Carte. Concrètement, où va l'argent de l'Europe au plus près de chez nous ?

La Bretagne gère près d'un milliard d'euros alloué par l’Union européenne tous les six ans. Sciences, agriculture, mer, cet "argent de l’Europe" accompagne une multitude de projets très concrets via différents fonds. Par des exemples sur le terrain ainsi qu'une cartographie des sites ayant reçus les financements, découvrez les 5 principaux fonds européens.

Alors que les élections européennes approchent (9 juin 2024), beaucoup se posent la question de l'utilité concrète de l'Union européenne dans nos vies. On ne le sait pas toujours, mais dans nos campagnes comme dans nos villes, ou sur le littoral, beaucoup de projets voient le jour grâce notamment à l'argent européen.

À l'échelle de la Bretagne, 566 projets sont financés par l'Union européenne. L'un des projets ayant reçu le plus de dotations se nomme Bretagne Developpement Innovation. Il a bénéficié de près de 8 millions d'euros dont près de 5,5 millions viennent de l'Union Européenne et ont été investi dans la région. Ce projet commencé en juin 2016 a pris fin en mars 2022, sa volonté était de mettre en œuvre des solutions énergétiques intelligentes et innovantes sur les territoires isolés de la Manche comme les îles.

Les lieux et projets financés par l'UE

Voici la cartographie de tous les sites basés en Bretagne ayant déjà été financés par l'Union Européenne. En zoomant sur la carte vous découvrirez quels sont les projets ayant été financés et son objectif. 

Des projets financés au-delà du million d'euros

Sur ces 566 projets financés, les financements européens ont accompagné 128 projets pour des montants dépassant le million d'euros.

Exemple près de Lannion, sur le parc d'Activités Pégase près de l'aéroport de la ville, deux structures ont été accompagnées. L'une fait partie d'un projet pour minimiser les déchets de l'agro-industrie à l'aide de capteurs. Sur les 5 millions du projet, près de 3 millions viennent de l'Europe.

Dans la même zone industrielle, un projet travaille sur des particules lumineuses pour le transport et le traitement de données numériques. Sur les 14 millions d'euros que coûte ce projet, plus de 8 millions viennent de l'Europe. 

Ces sites de Lannion ont bénéficié d'une partie de ces financements comme les autres projets présents sur notre cartographie repertoriant tous les projets financés pour un montant supérieur à 1 million d'euros.

La Bretagne gère près d'un milliard d'euros tous les six ans. Pour accompagner une multitude projets très concrets via différents fonds. Voici les 5 fonds les plus importants.

1- Le FEDER, qui accompagne des initiatives pour le développement régional

Nous sommes dans la campagne d'Ille-et-Vilaine, à une trentaine de kilomètres au nord de Rennes. Une véritable montagne surplombe cette carrière de roches. En tout, plus de 250 000 tonnes de matériaux, des déchets issus de l'activité d'extraction qui, jour après jour, s'entassent ici comme dans la cinquantaine d'autres carrières de ce groupe breton.

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L'union européenne finance des projets inédits de construction pour les bâtiments du futur. Exemple dans le Nord de l'Ille-et-Vilaine. Sur les 900 000 euros du projet, 230 000, soit un quart, ont été financés par le fonds FEDER (Fonds européen pour le Développement régional). ©France3 Bretagne

Depuis plus de trois ans, dans un laboratoire unique en France spécialisé dans la construction, ces matériaux font l'objet d'intenses recherches pour tenter de les valoriser.

Un matériau essentiel dans la transition écologique

Grâce à cette recherche, ingénieurs et techniciens ont imaginé le Géomur. Un bloc de terre compressée et un nouveau béton en terre crue. Un procédé innovant pour élaborer des matériaux de construction capable de répondre aux nouvelles exigences en matière de transition écologique.

"De par sa constitution même, explique Damien Rangeard, responsable Recherches et Développement au Laboratoire "CBTP", le Géomur a un bilan carbone très faible, et il embarque en plus les avantages des matériaux terre crue, c’est-à-dire des caractéristiques dites de confort hydrothermique qui permettent d’avoir également un gain pendant la durée de vie du bâtiment sur l’utilisation des moyens de chauffage ou de climatisation. Donc c’est un produit qui rentre pleinement dans les attentes de la construction durable".

2- Un quart du projet financé par le FEDER 

Sur les 900 000€ du projet, 230 000 €, soit un quart, ont été financés par le fonds FEDER.

Une manne financière européenne qui a permis d'accélérer les recherches. L'Europe a vu dans ce projet le moyen de préserver les ressources minérales dans les carrières, mais aussi de favoriser l'émergence de solutions plus durables.

En France, le bâtiment représente + de 40% des consommations énergétiques et un quart des émissions de gaz à effet de serre. Pour la Bretagne, l’une des priorités consiste à réduire l’impact de ce secteur sur l’environnement, via les aides européennes…

L’argent nous est confié par l’Union européenne, à charge pour nous de bien le gérer et de sélectionner les projets en fonction des priorités que nous avons établies avec l’Union européenne.

Stéphane Perrin-Sarzier, Vice-Président "Finances, Europe et International" au Conseil Régional de Bretagne.

 

Dans quelques semaines, ce Géomur sera commercialisé. Une solution nouvelle pour construire les bâtiments du futur grâce à l’accompagnement de l’Union européenne.

