Immobilier. En Bretagne, des prix en baisse, mais un marché qui stagne

Inflation, taux d’intérêt qui remontent... Après un début d’année 2022 florissant, la dynamique du marché immobilier se tasse depuis l’automne. Certains prix de vente de maisons et appartements sont même en baisse, notamment en Ille-et-Vilaine et dans les Côtes d’Armor. La tendance devrait se confirmer et même s’accentuer en 2023.

Cela devait bien finir par arriver. Après une dynamique incroyable depuis 2019, le marché immobilier se tasse depuis quelques mois. Le nombre des ventes diminue inexorablement.

Guerre en Ukraine, inflation à près de 6%, hausse du coût de l'énergie... Les mauvaises nouvelles sont nombreuses pour les éventuels acheteurs. Au point de les décourager ? D’après les professionnels, c’est surtout la hausse des taux de crédit qui risque de plomber le marché de l’immobilier.

À Rennes, les prix se tassent...

800 000, 900 000, voir plus d’un million d’euros pour des maisons de 140 m². À Rennes, on pouvait se demander jusqu’à quelle altitude s’envoleraient les prix ? Pas plus haut, pour l’instant. Depuis octobre 2022, les prix se stabilisent.

En Bretagne, c’est toujours à Rennes que les maisons se vendent le plus cher. Mais le prix de vente médian dans la capitale bretonne est désormais de 500 000 €. En baisse de 3 % par rapport au printemps.

… alors qu’ils continuent de progresser à Brest

Dans la métropole finistérienne, les prix des maisons continuent d'augmenter rapidement. Entre août et octobre, il a augmenté de 9 %, pour atteindre 251 500 €.

Une exception, car dans les autres grandes villes bretonnes, les prix sont stables : à Lorient (265 000 €), Saint-Brieuc (179 000 €), Quimper (202 000 €) ou encore Vannes (512 000 €).

Maisons : prix à la baisse en Ille-et-Vilaine, à la hausse dans les Côtes d’Armor

En Ille-et-Vilaine, le prix médian de vente des maisons a même chuté de 6,9%, mais c’est le département où il reste le plus élevé : 241 000 euros.

Au niveau régional, ce prix médian de vente des maisons a baissé de 4,5 % entre août et octobre 2022, pour atteindre 215 000 €.

Dans le détail, il atteint 185 000 € dans les Côtes-d’Armor (+ 3 %), 210 000 € pour le Finistère (-2,3 %) et 225 000 € dans le Morbihan (- 3,2 %).

Appartements : prix à la baisse dans les Côtes d’Armor, stables partout ailleurs

Le prix de vente médian des appartements est globalement stable en Bretagne, entre août et octobre 2022, pour atteindre 2 930 €/m². Le mètre carré se vend 2 190 € dans le Finistère (+1 % en trois mois), 2 330 € dans les Côtes-d’Armor (-7 %), 3 280 € dans le Morbihan (+ 2,6 %) et 3 490 € en Ille-et-Vilaine (peu d’évolution).

La plus forte variation se trouve donc dans les Côtes-d’Armor. Le prix au mètre carré baisse même de 14 % en un an.

Le littoral, valeur sûre

C’est globalement sur le littoral que les prix au mètre carré sont les plus chers pour les appartements. Et c’est là que les prix résistent le mieux. En 2022, ils ont encore bondi de 10% en moyenne en France.

À l’inverse, en Bretagne, les appartements les moins chers se trouvent à Saint-Brieuc (1 800 €/m²), Lannion/Guingamp (2 150 €), dans le bassin de Dinan (2 320 €) ou encore à Brest (2 160 €).

Il n’est pas forcément bon d’attendre

Certains acheteurs potentiels pourraient être tentés d’attendre que les prix baissent encore avant de concrétiser un projet. Pas forcément une bonne stratégie selon les notaires.

En effet, l’acheteur tenté de vouloir reporter son projet immobilier doit garder à l’esprit que la hausse des taux d’intérêt s’accélère. Dans ce contexte, il est conseillé, pour les candidats qui remplissent les conditions actuelles d’emprunt, de se lancer dès maintenant.

"Malgré le contexte, il n’y aura pas d’effondrement du marché immobilier dans les mois à venir, ni même un tassement rapide, tout juste un correctif, une régulation des prix et des volumes", déclarait Vincent Lemée, notaire en Ille-et-Vilaine, en septembre 2022. 

"La pierre reste une valeur refuge, qui rassure, surtout dans un pays où il y a énormément d’épargnants. Par ailleurs, même si on connaît une hausse des taux, inédite depuis 40 ans, on continue d’emprunter, en moyenne en France, à environ 2%. C’est très en dessous du marché européen" 

La Bretagne moins touchée par la chute des ventes que la Côte d’Azur ou la région Rhône-Alpes 

Par rapport à d’autres régions très attractives, la Bretagne tire son épingle du jeu.

Les ventes de biens immobiliers reculent, mais se poursuivent grâce à l’action des banques. " Dans les régions PACA et Rhône-Alpes, les banques ne font pratiquement plus de prêts", témoigne Patrick Le Guerrier, gérant de meilleurstaux.com à Rennes.

En Bretagne, les banques comme le CMB ou le Crédit Agricole sont beaucoup plus agressives, elles ne veulent pas perdre de parts de marché. Mais il y a d’autres banques avec lesquelles je ne peux même plus travailler, elles ont stoppé leurs crédits" poursuit Patrick Le Guerrier.


Depuis le premier janvier, la Banque de France a desserré un peu la visse sur le taux d’usure, rendant l’emprunt plus abordable. Le taux d'usure, c'est-à-dire le TAEG maximal légal auquel les établissements de crédit sont autorisés à proposer des prêts, s'élève désormais à 3,57% pour les crédits immobiliers de plus de 20 ans, contre 3,05% depuis le 1er octobre 2022.