"C'est stressant mais excitant". Rencontre avec deux jeunes Bretons qui vont participer à Roland-Garros 2024 en tant que ramasseur de balles

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Roland Garros, l'événement du tennis en France, débute ce dimanche 26 mai. Les qualifications, elles, commencent dès ce lundi 19 mai, en présence des ramasseurs de balles du tournoi. Ces ramasseurs doivent passer plusieurs tests de sélection pour officier porte d'Auteuil. Nous avons suivi deux Bretons lors d'un stage à Nantes en avril. ©France3 Bretagne

En tennis, les qualifications pour le tournoi de Roland Garros vont bientôt débuter : ce sera le lundi 20 mai. Une épreuve du Grand chelem pour les joueurs... mais aussi pour les ramasseurs de balles !!! 5.000 jeunes licenciés en tennis sont candidats chaque année, mais 280 seulement sont retenus pour le tournoi... Parmi eux, 13 Bretons qui ont passé des tests de sélection.. Nous avons suivi deux d'entre eux lors d'un stage à Nantes courant avril.

Rapide, efficace, discret. En trois mots, voilà résumé ce qu'est - ou doit être - un bon ramasseur de balles de Roland-Garros. 
Pour parvenir à ce niveau, c'est un petit parcours du combattant qu'on demande à ces jeunes filles et jeunes garçons.

Au départ, ils sont presque 5000, dans toute la France, licenciés en tennis et âgés de 11 à 15 ans, à convoiter une place pour le célèbre Grand Chelem parisien. 

Après une première sélection dans leur ligue - en Bretagne c'était à Saint-Malo en décembre 2023 - les "élus" doivent passer par un nouveau stage, interrégional. Pour les Bretons, c'était à Nantes, mi-avril. 

"Le dépassement de soi, l'ambiance, l'équipe"

La cinquantaine de candidats présents avait cinq jours pour faire ses preuves. 

"J'adore le tennis, confie Eloi, 15 ans, qui habite à Pacé et a déjà joué les ramasseurs de balles à l'open Blot de Rennes. Ça fait dix ans que j'en fais. Donc être ramasseur de balles j'en entends parler. Ce que j'aime là-dedans, c'est le dépassement de soir, l'ambiance, le travail en équipe". 

Physique, gestuelle, concentration, les candidats déroulent toute la panoplie du ramasseur. Avec un maître mot : la rigueur. 

"C'est super précis, confirme Eline, candidate venue du Faou dans le Finistère, et qui elle a déjà été ramasseuse de balles à l'open de Brest. Il faut savoir exactement quoi faire, à chaque fin de set, à chaque changement de balles, comment servir un joueur. De l'extérieur on ne se rend pas compte que c'est aussi compliqué (...) Et ça peut être stressant aussi avec le public."

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"Le salaire émotionnel, ça n'a pas de prix"

Après les joueurs, et avec les arbitres, les ramasseurs vont être les personnes les plus télévisées à Roland-Garros. Pour eux, c'est une mission bénévole. 

Pour eux, participer à un grand chelem, même bénévolement, c'est l'accomplissement d'un rêve. "Il n'y a pas grand monde qui va toucher un Grand chelem du bout des doigts, relate Léo Mazet, l'un des responsables des ramasseurs de balles à la Fédération française de tennis. C'est presque inaccessible pour le commun des mortels. Il n'y a que les sportifs de très haut niveau qui vont évoluer sur le central. Être ramasseur de balles, ça permet d'avoir cette chance. Le salaire émotionnel, ça n'a pas de prix !" sourit-il.

Au-delà de l'excitation, reste pour les ramasseurs de balles sélectionnés l'envie de bien faire et d'évoluer sur un grand court. Pour tutoyer les idoles !