Elan de solidarité avec les réfugiés syriens : comment les aider ?

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Avec l'arrivée croissante de réfugiés syriens les associations font face à un élan de générosité de nos concitoyens : don d'argent, de vêtements ou de mobilier ? Certains souhaitent même accueillir chez eux une famille de réfugiés. Mais attention ça ne s'improvise pas.

Pendant que les chefs d'états peinent à prendre des dispositions pour faire face à cette catastrophe humanitaire, bon nombre de citoyens européens réagissent individuellement mais que faire, comment venir à l'aide?

Les associations très sollicitées

Contactée ce matin, l'association "un toit un droit" s'étonne que son téléphone ne cesse de sonner Les interlocuteurs s'interrogent sur la façon de s'y prendre pour faire des dons, proposer des vêtements ou un hébergement. Les communications avec la plupart des associations souffrent d'encombrement... Loin de vouloir faire retomber cet élan de générosité notre interlocutrice, Carole Bohanne, rappelle cependant quelques fondamentaux : "Pour des dons de vêtements ou matériels il faut s'adresser aux associations spécialisées comme le Secours Catholique, ou Emmaüs qui disposent de centres de tri et de boutiques. C'est vers eux que les associations au contact de réfugiés orientent les personnes qui ont de tels besoins."

Pour les dons il faut se diriger vers des organismes reconnus ou des associations plus modestes dont on aura vérifié la fiabilité.

Accueillir ne s'improvise pas facilement

Le 7 août nous avons rencontré l'association "Tabgha Solidarité" (tabgha.solidarité@gmail.com) fondée en 2015 par la paroisse Jean-Paul II. L'initiative est parti d'un noyau de quelques paroissiens de Saint-Grégoire près de Rennes sensibilisés par l'appel des évêques de France. Dès la première réunion, elle a réuni 50 personnes.

Aujourd'hui une quarantaine de laïques se sont investi avec eux dans une première expérience pour accueillir des Chrétiens d'Orient ayant échappé aux massacres dans la région de Mossoul.

"Pour offrir un hébergement il ne faut pas improviser seul. Il faut un encadrement collectif et certaines compétences" explique Lise Berthault est l'une des fondatrices de Tabgha Solidarité, "Il ne faut pas perdre de vue que les réfugiés ont d'abord besoin d'être écoutés et qu'ils souffrent souvent de la barrière de la langue. Il s'agit d'abord de rapports humains il faut donc disposer de temps. Il est très important que les réfugiés puissent exprimer ce que sont leurs priorités pour pouvoir y répondre et les guider vers des solutions."

Avant et pendant leur long périple ils ont souvent souffert des pires situations et leur santé est parfois fragile. "N'oublions pas qu'ils fuient la guerre et la répression et ont parfois subi des traumatismes" poursuit Lise Berthault, "il faut respecter leur parcours et savoir garder un peu de distance."

Une fois chez nous, ils ignorent souvent tout de nos coutumes et nous des leurs. Il est donc indispensable d'échanger avant de leur offrir des compétences pour les accompagner dans leurs démarches administratives. Mais la première étape de l'intégration c'est d'apprendre le français. Bernard Barré Le président de Tabgha Solidarité: "L'objectif est de les aider à retrouver leur autonomie, à s'intégrer : ils ont souvent un bagage professionnel, des savoir-faire et des diplômes mais pour trouver un travail il faut au moins acquérir la langue parlée. Des bénévoles expérimentés seront plus efficaces."

L'association " Bienvenue ! "  est elle aussi plus sollicitée aujourd'hui, et vient de recevoir deux offres d'hébergement de particuliers. "Ce n'est pas ordinaire, d'habitude on a plutôt du mal à trouver des gens qui aient une volonté réelle de s'investir" témoigne Jacques Darlot, son président. "Les accueillants offrent de l'espace, un lit, une cuisine, mais surtout du contact comme le partage de repas et une aide à l'insertion dans la ville ou au rapprochement avec les travailleurs sociaux" explique-t-il.

Jusqu'à présent l'association fonctionne avec une douzaine de familles qui accueillent des migrants, ils offrent des solutions de logement temporaire au maximum de trois mois quand les dispositifs de l'état (115 ou CADA) ne suffisent plus. 

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Accueillir des migrants chez soi