Affaire Bagelstein : un appel pour une relaxe

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Quatre étudiants comparaissaient devant la cour d’appel de Rennes. Condamnés fin mai à des peines d’un à trois mois de prison ferme pour "violences volontaires en réunion au cours d’une manifestation" après une altercation avec le gérant de Bagelstein, ils demandaient la relaxe.

Ce lundi après-midi, plusieurs dizaines de personnes se sont rassemblées devant le parlement de Bretagne à Rennes. Ils tenaient à apporter leur soutien aux quatre étudiants qui ont écopé en première instance à de la prison ferme, une peine purgée depuis. Ils réclamaient qu'ils soient reconnus innocents.

Lors de l'audience en cette fin d'après-midi, le parquet a demandé la confirmation des peines de première instance pour les quatre étudiants. La décision a été mise en délibéré au 18 octobre.

Les avocats ne comprennent toujours pas la sévérité extrême du tribunal de Rennes qui en comparution immédiate a été jusqu'à condamner l'un de ces quatre étudiants à trois mois de prison ferme, une peine à leurs yeux disproportionnée par rapport aux faits reprochés. Ils veulent que la justice corrige le tir et relaxe les prévenus. Pour eux, la culpabilité de leurs clients n'est pas clairement établie.
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Avocat de deux prévenus : "le dossier est vide"
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Jennifer Cambla, avocate d'un prévenu

Une manifestation pour dénoncer des publicités sexistes

L'affaire remonte à fin mai dans un contexte social plus que tendu avec des manifestations anti Loi Travail qui dégénèrent. Le 26 mai après une manifestation, quatre étudiants, trois de 19 ans et un de 24 ans, sont interpellés sur la terrasse du restaurant Bagelstein à Rennes, après une altercation avec le gérant concernant une campagne de communication de l'enseigne que les étudiants jugent sexistes et homophobes. Le gérant s'en sort avec une lèvre ouverte.

Les quatre étudiants aux casiers judiciaires vierges sont interpellés et écopent de prison ferme en comparution immédiate dès le lendemain. Trois d'entre eux sont condamnés de 1 à 2 mois de prison ferme, le quatrième à trois mois d'incarcération à Vezin-le-Coquet, près de Rennes.

C'est l'incompréhension totale pour les proches des étudiants, leurs enseignants et pour de nombreuses associations. Un comité de soutien est créé, une pétition lancée. Tous dénoncent la disproportion des peines par rapport aux faits reprochés et une condamnation "pour l'exemple", conditionnée par le contexte des violences en marge des manifestations anti Loi Travail.

Depuis, les quatre étudiants ont purgé leur peine respective. Amaël, le plus fortement condamné, est sorti le 27 août dernier.

Le gérant du restaurant, s'était dit "désolé" de la tournure de l'affaire à l’issue de la condamnation des quatre jeunes. Après avoir rencontré certains de leurs parents, il avait écrit au procureur, demandant que leur condamnation soit retirée de leur casier judiciaire.