"C'est magique, on pourrait y passer des heures" : Comptez les oiseaux, la LPO lance son week-end d'observation dans vos jardins

La Ligue de Protection des Oiseaux et le Museum national d'histoire naturelle organisent la 12è édition du comptage national des oiseaux des jardins le week-end des 27 et 28 janvier 2024. Pas besoin d'être spécialiste, il suffit de consacrer une heure à surveiller arbres et mangeoires autour de chez soi.

Chaque année, 30 000 amateurs participent à l'opération de comptage des oiseaux des jardins, permettant de collecter des données essentielles afin de dresser un état des lieux de l'évolution de cette population. 

De nombreuses espèces en déclin

Une cinquantaine d'espèces fréquentent nos jardins. Mais beaucoup deviennent plus rares. Grâce aux observations collectées, la LPO et le Museum d'histoire naturelle ont pu dresser un premier bilan sur la période 2012/2022 : 41 % des oiseaux de nos jardins sont aujourd'hui en déclin, seuls 2 % sont en augmentation. Environnement menacé, agriculture intensive, réchauffement climatique, les causes de ces évolutions sont multiples. Le jardin est un refuge l'hiver, essentiellement pour trouver de la nourriture dans les mangeoires et dans les arbustes à baie.

"Devine qui vient dîner"

Grâce à une fiche d'observateur illustrée fournie par la LPO, chacun peut participer à l'opération de comptage de cette fin janvier. Cette année, c'est une photo d'un pinson des arbres qui fait la couverture. Ornithologue d'un jour, à vous donc de "deviner qui vient dîner chez vous". Pigeons ramiers, merles, rouges-gorges, moineaux domestiques, pies bavardes, mésanges, à ces espèces connues s'ajoutent des oiseaux aux noms plus poétiques comme le chardonneret élégant, le bouvreuil pivoine, la bergeronnette, la grive musicienne ou encore le tarin des aulnes. "C’est un spectacle à la porte de la maison. Pas besoin de faire un safari en Afrique pour admirer la faune sauvage" souligne Olivier Retail, directeur de la LPO Bretagne.

C'est magique, on peut les observer pendant des heures !

"On habite une vieille maison en pierre et en terre avec un jardin" raconte Françoise, installée en périphérie de Rennes. "J'ai commencé à voir des mésanges bleues faire leurs nids dans les trous sur mes murs : un émerveillement pour toute la famille.

On a acheté des mangeoires. L'hiver on nourrit les oiseaux, on les observe depuis la cuisine. Je suis une fille de la campagne, mes parents m'ont sensibilisée à la nature et j'ai fait de même avec mes enfants.

Françoise

une amoureuse des oiseaux

"Ce sont les oiseaux qui décident de venir ou pas, c'est la vraie nature, on les attend et on espère les voir " rajoute Françoise. Ses dernières idées de cadeaux pour ses proches : des mangeoires et des hôtels à insectes.

Bernard lui habite à Bruz, au sud de Rennes. Il fait partie des quelque 70 000 adhérents de la LPO. Régulièrement, il participe aux sorties sur le terrain proposées par l'association. "L'observation, c'est un but de promenade qui me rapproche de la nature, loin des nouvelles du monde".

Peu à peu, j'ai acheté des guides ornithologiques, j'ai trouvé l' application participative "birdnet" qui permet de reconnaitre le chant des oiseaux, j'ai acheté des jumelles. Je suis photographe amateur et je deviens un peu chasseur d'images.

Bernard

adhérent LPO

Envol et déclin

Dans le top 5 des oiseaux présents dans nos jardins l'hiver : le moineau domestique, la mésange bleue et la mésange charbonnière, le pinson des arbres et le chardonneret élégant.

Avec la raréfaction des ressources alimentaires dans les zones d'agriculture intensive, les champs en jachère, on constate des vagues hivernales d'arrivée de passereaux qui se reportent en ville. Végétation plus adaptée et graines fournies par l'homme lui assurent la gamelle.

En revanche, on note une baisse des effectifs de moitié pour le verdier d'Europe, victime d'un parasite et de la diminution des insectes volants dont il se nourrit. On n'aperçoit presque plus de moineau friquet, cousin du moineau domestique, dont la population décroît faute de trouver au printemps des endroits pour nicher en colonie. Avec le recul des zones forestières qui constitue son habitat, la mésange noire se fait rare, contrairement aux autres mésanges qui ont su s'adapter en ville. Les effectifs du bouvier pivoine sont aussi en chute libre selon les derniers recensements.

Des capacités d'adaptation 

"On constate des capacités d'adaptation surprenantes chez certaines espèces" explique Marjorie Poitevin, animatrice de l'observatoire des oiseaux de jardin LPO.

Sous l'effet du nourrissage aux mangeoires, la morphologie de la  mésanges charbonnière a évolué. Son bec est devenu plus long pour mieux piocher dans les boules de graisse et de graine

Marjorie Poitevin

animatrice de l'observatoire des oiseaux de jardin LPO

La pie bavarde, dont la chasse est autorisée du fait de certaines nuisances sur les cultures, se rapproche des zones urbaines au détriment des campagnes. 

"Les oiseaux se regroupent en hiver pour trouver de la nourriture. Un comportement qui change en été lors de la période de reproduction où l'individualisme reprend le dessus pour défendre son nid et son territoire." ajoute la spécialiste." Autre phénomène dû au réchauffement climatique, les migrateurs descendent moins loin vers le sud pour passer l'hiver chez nous en Europe."

Attention aux prédateurs

Ennemis des oiseaux de jardins : les chats, terribles prédateurs. Ils croqueraient chaque année quelque 75 millions de petits oiseaux. D'où l'intérêt de bien choisir le lieu d'installation de vos mangeoires ! L'épervier est également toujours à l'affût autour des zones de nourrissage pour fendre sur ces petites proies. 

Être un passereau, ce n'est pas de tout repos ! En plus des prédateurs naturels, l'homme est parfois de la partie , avec la chasse, le trafic d'animaux et les traditions régionales pour cuisiner des mets recherchés comme la consommation d'ortolan.

Olivier Retail

Directeur LPO Bretagne

"Le pigeon ramier, dénommé "palombe" dans le Sud est aussi capturé pour confectionner des recettes régionales. Au Magreb, de grands filets verticaux piègent certains migrateurs pour la consommation mais aussi pour la vente illégale à destination de collectionneurs" détaille Olivier Retail.

C'est en braquant son regard sur les oiseaux, que vient la curiosité et l'envie d'en savoir plus sur le sujet. Le comptage des jardins, qui a lieu deux fois par an, en hiver et au printemps, est l'occasion de prendre le temps de la découverte. Un message porté par le Museum national d'histoire naturelle.  

 

À travers les programmes de sciences participatives, il s'agit d'inventorier la nature pour mieux la connaître et contribuer à la préservation durable de ce patrimoine commun.

Bruno David

Président du Museum national d'histoire naturelle

Transmettre les données de votre comptage sur le site de l’Observatoire des oiseaux des jardins: www.oiseauxdesjardins.fr

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