Rave party à Lieuron : trois hommes mis en examen et placés sous contrôle judiciaire

L'enquête se poursuit pour retrouver les organisateurs de la rave party à Lieuron. Le 6 janvier, quatre autres hommes ont été interpellés puis placés en garde à vue. Trois d'entre eux ont été mis en examen et placés sous contrôle judiciaire. 

Une rave party à Lieuron en Ille-et-Vilaine a rassemblé 2500 personnes début janvier 2021
Une rave party à Lieuron en Ille-et-Vilaine a rassemblé 2500 personnes début janvier 2021 © PHOTOPQR/OUEST FRANCE/MAXPPP

Après la rave party qui a eu lieu à Lieuron, en Ille-et-Vilaine en début d'année, plusieurs personnes considérées comme les organisateurs sont recherchées par la justice. Un premier homme, âgé de 22 et originaire d'Iffendic a été interpellé début janvier. Mis en examen, il est depuis placé en détention provisoire. Quatre autres hommes ont aussi été placés en garde à vue le 6 janvier. 

Âgées de 26 à 31 ans et habitant en colocation, trois d'entre eux ont été interpellés en Loire-Atlantique, précise ce vendredi Philippe Astruc, le procureur de la République de Rennes dans un communiqué. "Le quatrième ayant quitté les lieux peu avant l'arrivée des enquêteurs, il a été interpellé au volant d'un poids-lourd contenant du matériel de sonorisation dans le département d'Indre-et-Loire." 

Du matériel a été saisi lors des perquisitions, comme des équipements de sonorisation, de structure de scène, enceintes, platines, talkie-walkie ainsi que de l'argent, en liquide. 

Selon Philippe Astruc, trois de ces hommes sont déjà connus de la justice, pour des infraction liées à la législation sur les stupéfiants. Ils nient avoir participé à l'organisation de l'évènement. "Un des gardé à vue reconnaît toutefois avoir aidé à l'organisation du parking en début de soirée le 31 décembre 2020."
 

Mis en examen et placés sous contrôle judiciaire


Trois d'entre eux ont été mis en examen des chefs de d’organisation sans déclaration préalable d’un rassemblement festif à caractère musical dans un espace non aménagé, dégradation ou détérioration du bien d’autrui avec entrée par effraction, mise en danger d’autrui par violation manifestement délibérée d’une obligation réglementaire de sécurité ou de prudence, ouverture sans déclaration préalable d’un débit de boisson à consommer sur place, exécution d’un travail dissimulé et aide à l’usage par autrui de stupéfiants.

Ils ont été placés, sur réquisitions conformes du parquet, sous contrôle judiciaire. Une quatrième personne a été placée sous le statut de témoin assisté.


Un rassemblement de soutien reporté


Un comité de soutien s'organise autour des organisateurs présumés de la rave party, composé de parents, de teufeurs, de personnalités de la musique électronique. Ils réclament notamment la libération du jeune homme de 22 ans. 

Un appel à un rassemblement avait été lancé pour ce samedi 9 janvier à Rennes, interdit par la préfecture car non déclaré dans les délais impartis. Dans un communiqué, les comités de soutien aux inculpés de la Maskarade dénoncent une politique de répression plutôt que d'accompagnement de sa population, "quitte à criminaliser toute une partie de sa jeunesse qui ne manquera pas pour certain.es de refuser cette injustice." 

Le rassemblement se voit reporté. "Face aux menaces de sanctions pénales et financières de la Préfecture et parce que déjà trop de nos camarades ou enfants sont derrière des barreaux ou croulent sous les amendes pour avoir dansé ou manifesté, nous nous voyons contraints de reporter notre rassemblement de soutien, qui se voulait pourtant festif, déterminé mais serein." 

Les comités de soutien espèrent une mobilisation nationale. "Une manifestation pour le droit à la culture, Culture 4 Liberty, aura lieu à Paris ce samedi 16 janvier et sera dédiée aux inculpés de la Maskarade. Dans ce contexte d'entérinement légal de politiques liberticides, nous appelons également à rejoindre l'ensemble des manifestations du 16 janvier en lien avec les questions de sécurité globale. "

Leur mouvement pourrait prendre de l'ampleur. "Enfin, le 23 janvier, si des personnes arrêtées cette semaine dans le cadre de la Maskarade sont toujours enfermées ou menacées de sentences disproportionnées, nous appellerons de nouveau à une grande manifestation unitaire dans les rues de Rennes pour les soutenir. "

 

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
justice société