L'arrivée de Ben Arfa au Stade rennais officialisée

© FRANCK FIFE / AFP
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La rumeur courait bon train depuis des semaines. Le suspense a été maintenu jusqu'au bout. Hatem Ben Arfa intègre le Stade rennais, il était présenté lors d'une conférence de presse du club ce dimanche midi, où son arrivée a été officialisée.

Par KV avec AFP


Le Stade Rennais a officialisé dimanche l'arrivée du milieu de terrain Hatem Ben Arfa, libre depuis la fin de son contrat fin juin au Paris SG. Avant même la conférence de presse officialisant la nouvelle, le club avait posté une petite vidéo sur son compter Twitter. Dans cette vidéo, qui évoque l'exposition de la collection de François Pinault au couvent des Jacobins, à Rennes "Debout!", on annonce l'arrivée d'un nouvel artiste dans la ville. On y voit le joueur de 31 ans vêtu du maillot du club avec le numéro 18 au milieu de la pelouse du Roazhon Park.

 


Un nouveau tournant pour "l'intermittent du spectacle"


Hatem Ben Arfa a commenté cette officialisation, "Cette arrivée, c'est une autre étape de ma vie et de ma carrière, que j'entame avec beaucoup de plaisir et beaucoup d'ambitions."Rennes est rentré dans une nouvelle dimension", a jugé Ben Arfa, qui avait failli rejoindre la Stade rennais à l'âge de 15 ans, avant d'opter finalement pour Lyon. "Aujourd'hui, Rennes ne fait pas partie des tous premiers clubs, mais de l'intérieur on dirait un grand grand club. C'est des détails, mais c'est ça qui fait la différence. Je suis vraiment impressionné par l'intérieur du club", a assuré le joueur, qui n'a pas caché non plus ce que sa venue doit à sa relation personnelle avec le président Olivier Létang, ancien directeur sportif du PSG. "C'est quelqu'un que j'apprécie beaucoup parce qu'il est très pro et il a un cocktail... Je ne sais pas comment vous expliquer. Il a l'humain, il a le professionnel et c'est très rare dans le football aujourd'hui. Je pense qu'aujourd'hui le Stade Rennais a beaucoup de chance d'avoir un président comme ça", a ajouté l'attaquant.
 

Dernier match en avril 2017


Ado surdoué, on lui promettait la gloire. Mais entre coups de sang et coups de mou sa carrière a connu trop de trous d'air - plus d'un an de mise à l'écart au PSG - et Hatem Ben Arfa tente aujourd'hui de se relancer à 31 ans à Rennes. "Joyeux anniversaire à moi, 1 an de placard ça se fête": C'est avec ce message et une photo de lui sur Instagram, pouces levés, devant un gâteau avec une bougie, que HBA avait ironisé en avril sur sa galère au PSG.
Son dernier match, c'était le 5 avril 2017, en quarts de finale de Coupe de France, face à Avranches (4-0), avec un doublé et une passe décisive. Depuis, rien. Pourquoi? La direction du PSG n'a pas apprécié que Ben Arfa se plaigne directement auprès de l'émir du Qatar, propriétaire du club, que son président Nasser Al-Khelaïfi - présent à ce moment là - ne répondait pas à ses sollicitations, avait révélé le JDD. "Il n'y a eu aucun caractère d'invective à l'égard de qui que ce soit. Hatem est arrivé avec le sourire, et il a fait comprendre à l'émir que c'était sympa de lui dire bonjour, parce que c'était plus difficile d'arriver à parler avec le président", avait commenté auprès de l'AFP son avocat, Jean-Jacques Bertrand.
   

Un gâchis au PSG


Ce fut l'épisode de trop pour un joueur qui ne fut jamais vraiment dans les petits papiers de son entraîneur Unai Emery. Il n'a plus jamais été appelé avec les pros du PSG et fut même pressé de partir. Ce qu'il ne fit pas, préférant rester jusqu'au terme de son contrat, pour redevenir un joueur libre de tout contrat cet été. L'Equipe évoquait un salaire total (importantes primes comprises) de quelques 10 millions d'euros annuels pour le joueur, mais sur le plan sportif, son passage au PSG fut un gâchis. En y arrivant à l'été 2016, il espérait revenir au sommet après s'être relancé - déjà - à Nice lors d'une saison bluffante 2015-16 après six mois sans jouer - déjà - à cause d'un imbroglio juridique cette fois. Ce retour de flamme lui avait même permis d'être réserviste chez les Bleus pour l'Euro-2016. 
 

Petit génie, mais impulsif 


Son parcours dégage un terrible parfum de frustration. Ben Arfa était sans doute le plus technique de la génération dorée née en 1987, avec Samir Nasri, Jérémy Menez et Karim Benzema, champions d'Europe des moins de 17 ans. Mais dès le départ, son itinéraire a été épineux pour ce jeune talentueux né à Clamart (Hauts de Seine) de parents tunisiens. Dans le fameux documentaire "A la Clairefontaine", plongée dans la préformation au centre technique national (entre 13 et 15 ans), on voit les deux facettes d'un tout jeune Ben Arfa, à la voix encore fluette. D'un côté, le petit génie balle au pied, de l'autre un tempérament impulsif qui s'embrouille avec un de ses partenaires.
  

"Enfant terrible du foot français"


L'étiquette d'"enfant terrible du foot français" lui restera collée. A Lyon, où il fera ses débuts en pro, HBA ne s'entend pas avec Benzema: une image restée célèbre montre les deux joueurs s'ignorant superbement lors d'un remplacement de l'un par l'autre au cours d'un match très médiatisé contre Lille au Stade de France. A Marseille, Ben Arfa vexé d'être remplaçant, refusa d'entrer en jeu quand son entraîneur de l'époque, Éric Gerets, le lui demanda. Il quittera l'OM avec pertes et fracas, en passant par la case "discussion orageuse" dans le bureau de son président d'alors Jean-Claude Dassier. 
 

Compliqué aussi avec l'équipe de France   


Direction Newcastle: des gestes de grande classe, l'amour des supporters, mais il rejouera sa partition en mode clash avec son coach Alan Pardew. Et l'équipe de France? Une misère au regard de son potentiel: 15 sélections, 2 buts. Et toujours des soucis. Ben Arfa aura des mots avec son sélectionneur Laurent Blanc lors de l'Euro-2012. Sa convocation devant la commission de discipline fédérale le mois suivant avait d'ailleurs donné lieu à une scène surréaliste avec une altercation publique entre son père et l'agent du joueur, au cri de "tu m'as volé mon fils!"  Pour jouer au foot, Ben Arfa avait dit un jour qu'il était prêt à aller au "Pôle Nord". La Bretagne c'est moins loin.
 

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