Adoption du nouveau PLU intercommunal de Rennes Métropole : une urbanisation trop galopante ?

© Lionel Bonis - France Télévisions
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Ce jeudi 19 décembre 2019, le nouveau plan local d'urbanisme intercommunal a été adopté à une large majorité, par les 43 communes de Rennes Métropole. Ce PLUi, commun à l'ensemble du territoire métropolitain, est une première. Un programme d'urbanisation à horizon 2035, qui ne fait pas l'unanimité.

Par Krystell Veillard


Les 43 communes de Rennes Métropole ont adopté, à une large majorité (7 votes contre et 2 abstentions) ce jeudi soir le premier Plan Local d'urbanisme intercommunal, ainsi que le futur Plan local de l’habitat (5 votes contre, 2 abstentions). Il s'agit pour la métropole rennaise d'un premier PLUI, c'est à dire une plannification  commune à l'ensemble des 43 communes de la Métropole, de l'urbanisation de 2020 à 2035. Ce document, qui a demandé 4 ans de préparation, doit servir à une plus grande cohérence et une meilleure conciliation du développement économique et urbain avec la préservation  de l'environnement. Un avis, que ne partageaient visiblement pas les opposants, qui manifestaient devant l'hôtel de Rennes Métropole durant le conseil, pour protester contre ce plan. Ce PLUI, qui bien qu'ayant fait l'objet de consultations et d'une enquête publique, ne semble pas faire l'unanimité, tout comme le plan local d'habitat en vigueur depuis 2015.

 
© Christophe Rousseau - France Télévisions
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Quelles perspectives de développement d'ici à 2035 ?


Le président de Rennes Métropole, Emmanuel Couet, se félicite que ce premier plan local d 'urbanisme intercommunal ait fait l'objet d'une large concertation, avec enquête publique, avis, quelque 1900 observations, pour aboutir au final à un consensus auprès des 43 communes de l'agglomération. Ainsi d'ici à 2035, 1763 hectares supplémentaires seront urbanisés soit un peu moins de 3% de la surface totale de l'agglomération. "L'intérêt général du territoire, c'est de continuer à économiser les sols et les terres, tout en poursuivant le développement économique et en continuant à loger tous les ménages qui veulent venir vivre à Rennes et dans la Métropole", explique ainsi Emmanuel Couet.

La Métropole estime ainsi faire des efforts pour limiter la pression foncière et préserver les terres agricoles sur ses 70 400 hectares. 
  • 78% du territoire de la Métropole est classé en espace agro-naturel → 45% en zones agricoles (32 000 ha) → 33% en zones naturelles
  • 18% du territoire de la Métropole est classé en zones urbaines 12 672 ha
  • Moins de 3% du territoire de la Métropole est classé en zone à urbaniser
 
© Antoinette Grall - France Télévisions
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Des logements pour accueillir 90 000 habitants en plus d'ici à 2035


Cette urbanisation va essentiellement permettre de créer du logement. Car d'ici 2035 Rennes métropole devrait attirer 90 000 habitants de plus. Pour les accueillir, elle prévoit ainsi de construire 65 000 logements supplémentaires à raison de 4 400 logements neufs par an, dont 1 100 logements sociaux (Plan Local de l'habitat). Mais pour ce programme la Métropole va devoir mobiliser 4 millions d'euros supplémentaires par an, soient 12 millions d'euros sur trois ans, pour suivre l'évolution du coût de la construction, qui a augmenté de 35% ces 24 derniers mois. Les bailleurs sociaux se sont eux aussi engagés à mettre la main à la poche, pour 2 millions d'euros par an, soient 6 millions sur 3 ans. 
 
© Antoinette Grall - France Télévisions
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Des mécontentements en ville et à la campagne


Un programmation d'urbanisation dans l'agglomération, qui ne fait pas l'unanimité. Une manifestation d'opposants s'est invitée dans le hall de l'hôtel de la Métropole ce jeudi soir à l'occasion du vote de ve PLUi et des élus d'opposition ont également émis des réserves lors de ce conseil, à l'encontre de cette urbanisation à marche forcée, avec distent-ils des constructions trop denses et trop hautes. A Rennes, ce sont notamment des habitants du quartier Bréquigny qui se mobilisent contre cette frénésie de densification urbaine. En périphérie, ce sont les agriculteurs, qui parfois montent au créneau, contre l'"artificialistaion des terres agricoles", un des cheval de bataille de la Confédération paysanne. A Bruz, par exemple, une parcelle devrait accueillir dès 2025 une station d'épuration, un méthaniseur et une unité de compostage. Une infrastructure, qui grignoterait près de 50 hectares de terres agricoles, au grand dam d'une agricultrice, qui elle, va perdre 9 hectares de ses terres.
 
Manif d'opposants au PLUi Rennes Métropole
Manifestation d'opposants au PLUi de Rennes Métropole ce jeudi 19/12/19 Images Christophe Rousseau
 

Le reportage d'Isabelle Rettig, Christophe Rousseau et Lionel Bonis

Interviews : Emmanuel Couet, président de Rennes Métropole - Fabrice Bobon, Confédération Paysanne 35 - Odile de Courville, agricultrice
 

Un Zénith de 10 000 places à Bruz


La commune de Bruz devrait par ailleurs accueillir la future grande salle de spectacles de l'agglomération. Il s'agit d'un Zénith de 10 000 places, qui pourrait s'installer en lieu et place du karting de la Haie Gautrais, juste en face du parc des expositions, propriétaire du terrain d'ailleurs (Pigeault Immobilier). L'aménagement d'une passerelle piétonne au dessus de la voie express, pourrait permettre de pouvoir bénéficier des parkings existants. Un dossier, que devront gérer les élus de la nouvelle assemblée intercommunale après les élections municipales, du mois de mars.

 

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