Gymnastique acrobatique : quand les graines de champion défient l'équilibre

Finlay et Bastien composent une figure / © DR
Finlay et Bastien composent une figure / © DR

C’est un sport méconnu et peu médiatisé et pourtant, la gymnastique acrobatique est particulièrement spectaculaire. Les gymnastes du Cercle Paul Bert de Rennes préparent leur première compétition, les 25 et 26 janvier prochain à Melun. 

Par Isabelle Rettig


Après la trêve de Noël, l’entraînement a repris au Cercle Paul Bert de Rennes pour les gymnastes du club de gymnastique acrobatique. Et le calendrier est chargé pour les meilleurs qui préparent les championnats de France et même les Championnats du Monde des 11-16 ans, pour le trio féminin.


Des sportifs de haut niveau


Lisa et Charlotte, 14 ans et Tess, 10 ans s’entrainent ensemble depuis un an mais ont déjà consacré entre sept et neuf années de leur vie à la gymnastique malgré leur jeune âge. Chaque semaine, elles passent entre 12 et 13 heures dans la salle du cercle Paul Bert pour répéter inlassablement les mêmes exercices, porters, pyramides ou acrobaties qui constituent la base de l’acro gym. Souriantes, toutes les trois espèrent être retenues dans le groupe France, pour disputer en mai prochain les championnats du monde de la discipline des 11-16 ans, épreuve qui se déroulera à Genève, en Suisse.

Ce serait pour elles la consécration de leur jeune carrière avant de gravir un jour peut-être, les marches jusqu’aux épreuves séniors. Mais toutes les trois le savent, la route est longue avant d’espérer suivre un jour les traces d’Alizée Costes, la jeune rennaise qui en 2014 a eu la chance de participer au Championnat du monde sénior. Avec ses deux coéquipières, Madeleine Bayon et Noémie Nadaud, elle a pris la septième place de l’épreuve. Aujourd’hui, Alizée, diplômée d’un master en évènementiel, consacre du temps à entrainer bénévolement les jeunes gymnastes du club rennais.

Un club au sein duquel on trouve d’autres graines de champions comme Bastien, 14 ans, médaillé de bronze aux derniers championnats d’Europe en Israël en duo masculin. Malheureusement, depuis, Finlay, son coéquipier s’est blessé et Bastien a dû changer de partenaire. Il s’entraine désormais avec Willow, 9 ans et  a dû passer du rôle de voltigeur à celui de porteur, malgré son petit gabarit.


Une discipline exigeante mais pas encore olympique


Car la gym acrobatique réunit des gymnastes, garçons et filles, de tous âges qui peuvent trouver leur place dans la composition des duos (duos hommes, femmes ou mixtes) trios(uniquement des femmes) ou quatuors (uniquement des hommes). Les plus grands sont les porteurs et les plus petits, les voltigeurs.

La gym acrobatique se pratique sur un tapis de 12 mètres de côté et en compétition, les gymnastes doivent réaliser des exercices libres statiques, dynamiques et combinés qui  durent 2 minutes 30 secondes.

Certaines figures appelées pyramides, basées sur l’équilibre, sont particulièrement spectaculaires. La Fédération Internationale des Sports acrobatiques, qui outre la gymnastique acrobatique regroupe aussi le tumbling et le trampoline, a été créée en 1973 avant d’être reconnue comme discipline en 1985 par le Comité International Olympique. Pourtant, à l’inverse du trampoline, la gymnastique acrobatique n’est toujours pas une discipline olympique. Un vrai handicap pour ce sport qui souffre d’un déficit de notoriété et de moyens comme le constate Sandrine Bouvet, la responsable du club et ancienne sportive de haut-niveau qui entraine les gymnastes depuis les tous débuts.


Trente ans d’expérience


À Rennes, la gymnastique acrobatique est pratiquée depuis 1986, date à laquelle la capitale bretonne avait accueilli les Championnats du Monde de sports acrobatiques (également en 92). Le Cercle Paul Bert est le seul club breton à proposer ces disciplines et l’un des tous meilleurs clubs français. Ici, le recrutement commence dès l’âge de 5-6 ans avec l’école d’acrobatie. Chaque mercredi après-midi, une nuée de bouts de choux envahi les tapis pour apprendre à faire la roulade ou à sauter sur un trampoline. La détection peut ainsi se faire dès le plus jeune âge pour que les plus doués aient un jour la chance d’atteindre le très haut niveau. Au total, le club de sports acrobatiques rennais compte 300 licenciés.

 

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