Rassemblement contre l'antisémitisme : À Rennes, déception dans la foule "je suis venue en pensant trouver une vraie manifestation"

Ce dimanche 12 novembre 2023, un appel au rassemblement contre l'antisémitisme est lancé dans toute la France. À Saint-Malo, entre 1 000 et 1500 personnes se sont rassemblées. À Rennes, plusieurs élus se sont rassemblés devant l'Hôtel de la Préfecture avant un moment tendu par la prise de parole du mouvement "France Réveille-toi".

L'association des maires de France a appelé à se rassembler ce dimanche 12 novembre 2023 devant les préfectures contre l'antisémitisme. Dans un tweet, la maire de Rennes Nathalie Appéré a confirmé sa présence devant l'institution. Le rassemblement a eu lieu à 15h devant l'Hôtel de la Préfecture, rue Martenot, en même temps que la "Marche civique" à Paris. Celle-ci a été organisée à l'appel de Gérard Larcher, président du Sénat, et de Yaël Braun-Pivet, présidente de l'Assemblée Nationale.

Deux autres associations se joindront au rassemblement de l'AFM : le groupe Jules Isaac, groupe rennais de l'amitié judéo-chrétienne de France, et l'Association "France Réveille-toi".

16h : la manifestation se termine à Rennes

Peu avant 16h, le rassemblement se disperse un peu dans la confusion et avec de la déception. Malgré tout, un rassemblement avec une symbolique forte, et en particulier à Rennes, comme nous le rappelle Joël Thierry, président du groupe Jules Isaac : "Manifester aujourd’hui, ça a un sens fort à Rennes, car pendant le procès en révision de Dreyfus, il y a eu des actes antisémites."

« Maintenant, j'espère que la France rayonnera de sa plus belle lumière »

Serge Sakoun, président de la communauté juive de Rennes

"À l’appel de l’AMF35, nous étions nombreux à Rennes cet après-midi pour dire notre indéfectible attachement aux valeurs de la République. Ensemble pour ne rien céder à l’antisémitisme, au racisme et à la haine de l’autre", a écrit Nathalie Appéré, sur X (ex-Twitter).

À Rennes, pas de tension contrairement à Paris où des dizaines de milliers de personnes se sont rassemblées. La présence de l'extrême droite y a été la source de quelques tensions. Un groupe de militants de l'organisation juive de gauche Golem a essayé de s'opposer à sa participation au début de la manifestation.

15h45 : Près de 1 000 personnes à Rennes

Pas de marche à Rennes, la manifestation, qui compte quelque 1 000 personnes, restera statique. Un rassemblement qui réunit toutes les religions et toutes les confessions : "On devrait tous être motivé, car on est tous concernés. L’histoire nous relate qu'à force de ne rien dire, il est arrivé, ce qu’il est arrive. Les causes sont différentes, mais les résultats sont les mêmes. Pour l’instant ce sont les juifs, mais demain ça peut nous arriver. J'ai fat ce que j’avais à faire en tant que citoyen. J’aurais bonne conscience", déclare Yann.

Le président de la région Bretagne, Loïg Chesnais-Girard était présent au rassemblement. 

"La France connaît un nombre d’actes antisémites alarmants. En tant qu’élu, en tant que citoyen, je serai présent cet après-midi pour dire que l’antisémitisme, c’est non, pour défendre les valeurs de notre pays. Pour la République," a-t-il écrit dans un autre tweet.

15h30 : déception dans les rangs du rassemblement rennais

"Je suis venue en pensant trouver une vraie manifestation. Mme la maire n’avait pas de micro, on n'a rien entendu. Rien n’était prévu", déplore ainsi Hélène. Même tonalité du côté de Christophe : "Là, c'est statique et on oublie le sujet. On ne sait pas qui est là. De la part d’un maire, on attend quelque chose de pointu. Aucune structure organisationnelle, sur un sujet très important. Je suis très en colère. On a un président qui ne descend pas dans la rue, ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu’il ne soutient pas les juifs de France ?", se questionne-t-il.

