Construction durable, mobilités, sens au travail... Un forum pour comprendre ce que sont les emplois à impact

Les emplois à impact, ça vous parle ? Si ce n'est pas le cas, le premier forum qui y est consacré s'ouvre du mercredi 11 au jeudi 12 octobre, à Rennes. Objectif : montrer les manières de s'engager écologiquement et socialement dans son travail.

Le premier forum des emplois à impact se tient pendant deux jours à Rennes, en Ille-et-Villaine. Dès ce 11 octobre, le public peut découvrir des métiers qui prennent en compte les limites environnementales et redonnent du sens au travail.

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100 exposants sont conviés à cette première édition. Il s'agit d'entreprises, de coopératives, d'associations mais aussi de services publics et de collectivités. Public principalement visé par les organisateurs : les étudiants. "Il y a déjà 3 500 inscriptions, dont 2 000 pour les étudiants" indique Arthur Gosset, cofondateur de Séisme, l'association à l'origine de ce forum. Néanmoins, les professionnels et toutes les personnes qui souhaitent s'impliquer pour leur territoire sont aussi conviés. 

Lors de ces deux journées (avec accès à prix libre), les visiteurs pourront assister à des tables rondes, des ateliers de sensibilisation, voir des exposants exerçant un de ces métiers à faible impact sur l'environnement. C'est le cas par exemple de Kellig Emren, une entreprise de construction qui s'engage à bâtir de façon non polluante. 

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Une construction durable

Depuis neuf ans, Kellig Emren veut changer la façon de construire. L'entreprise valorise les matières premières qui ne polluent pas. "Il faut que les matériaux de construction soient durables, c’est-à-dire que la gestion de leur fin de vie ne soit pas un poids pour les générations futures et que le rayonnement économique local est fort" détaille Alexandre Pointet, ingénieur mécanique en construction biosourcée.

La société utilise du Miscanthus, qui est une plante, et non de la laine de verre ou du polystyrène pour l'isolation thermique dans les murs. Une matière première écologique, "qui intègre les agriculteurs car ils fournissent ce matériau biosourcé et qui est beaucoup utilisée dans la rénovation des bâtiments anciens, car ils sont sains et qu'ils 'respirent'". 

Kellig Emren s'insère dans le monde des métiers à impact, "puisqu'elle a changé de modèle économique" explique ce responsable d'entreprise. "La compétence scientifique et technique est relocalisée : il y a des liens entre le milieu scientifique et les agriculteurs pour caractériser les matières premières, ajoute Alexandre Poinet. Le milieu scientifique reprend ces matériaux pour établir les performances thermiques. Il ne faut pas oublier que ça redéfinit la participation des collectivités territoriales et que cela recrée des filières locales". Il revendique "une production des matériaux de construction adaptée aux ressources effectives présentes sur le territoire, et non l'inverse. On part de la matière et on dessine un matériau avec les ressources présentes".

Pour l'entrepreneur, cela "implique plus de temps passé sur la recherche et développement, car il faut connaître davantage les caractéristiques de la matière première". Un temps en plus, mais qui s'explique par la volonté de trouver des performances thermiques et une résistance mécanique qui soit équivalente aux autres matériaux utilisés jusqu'ici.

Treize thèmes et des maquettes grandeur nature 

D'autres acteurs seront présents au cours des deux jours. Parmi les stands, celui de la coopérative Windcoop. "Elle compte montrer les possibilités du transport de marchandises par la voile. La coopérative exposera même une maquette de son voilier sur place. La question que pose cette entreprise, c'est comment décarboner le transport maritime" souligne Arthur Gosset.

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L'entreprise Goeland Cycle, basée à Lorient dans le Morbihan présentera quant à elle "des vélos construits à partir de matériaux de récupération". De son côté, la coopérative Toutenvélo, spécialisée dans la logistique en ville, montrera comment elle réussit à utiliser le vélo "pour des déménagements ou des livraisons". 

"Le forum permet de rencontrer des structures qui agissent pour plus de justice écologique et sociale, sur le territoire, indique Arthur Gosset. Il s'organise autour de 13 thématiques, comme la construction durable ou encore les territoires et les mobilités. L'idée générale, c'est d'exposer les métiers à impact. On peut les définir comme ceux qui contribuent directement à construire une société plus soutenable, qui intègre les limites planétaires."

Pour lui, la question environnementale et sociale doit être mise plus en valeur. C'est une des raisons de la tenue de ce forum : "Ce sont les contraintes biophysiques environnementales. Pour vous donner une idée, il existe neuf limites planétaires. Nous en avons déjà dépassé sept. Ces indicateurs comprennent entre autres le taux de carbone dans l'atmosphère."