Explosion des prix du gaz. Une catastrophe pour les productions sous serres chauffées. "C’est comme si le gasoil était à 10 € le litre."

Certains producteurs de tomates sous serres chauffées se voient obligés d'arrêter le chauffage pour éviter la faillite. En cause : la multiplication par 10 des prix du gaz depuis le début de la guerre sur le sol ukrainien le 24 février.

Les yeux rivés sur son ordinateur, Christophe Rousse surveille les prix du gaz. Les traits tirés, ce producteur de tomates sous serres chauffées ne peut cacher son inquiétude face à la flambée des cours de l'énergie, conséquence directe du conflit en Ukraine. "Il y a des pointes à 220 €/MWh, montre-t-il. Le marché se redétend aujourd’hui mais on oscille toujours entre 150 et 200 €/MWh." 

Doubler le prix de vente des tomates 

"Les prix du gaz ont été multipliés par 10 par rapport aux trois dernières saisons, poursuit l’exploitant. C’est comme si le gasoil était à 10 €/litre."

Avant la guerre en Ukraine, les prix du gaz représentaient 25% du coût de revient des tomates. Avec les cours actuels de l’énergie, il faudrait multiplier le prix de vente des tomates par 2 ou 3 pour que les maraîchers rentrent dans leur frais. "Impossible", selon Christophe Rousse.       

Couper le chauffage dans les serres

Alors pour tenter de "stopper l’hémorragie" et de sauver son exploitation, il a coupé le chauffage dans ses 3,5 ha de serres. "On aura beaucoup moins de production, mais c’est une question de survie." 

Installé depuis 27 ans à Nouvoitou, à une quinzaine de kilomètres de Rennes, Christophe Rousse, regrette d’avoir lancé une production cette année. "Si on avait su [qu’il y aurait un conflit], on aurait laissé les serres vides. On aurait perdu de l’argent mais pas beaucoup."   

Le cri du désespoir 

Pour garder la tête hors de l’eau, les producteurs de tomates sous serres chauffées, souvent endettés par de lourds investissements, ont sollicité des aides publiques auprès du préfet, du ministère de l’Economie et des Finances, du ministère de l’Agriculture ou de la Région Bretagne. Mais pour l’instant, Christophe Rousse reste amer, habité par le sentiment que ces différents acteurs se renvoient la balle.

"On est remontés, conclut-il. On va faire une deuxième relance auprès du ministre de l’Economie, Bruno Lemaire, parce que les prix du gaz dépendent de son ministère. Mais là c’est vraiment le cri du désespoir."  

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