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Lait : le circuit court comme salut ?

© France 3 Bretagne
© France 3 Bretagne

Alors que la loi EGALIM sur l'alimentation vient de poser concrètement la question de la rémunération des producteurs, certains agriculteurs optent déjà pour la vente en circuit court : une façon d'échapper à la pression des industriels et de la grande distribution. 

Par Eric Pinault

Vendre tout ou une partie de sa production à la ferme, ou démarcher soi-même les magasins pour y faire référencer ses produits, les agriculteurs se mettent à la vente en circuit court. Ce phénomène reste toutefois timide, notamment dans le secteur du lait, ultra-dominé par les grosses laiteries.

D’une manière générale le circuit court n’a pas été regardé de très près par les chambres d’agriculture qui ne dispose que de très peu statistiques. Une donnée toutefois : seulement 220 fermes laitières en Bretagne, environ 300 dans les Pays de la Loire, une région qui compte près de 7 900 exploitations produisant et livrant du lait de vache et 320 du lait de chèvre.

A Montreuil-le-Gast en Ile et Vilaine, Yves Simon a repris l’exploitation bio de ses parents il y a 14 ans et a construit son atelier de transformation juste à côté de la salle de traite. Il en sort chaque jour 10 000 à 25 000 petits pots de yaourt, semoule et autres desserts lactés. Sur les 450 000 litres de lait produits par ses 70 vaches, il en transforme 400 000. Sans dévoiler son chiffre d’affaires, Yves assure qu’il valorise son litre de lait à 54 centimes quand la laiterie le lui achèterait 47.
 
Lait : le circuit court comme salut ?
Un reportage de E. Pinault, B. Van Wassenhove, F. Bobet, PE. Cally, R. Gurgand, J. Le Quiniou / avec Yves Simon, Ferme du P'tit Gallo - Sylvia Goisbault, Présidente du drive fermier - Marc Sabin, Ferme des Epiés

Son exploitation de 95 ha et 70 vaches faisait vivre ses parents, avec la transformation et la vente en circuit court elle permet aujourd’hui de salarier douze personnes ! C’est un exemple de réussite qui ne doit pas masquer d’autres échecs et tout au moins certaines difficultés: formation à la production, à la vente, au markéting. Il faut aussi apprendre à gérer du personnel, à établir fiches de paie et factures. In fine, la satisfaction c’est de retrouver la maîtrise du prix. 
 

Avant la laiterie ou le marchand de petits veaux me disaient combien il m’achetaient mes produits dit Yves. Aujourd’hui c’est moi qui fait et émet les factures, environ 200 par mois.


Yves se souvient qu’autrefois ses grands-parents vendaient directement leur beurre dans le voisinage. Bref le circuit court n’est pas une invention récente. Pourtant aujourd’hui les exploitations laitières qui se sont lancées restent peu nombreuses. Un modèle à réinventer sans doute, mais c’est un autre métier qui réclame formation et investissement
 

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