15h15 : À Rennes, alors que la manifestation reste sur place, un groupuscule d'extrême droite, "France réveille-toi" tente, selon notre journaliste, de prendre un micro. Des prises de parole non prévues. La maire de Rennes, Nathalie Appéré est alors intervenue en prenant la parole, mais sans micro et très peu audible par la foule.

15h : début du rassemblement à Rennes


À Rennes, le rassemblement est prévu à 15h devant la Préfecture Martenot, à l'appel des maires de France.

« Nous sommes tous là pour la même raison. Soyons digne, stop à l’antisémitisme »

Serge Sakoun, président de la communauté juive de Rennes

"Nous avons la police devant la synagogue, la bibliothèque, l’église, Devant chez moi… Nous sommes très bien lotis à Rennes" ajoute encore le président de la communauté juive de Rennes.

Le Mouvement de la Paix appelle lui aussi à se mobiliser contre l'antisémitisme et à rejoindre les manifestations. L'association "exprime son indignation face à la multiplication des actes antisémites, ou islamophobes, et de tous les comportements racistes et discriminants. Par ailleurs, écrit-il dans son communiqué, il convient de réaffirmer qu’aucune communauté ne peut être tenue responsable, ni stigmatisée pour les actes d'un gouvernement ou d’un groupe politique. À cet égard, dans sa lutte pour la paix au Proche-Orient, le Mouvement de la Paix entretient des relations amicales et constructives avec les Palestiniens, les Israéliens, les juifs, les chrétiens, les musulmans, les athées... Notamment à travers leurs organisations respectives ou communes, en particulier israélo-palestiniennes, qui luttent ensemble pour la paix au Proche-Orient."

12h30 : Selon le Télégramme, 600 personnes se sont rassemblées place de la Liberté à Brest et 500 à Quimper.

11h30 : Un millier de personnes à Saint-Malo

À Saint-Malo, le maire de Saint-Malo, Gilles Lurton, avait appelé à une marche citoyenne silencieuse. Dans les rangs, une marseillaise s'est élevée. Que tous ont repris en chœur. Nadine en a eu les larmes aux yeux. "Je suis là parce qu'il y a une histoire, parceque je suis française et que je ne reconnais plus mon pays". 

Entre 1 000 et 1 500 personnes se sont rassemblées sur l'Esplanade Saint-Vincent pour s'élancer vers l'Esplanade de l'Europe, à la gare. L'édile de la commune a défilé au premier rang.

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Entre 1 000 et 1 500 personnes se sont rassemblées à Saint-Malo, ce dimanche 12 novembre 2023, contre l'antisémitisme. ©Séverine Breton et Jean-Michel Piron

"L'antisémétisme n'est pas né là depuis les événements que l'on connait à partir le 7 octobre. Je rappelle que le procès Dreyfus qui a été à l'origine de la création de la Ligue des Droits de l'Homme, c'est en 1898. Et il y avait déjà même avant des actes antisémites. Donc on sent quand même que c'est quelque chose qui court un petit peu et dès qu'une occasion se présente les vieux démons ressortent", précise Eric Trinité, président de la Ligue des Droits de l'homme de Saint-Malo et du pays malouin.

Pour Virginie, "il faut pas oublier ce qu'il s'est passé avant. Aujourd'hui il faut pas que l'histoire reviennent". "C'est pas parcequ'on est différent qu'on doit faire la guerre", a déclaré Chloe de son jeune âge.

Manifestations samedi "contre la guerre" entre Israël et le Hamas

Ce samedi 11 novembre, près de 2 000 personnes ont défilé dans les rues de toute la Bretagne pour demander un "cessez-le-feu" à Gaza. À Rennes, ils étaient 1 500 à dénoncer les bombardements sur l'enclave palestinienne.

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Les manifestations ont rassemblé une centaine de personnes à Guingamp, 250 personnes à Vannes, 150 personnes à Redon et 400 personnes à Quimper. 1 159 actes antisémites ont été recensés en France depuis le 7 octobre, date de l’attaque d’Israël par le Hamas.