3- Le FEADER, le Fonds européen agricole pour le développement régional

Olivier Beurel, s'est installé comme éleveur laitier à La Motte, près de Loudéac, dans les Côtes-d'Armor, il y a tout juste 30 ans. Mais depuis trois ans, fini la solitude, car une partie de sa famille l'a rejoint pour gérer la ferme d'une taille deux fois supérieure à la moyenne des exploitations bretonnes. Une façon d'alléger le travail qui ne manque pas.

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Dans une exploitation laitière des Côtes d'armor, une jeune agricultrice et ses parents ont eu recours à des aides européennes. C'est une application concrète du FEADER, le fonds européen agricole pour le développement rural. ©France3 Bretagne

Sa fille Océane qui travaille désormais à ses côtés, manipule un robot qui leur donne un précieux coup de main. Deux fois par jour l'été, et toute la journée en hiver, l'automate leur évite une corvée dans les stabulations.

"On a gagné en propreté, on a gagné en souplesse de travail, note-t-elle. On n’a plus à passer le rabot ni le tracteur dans le bâtiment".

Un robot qui permet une nette amélioration des conditions de travail des agriculteurs. Ce critère leur a permis de recevoir une subvention de l'Europe. Sur les 26 000 € d'installation robotique, 30 % ont été payés via le fonds FEADER.

Mais dans les fermes, l'Union européenne apporte aussi ses deniers pour une autre cause : celle du bien-être animal, comme ici avec l'installation d'un matériel inattendu : 26 matelas pour vaches.
Conséquence : un mieux pour les articulations et les sabots des bêtes...

À l'autre bout de l'exploitation, ce bâtiment en bois tout neuf accueille une nursery pour protéger les veaux. Budget : près de 100 000 € dont 30% payés par l'Europe qui, là encore, y a vu un mieux pour l'homme et l'animal. 

Obligation faite aux éleveurs : l'affichage sur les façades du logo et du montant des aides financières venues de l'Europe. L'Europe, qui dans le cas de la famille Beurel, a donné un bonus pour favoriser l'installation de la jeune agricultrice.

"On aurait fait des investissements, mais pas tout, pense Catherine Beurel, la maman d’Océane et salariée GAEC la Gressue. On aurait du faire des choix. Comme la subvention était intéressante, on a engagé la totalité des travaux. Ce n’est pas dit que l’an prochain ou dans deux ans, on aurait eut les mêmes avantages à le faire"

En tout, rien que pour cette famille d'éleveurs laitiers bretons, une économie de plus de 50 000 € au titre des subventions européennes. 

4- Le FEAMPA, Le fonds européen pour les affaires maritimes, les pêches et l’aquaculture

Au Sud de la rade de Brest, un projet inédit a vu le jour  : une ferme marine, où naissent des espèces rares et locales, comme des pétoncles noirs, des huîtres plates ou des palourdes. Une écloserie qui a reçu l’aide de l’Europe.

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Au Sud de la rade de Brest, un projet inédit a vu le jour : une ferme marine, où naissent des espèces rares et locales, comme des pétoncles noires, des huîtres plates ou des palourdes. Une écloserie qui a reçu l’aide de l’Europe. ©France3 Bretagne

Quand on se promène dans le laboratoire, à l'abri de la lumière naturelle, des dizaines de tubes colorés dans lesquelles de l'eau salée est constamment aérée. À l'intérieur, des microalgues invisibles à l'œil nu sont en train de grandir...

Une nurserie atypique

Cela fait presque dix ans que Mathieu Hussenot travaille sur son projet de ferme marine avec deux salariés. Une nurserie atypique où il élève des coquillages en voie de disparition ou encore des espèces sauvages dont la reproduction n'est pas maîtrisée par l'homme.

Cette écloserie de juvéniles de coquillages a d'abord nécessité la mise au point de nombreux prototypes de production ou encore la création de toutes pièces d'équipements comme cette serre d'algues.

"On va produire en gros volume nos algues pour la nourriture des petites palourdes, confie Mathieu Hussenot, responsable ferme marine d'Arun. Ces deux gros bacs sont leurs biberons pour 24 heures".

5- FEAMPA : ici 80 000 € de fonds européen, soit près de la moitié du budget

Budget total de la ferme marine. 190 000 €. Sur cette somme, 80 000 €  ont été financés par l'Union européenne via le fonds FEAMPA qui accompagne notamment les projets dans les domaines de l'aquaculture.

Grâce à l'Europe qui entend bien concurrencer les pays asiatiques, Mathieu Hussenot a pu lancer la production de cette nurserie de palourdes d'élevages. Plus de 30 millions d'animaux grandissent ici pendant 4 mois environ avant d'être vendus aux professionnels de la conchyliculture. 

C’est une aide d’investissement dans le matériel qui est très importante pour des jeunes entrepreneurs, ça nous a permis aussi de rassurer les banques. Ces aides permettent à des jeunes entrepreneurs de prendre des risques de manière raisonnée et de tenter de développer des choses nouvelles et originales

Mathieu Hussenot, responsable ferme marine d'Arun

  Des subventions qui lui permettent de poursuivre ses recherches. Notamment concernant cette palourde poulette dont les gisements naturels sont presque épuisés. Un coquillage pourtant très recherché par les consommateurs du sud de l’Europe.

 

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