Médecine. De la colle au bloc opératoire pour aider les patients à se remettre plus vite sur pied

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Un chirurgien orthopédiste de Vitré utilise de la colle chirurgicale pour ses opérations ce qui permet aux patients de marcher quelques heures à peine après être descendu de la table d'opération. ©FTV M. Le Charpentier; C. Rousseau

Quand il opère ses patients, le docteur Kneife, chirurgien orthopédique à l'hôpital Simone Veil de Vitré utilise de la colle pour couvrir et protéger les cicatrices. Une méthode qui permet à ses patients de remarcher quelques heures à peine après être sortis du bloc.

Cela faisait déjà quelques temps que Claude, 72 ans, avait des difficultés pour marcher. Ce matin-là, allongé sur la table d’opération, il attend son nouveau genou.

"Il a beaucoup d’arthrose, constate le docteur Farid Kneife. Le chirurgien frappe doucement un morceau de cartilage avec son scalpel. Ça fait un bruit sourd, c’est un cartilage articulaire normal, mais ici, le son est très différent, montre-t-il, en tapotant sur l’articulation abîmée, c’est comme si on tapait sur du caillou. Il faut tout changer pour que Claude puisse remarcher sans douleur. "

Le médecin va donc installer une prothèse totale du genou. Une opération lourde sous anesthésie locale. Mais dans quelques heures à peine, Claude pourra se tenir debout et utiliser son genou.

Pour cela, le chirurgien utilise un puissant mélange d'anti-inflammatoire et d'anti-douleur et … de la colle.

Une super glue pour la peau

"C’est de la Super glu, sourit le praticien, comme celle que l’on utilise à la maison, mais elle est adaptée à la peau."  

Lorsque la plaie est suturée, le chirurgien y dépose une bande qu’il badigeonne allègrement de colle. "Elle va adhérer à la cicatrice, et cela va permettre qu’elle reste parfaitement scellée. Rien ne peut y entrer. La colle épouse tous les reliefs".

La colle est 20 fois plus coûteuse que les agrafes que le chirurgien utilisait précédemment mais elle limite les risques d’infection.

"Car, le genou, poursuit  Farid Kneife, c’est une articulation très vulnérable. Il n’y a que la peau qui le recouvre. S'il y a une brèche dans l’épiderme et qu’il y a une infection, ça peut être une catastrophe. Là, le fait qu’il y ait une étanchéité absolue, c’est un confort pour le chirurgien et surtout pour le patient."

Après une heure et demie d’opération, Claude va pouvoir quitter le bloc. Auparavant, il serait resté allongé 48h, là, le médecin lui promet qu’il pourra se lever dans l’après-midi. Dans trois semaines, le chirurgien retirera la colle, et Claude pourra reprendre ses balades.

En 6 ans, 250 patients ont ainsi été opérés grâce à la colle.

(Avec Manon Le Charpentier)