La mairie souhaite également récupérer le site occupé par le camping des Charrues dès 2026. Le lieu qui accueille chaque année des dizaines de milliers de festivaliers est donc prié de déménager au plus vite.  

Enfin, la commune de Carhaix a également préempté un bâtiment où le Festival prévoyait d’installer ses bureaux. 

Des menaces de départ des Charrues

Devant toutes ces attaques, les organisateurs du Festival ne cachent pas leurs inquiétudes et menacent de quitter Carhaix. 

En avril, Christian Troadec soupçonnait la direction et la présidence du festival de "faire de la politique et du chantage. S’ils veulent se présenter à la mairie de Carhaix en 2026, qu’ils le fassent et les citoyens trancheront."

Ce 10 juillet, avant d'entrer en réunion, Christian Troadec réitérait ses accusations de manipulations politiques. 

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Christian Troadec ©FTV

L’élu se souvient qu’en 2019, avant les précédentes municipales, les organisateurs actuels avaient déjà émis la possibilité de déplacer le festival hors de Carhaix, dans une autre commune du centre-Bretagne. "Généralement, personne n’apprécie le chantage comme arme de négociation en pleine période électorale", avait à l’époque déclaré le maire.

"Nous sommes toujours et plus que jamais viscéralement attachés à Carhaix et à ses habitants, affirment les organisateurs. Nous ne pouvons imaginer la fin des Vieilles Charrues : nous en appelons désormais aux élus centre-bretons pour sauver le festival" .

Un gâchis pour la région

Une réunion se déroule donc ce 10 juillet pour chercher des solutions à la crise. Dans un communiqué, Loïg Chesnais-Girard, président de la Région Bretagne réaffirme "sa volonté de trouver une issue positive et appelle chacun à revenir à un état d’esprit constructif. Il en va de l’avenir du premier festival de France et aussi du développement de la ville de Carhaix."

La région a proposé de racheter les terrains dont le Festival a besoin pour continuer à exister. "Je fais donc le constat que les difficultés que nous rencontrons ne sont liées ni à des problèmes techniques ni à des contraintes financières, mais simplement dues à la volonté de ne pas travailler ensemble."

En arrivant à Carhaix, le président de la Région se montrait donc optimiste. 

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Loïg Chesnais-Girard "Il y a des tensions" ©FTV
"J’appelle donc au sens des responsabilités de chacun et à un retour à un esprit constructif, non pas pour sauver l’organisation des Vieilles Charrues en 2025, mais aussi pour permettre au Centre Bretagne d’asseoir son développement dans les années futures, priorité de la Région Bretagne."

Christian Troadec affirme sa volonté de conserver les Charrues à Carhaix. 

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La réunion de la dernière chance ? La réponse de M. Troadec ©FTV

Les organisateurs des Vieilles Charrues rappellent régulièrement que d’après une étude du Cabinet Gece de 2019, les retombées économiques du festival se montent à 18 millions d’euros, dont 5 millions pour Carhaix et sa région.

Des annonces rassurantes 

À l’issue de la réunion, le préfet a expliqué que plusieurs options pouvaient être mobilisées sur la question des terrains ( on sait que la Région a proposé d'en acquérir certains) et que les Vieilles Charrues étaient d'accord pour participer financièrement à l'aménagement de ces terrains. "Ils pourront bénéficier à d'autres festivals", a précisé Alain Espinasse. Enfin, "face au besoin des Vieilles Charrues de disposer de locaux pour installer de façon durable ses bureaux, une solution peut se dessiner" a affirmé le préfet. 

"Les Vieilles Charrues 2025, 2026 et au-delà auront bien lieu", a-t-il conclu. 

"On est rassurés, déclare le président du festival Jean-Luc Martin. On sera totalement rassurés le 15 octobre, quand on se reverra. Il y aura, si on arrive à boucler ce qu’il s’est dit ce matin, on restera à Carhaix, et on sera très fiers de rester à Carhaix."

Une nouvelle réunion est prévue le 15 octobre prochain.

( avec Florence Malésieux)

 

 

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