Grippe aviaire : "25% de la volaille française pourrait être mise en difficulté", alerte le vice-président de la FNSEA

Publié le Mis à jour le
Écrit par avec Radio France

La grippe aviaire a fait son apparition très récemment en Bretagne, mais déjà notre région paie un lourd tribut. Pour Joël Limouzin la crise est loin d'être finie. Le président de la chambre d’agriculture de Vendée et vice-président de la FNSEA, "25% de la volaille française pourrait être mise en difficulté" par l’épidémie de grippe aviaire

 "25% de la volaille française pourrait être mise en difficulté" par l’épidémie de grippe aviaire, alerte jeudi sur franceinfo Joël Limouzin, président de la chambre d’agriculture de Vendée, vice-président de la FNSEA, chargé notamment des risques sanitaires.

Un phénomène qui touche 34 pays, particulièrement la France, avec plus d'un millier de foyers détectés. La grande majorité en élevage. L’épidémie gagne l’ouest de la France, notamment la Bretagne. Mais il écarte tout risque de pénurie : "Tout le système commercial est complètement chamboulé", mais "il y a d'autres productions sur le territoire français. Nous ne manquerons pas de volailles", précise-t-il.

  • Après le Sud-Ouest, l’épidémie touche la Bretagne. Cela vous inquiète ?


Effectivement, après le Sud-Ouest, qui était largement touché depuis plusieurs années consécutives, avec une situation dramatique également cet hiver, c'est toute la partie Pays de la Loire qui est fortement touchée, dont la Vendée, très touchée avec plus de 8 millions de volailles qui sont mortes, sept autres qui ont été obligés d'être abattus préventivement, même si ces sept millions ont pu être valorisés. Bref, c'est une situation qui représente aujourd'hui 25% de la volaille française qui pourrait être mise en difficulté.

  • Est-il impossible d’endiguer cette épidémie ? 


Nous avons vu une situation complètement inédite cette année. Tout le dispositif de biosécurité a toujours fait ses preuves et fait toujours ses preuves.

Malheureusement, l'Agence nationale de sécurité des aliments a fait la démonstration que nous avions quatre virus présents et un virus qui était aéroporté et qui se retrouve dans l'air. C’est apporté par la faune sauvage avec une migration ascendante, donc tout est bouleversé au niveau du changement climatique et ça rentre par le système de ventilation des bâtiments ou par les volets de ventilation malgré toutes les précautions.

C’est ça qui est le plus terrible pour les éleveurs, c'est surtout la virulence de ce virus qui, je le rappelle, n'a aucune incidence pour la consommation humaine de ces volailles.

Bien évidemment, toutes les volailles qui sont dans la chaîne alimentaire sont complètement saines. Tout est vérifié de ce côté-là. Pour nous, c'est un point fondamental de dire que les agriculteurs n’ont pas à culpabiliser. C'est dans la faune sauvage.

  • Est-ce qu’il y a des risques de pénurie à terme ?


C'est un risque pour certaines filières, notamment dans le secteur des œufs. Un phénomène qui se cumule avec la situation du conflit ukrainien avec beaucoup d'importations qui existaient jusqu'à présent, notamment avec de la volaille qui se retrouvait dans la restauration collective.

Donc, tout le système commercial est complètement chamboulé. Il y a d'autres productions sur le territoire français. Nous ne manquerons pas de volailles. Je tiens à rassurer, mais nous allons avoir des coûts de production qui augmentent avec un délai pour la remise en place de ces productions parce que pour l'instant, la situation n'est pas stabilisée.

On est en réduction et nous mettons des systèmes d’écrans pour éviter justement que ça remonte sur la Bretagne. Il y a eu quelques cas en Bretagne. La Bretagne et les Pays de la Loire sont deux régions fortement productrices de toutes espèces animales, de la la filière canards, en passant par les pintades, les dindes, les poulets, jusqu'à la filière gibiers et pigeons.

Toutes ces petites filières qui sont fondamentales et déterminantes pour l'exportation, qui sont aujourd'hui complètement fermées. Donc, il y a une nécessité aujourd'hui d'accompagner les éleveurs financièrement. Le ministre de l'Agriculture, pendant le congrès de la FNSEA, l'a réaffirmé. Des acomptes ont déjà commencé à être versés pour les agriculteurs.

Aujourd'hui, c'est 100 000 emplois qui sont concernés au niveau national, dont 34 000 dans le secteur de la production.