A Saint-Malo, des passionnés de la glisse fabriquent des planches de surf plus écologiques

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Écrit par Laura Roudaut et Julie Jeunemaître
Shapeur depuis 2014, Malo Dourver s'est associé à Antoine de Pierrefeu pour développer à Saint-Malo sa marque de planches écologiques MD Surfboards.
Shapeur depuis 2014, Malo Dourver s'est associé à Antoine de Pierrefeu pour développer à Saint-Malo sa marque de planches écologiques MD Surfboards. © Julie Jeunemaître / France Télévisions

Les sports de glisse ont le vent en poupe ces derniers mois. Notamment le surf : +25% de licenciés en un an selon la fédération. Pour répondre à cette demande croissante, une entreprise de Saint-Malo fabrique en local des planches de surf, avec en prime un argument écologique.

L’un est shapeur, mordu de surf. L’autre est entrepreneur, amateur de kite passionné par l’écologie.

Malo Dourver et Antoine de Pierrefeu se sont associés, il y a un an pour développer la marque MD Surfboards. Leur credo : créer à Saint-Malo des planches sur-mesure et surtout plus respectueux de l’environnement.

En quête des matériaux les plus écologiques

Il n’existe qu’une trentaine de shapeurs en France. Dans l'atelier malouin, Malo Dourver imagine, dessine et façonne les planches. Principalement pour du surf, d'autres sont adaptées au kite, au foil, au paddle, au sauvetage.  

 "C'est beaucoup de ponçage le shape. On travaille les formes pour répartir les volumes. Après on adapte selon le surfeur, son poids, sa taille", raconte Malo Dourver. Aucun trait, aucune courbe n'est laissée au hasard. 

On essaye d'être le plus propre et transparent possible sur la construction des planches

Malo Dourver, shapeur

Dans leur quête de qualité, les deux associés recherchent aussi les matériaux les plus propres possibles pour l'environnement. Pour le pain de mousse, habituellement fait de polyuréthane, ils ont privilégié le polystyrène "recyclé, recyclable", explique le shapeur. "On peut aussi utiliser de la fibre de lin qui remplace la fibre de verre ou du carbone recyclés. On essaye d'être le plus propre et transparent possible sur la construction des planches."

"Il y a beaucoup de chemin à faire mais on a déjà trouvé quelques solutions. Et on travaille sur de nouveaux matériaux pour remplacer le polystyrène à base de déchets verts notamment", poursuit Antoine de Pierrefeu, président de l'entreprise mère Cutback sports. L'idée pour les deux hommes étant de s'approvisionner uniquement en local dans les prochains mois. 

S'entourer des meilleurs

De l'autre côté du mur de la salle de shape, le troisième membre de l'équipe s'applique lui aussi. Sébastien Le Floc'h est glaceur ; il imperméabilise et personnalise la planche. "Une sommité dans son domaine", le présente Antoine de Pierrefeu. 

Après 23 années à Hossegor, il s'est laissé séduire par le projet écolo de Malo et Antoine. "Avant j'utilisais du polyester. Ça va plus vite mais c'est beaucoup plus polluant. Tandis qu'ici j'utilise une résine biosourcée, plus pure, plus saine", compare Sébastien Le Floc'h.

Dans ce projet, ils ont vocation à s'entourer des meilleurs et créer un pôle de spécialistes dans l'artisanat du surf. Et la Cité Corsaire est pour l'entrepreneur l'endroit idéal pour développer la marque sur le marché de la glisse. 

"Saint-Malo est connu mondialement pour ses navigateurs, il y a de très bons riders issus des surf school de Saint-Malo et on a de très bons artisans qui travaillent sur le composite. Donc il y a beaucoup de savoir-faire et je pense qu'il pourrait s'en développer encore plus qui allie à la fois de la technologie, de la technique et du savoir-faire manuel", argumente Antoine de Pierrefeu.

Objectif : 3 000 planches par an 

Une vingtaine de planches sont conçues ici chaque mois, achetées entre 600 et 1 200 euros bien souvent par des amateurs confirmés.

"Énormément de constructions sont réalisées en Asie et les pratiquants outdoor sont de plus sensibles à l'écologie, à la défense du terrain de jeu", rappelle l'entrepreneur. Il y a un marché à prendre et bien décidée à surfer sur la vague, l'entreprise prévoit déjà de multiplier la production par dix, d'ici 2025. Soit 3 000 planches par an.

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