Dissolution du groupe ultragauche Défense Collective : une centaine de manifestants à Rennes

Une centaine de manifestants ont défilé, ce jeudi 4 avril 2024 en soirée dans les rues de Rennes, pour dénoncer la dissolution du mouvement d'ultragauche Défense collective (DefCo). Interdite, la manifestation s'est déroulée sous étroite surveillance policière.

Ils s'étaient donné rendez-vous en toute fin d'après-midi place Sainte-Anne, ce 4 avril 2024, lieu de rassemblement de nombreuses manifestations de contestation à Rennes. Une centaine de manifestants, la plupart très jeunes, tenaient à dénoncer la dissolution du mouvement d'ultragauche Défense collective (DefCo). Selon une journaliste de l'AFP, de petites échauffourées ont éclaté avec la police, déployée en masse.

La préfecture d'Ille-et-Vilaine avait pris un arrêté dans la journée pour interdire tout rassemblement en ville ce jeudi soir. Le même arrêté avait été déjà pris la veille après l'annonce de la dissolution du groupe.

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Des forces de l'ordre en masse

Les manifestants ont ensuite été orientés par les forces de l'ordre vers des rues éloignées du centre-ville, tout en scandant des slogans comme "tout le monde déteste la police", avant d'être divisés en deux cortèges par les policiers.

"En fait, il y a deux nasses, on va être mal s'ils chargent" commentait une manifestante, tandis que d'autres chantaient pour encourager les mouettes à attaquer un drone et à "chier sur les policiers". Huit fourgons de police avec gyrophares suivaient les manifestants.

"Vingt-six personnes ont refusé de décliner leur identité pendant un contrôle. Elles sont conduites au poste de police pour vérification d'identité et seront verbalisées pour participation à une manifestation interdite par arrêté préfectoral", a indiqué la préfecture d'Ille-et-Vilaine, qui n'a fait état "d'aucune dégradation".

Un mouvement d'ultragauche dissous 

Le mouvement rennais d'ultragauche DefCo a été dissous le 3 avril 2024 par le Conseil des ministres. 

Fondé en 2016 au moment de la contestation contre la loi Travail, il se présente comme "un groupe entièrement ouvert et public, autonome des organisations politiques, indépendant des commissions et des assemblées", et qui assume "des discours critiques sur la police et la justice".

Le mouvement défend "une vision émancipatrice de la lutte" grâce à des "ateliers juridiques et stratégiques" ou grâce "à la distribution de matériel de protection et de conseils en manifestation et en assemblées"