A Rennes, le procureur et la violence de "bandes" s'invitent au conseil municipal

Un homme tué par balle en pleine journée le 17 mars, une rixe très violente en centre-ville ce samedi après-midi… Le procureur de la République et la ville s’inquiètent de ces faits de violence assez nouveaux sur Rennes et veulent endiguer le phénomène.

Devant le supermarché Carrefour City, à Cleunay, où un jeune homme a reçu une balle en pleine tête le 17 mars 2021. La piste du règlement de compte sur fond de trafic de drogue est privilégiée.
Devant le supermarché Carrefour City, à Cleunay, où un jeune homme a reçu une balle en pleine tête le 17 mars 2021. La piste du règlement de compte sur fond de trafic de drogue est privilégiée. © M Thiébaut - France Télévisions

La ville de Rennes a été marquée coup sur coup  par deux faits divers retentissants qui n'ont aucun lien entre eux mais qui posent question : un meurtre par arme à feu dans le quartier de Cleunay le mercredi 17 mars, une violente bagarre de rue entre bandes rivales ce samedi après-midi, à coups de couteaux et de marteaux.

Ce samedi 27 mars, la maire de Rennes Nathalie Appéré avait tenu à réagir à cet événement. "La violence des coups portés et l'âge des protagonistes sont particulièrement choquants", a-t-elle notamment déclaré.

Elle a invité le procureur de la République Phlippe Astruc à s’exprimer devant le conseil municipal sur cette situation, ce lundi 29 mars à 17 heures.
Par ailleurs, la situation se tend car la police municipale s'estime sous-équipée pour surveiller le quartier de Cleunay et menace de se mettre en grève.

Le procureur rappelle que la ville de Rennes a connu en 2020 dix règlements de comptes en lien avec des trafics de stupéfiants (contre 2 en 2018 et 4 en 2019), dont huit « ont pu être élucidés, conduisant à la mise en examen de 26 personnes et à l’incarcération de 15 d’entre elles ».

Pas plus tard que ce 27 mars, six hommes, nés entre 1983 et 2002, ont été mis en examen pour trafic de stupéfiants en bande organisée, association de malfaiteurs, blanchiment et acquisition et détention d’armes de catégorie A et B. Si certains reconnaissent leur participation aux faits, d’autres la contestent.

Déjà, en juin 2020, un appartement de Maurepas avait été criblé de balles. Il s'agissait d'un règlement de compte entre bandes rivales. 

 

Cinq personnes toujours en garde à vue dans l’affaire de la rixe

Cinq personnes, dont quatre mineurs, sont toujours en garde à vue ce lundi 29 mars. Sans surprise, le parquet a annoncé l’ouverture d’une information judiciaire,  pour comprendre les faits et établir les responsabilités pénales des uns et des autres.

 Selon le procureur, "la rixe a concerné une quinzaine de protagonistes émanant de deux groupes". Cet affrontement pourrait "résulter d'une rivalité de quartiers (Villejean-Beauregard / La Bellangerais-Patton) sans que le motif précis du contentieux ne soit pour l'heure clairement établi".

Pour rappel, les victimes avaient été blessées au cours d'une rixe place de la mairie, ce samedi vers 16 heures. Un jeune homme de 18 ans avait été blessé à la fesse et un autre de 16 ans au pied.

Les blessures ont été provoquées par une arme blanche mais aucun couteau n’a été retrouvé sur les lieux de la bagarre. La police a par contre trouvé des marteaux.

        

Cleunay, un meurtre et toujours des zones d‘ombre

Après le meurtre d’un jeune Tchétchène de 23 ans dans le quartier de Cleunay le mercredi 17 mars, deux hommes ont été incarcérés.

En plus des faits de meurtre, ils ont été mis en examen pour acquisition et détention d’armes et association de malfaiteurs en vue de commettre un crime. Ils encourent la réclusion criminelle à perpétuité.

Pour rappel, le tireur, âgé de 21 ans, avait été arrêté quelques minutes après avoir visé deux frères d’origine tchétchène en plein après-midi devant le supermarché Carrefour City dans le quartier de Cleunay au sud-ouest de Rennes. Le plus jeune des frères, Hamzat Labazanov, 24 ans est mort. Son frère Souleiman, 25 ans, a été blessé à la jambe.

Les Tchétchènes dénoncent la stigmatisation de leur société

Ce samedi 27 mars, plusieurs centaines de Tchétchènes ont manifesté à Rennes, en mémoire de la victime de ce drame, mais aussi pour dénoncer la stigmatisation de leur communauté.

"On tire sur nous deux fois : la première fois pour nous tuer, la deuxième fois pour nous salir", a dénoncé à Magomed, 30 ans, voisin d'Hamzat Labazanov, le jeune homme tué lors du drame.

Le jour des faits, le procureur de Rennes Philippe Astruc a évoqué un "possible règlement de comptes sur fond de trafic de stupéfiants".

 

 

 

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