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La Cimade dénonce la "multiplication des placements en centre de rétention" comme à Rennes

Dans un communiqué, la Cimade dénonce la situation dans les centres de rétention administrative (CRA), comme celui de Rennes, où se multiplient les placement d'étrangers qui cherchent à gagner la Grande-Bretagne. Ce que l'association considère comme "une pratique administrative illégale". 
La Cimade, (Comité inter mouvements auprès des évacués), association qui intervient auprès des étrangers et des réfugiés pour faire reconnaître leurs droits, dénonce dans un communiqué la situation au Centre de rétention de Saint-Jacques-de-la Lande, près de Rennes, où les placements se multiplient.

"Démanteler Calais, ne fait que reporter le problème ailleurs"


Depuis le démantèlement d'une partie de la "jungle" de Calais, des étrangers qui cherchent à gagner la Grande-Bretagne "se regroupent autour d'autres points de passage", notamment sur les côtes de la Manche: "aux abords des ports de Ouistreham (Caen) et de Cherbourg, en premier lieu, mais aussi de Roscoff, Saint-Malo, Le Havre, Dieppe ou même de petits ports de l'ouest du Cotentin (...) Démanteler Calais ne fait que reporter le problème ailleurs, de façon plus diffuse", déplore l'association.
Les interpellations "se multiplient dans les ports et alentours", suivies d'un placement en CRA, "une pratique administrative illégale : enfermer ces personnes dans des centres de rétention" a "pour seul objectif réel de les disperser et de les dissuader de revenir vers ces ports", écrit l'association.

Multiplication des enfermements 


La quasi totalité de ces étrangers ne sont pas expulsables et sont remis en liberté. Au CRA de Saint-Jacques-de-la-Lande, dans la banlieue de Rennes, La Cimade "est témoin de ces abus: depuis janvier, près de 140 exilés ont ainsi été enfermés au lieu d'être protégés", parmi lesquels des "mineurs isolés" ou d'autres personnes "qui venaient juste de gagner le Royaume-Uni qui les a réfoulés vers la France", indique le communiqué.
Sur les 372 personnes enfermées au CRA de Rennes depuis le début de l'année, "119 personnes l'ont été après avoir été interpellées dans un port" de la Manche, a précisé à l'AFP Riwanon Quéré, permanente de La Cimade dans ce centre de rétention, où les Iraniens, les Afghans et les Irakiens constituent les premières nationalités représentées.

La Cimade a interrompu symboliquement ses activités au CRA, du 18 au 20 avril


"La multiplication  des placements en rétention de ces personnes" cherchant à gagner la Grande-Bretagne "a engendré une dégradation très forte des conditions d'intervention de La Cimade" au CRA de Rennes. Les tensions liées à cette situation ont amené les deux permanents de l'association à cesser leur activité du 18 au 20 avril au CRA, car ils ne s'estiment plus en mesure "d'assurer de façon satisfaisante (leur) mission d'accompagnement" des étrangers en rétention. Une action symbolique.
"Ces personnes doivent être protégées avant tout. L'administration doit cesser ces pratiques illégale de détournement de l'enfermement à des fins de dissuasion et de dispersion des migrants", a ajouté Riwanon Quéré.
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