Le Manoir de l'Automobile de Lohéac vend aux enchères quelques bolides de rallye pour mieux tenir la route

C'est une belle vente qui s'annonce ce vendredi. Toute une collection de voitures de groupe B, issues du meilleur de la technologie des années 80, est au catalogue de Artcurial Motocars. Un lot exceptionnel qui pourrait tenter de riches collectionneurs, pérenniser un musée et rassurer Lohéac.

Ce vendredi 5 février, le Manoir de l’Automobile de Lohéac (Ille-et-Vilaine), va mettre aux enchères neuf véhicules de collection, dont sept voitures emblématiques du groupe B. Il s’agit de sportives qui ont été pilotées par les plus grands champions avant l’arrêt de cette catégorie de rallye en 1986 jugée trop dangereuse.

Les enchères sont organisées ce vendredi vers 16 heures à Paris par Artcurial Motocars, dans le cadre de la vente « Parisienne 2021 » qui s’adresse à une clientèle internationale. 42 véhicules sont au catalogue et les enchères se feront aussi par téléphone et en ligne.

Cette collection de groupe B (les lots 6 à 12 du catalogue),  a été constituée par Michel Hommell,  fondateur du musée et du rallycross de Lohéac, et par Olivier Quesnel, ancien directeur des départements compétition de Peugeot Citroën, ami et collaborateur de Michel Hommell.

  • Lot 6          Ford RS200 usine de 1986 acquise par Olivier Quesnel                                         estimation 250 à 400 000 €
  • Lot 7         Peugeot 205 T16 Évolution2 de 1985 a été conduite par Bruno Saby                    estimation 600 à 800 000 €
  • Lot 8         Lancia Delta S4 de 1986 a été conduite par Bruno Saby                                         estimation 600 à 800 000 €
  • Lot 9         Audi Sport Quattro S1 de 1988 a été conduite par Walter Röhrl                            estimation 1 000 000 - 1 300 000
  • Lot 10       MG Metro 6R4 de 1985 conduite par le champion du monde Didier Auriol         estimation 280 000 - 360 000 €
  • Lot 11       Renault 5 Maxi Turbo de 1985 a été conduite par Carlos Sainz                             estimation 400 000 à 600 000 €
  • Lot 12      Lancia 037 de 1985 a été conduite par Fabrizio Tabaton                                        estimation 500 000 - 800 000 €

Deux autres voitures du musée sont en vente :

  • Lot 13       BMW M3 Evo 2 de 1988
  • Lot 14       Peugeot 203 Torpédo Tour de France de 1954

 


 

L’histoire d’un entrepreneur et d’un village

Lohéac, en Ille-et-Vilaine, c’est le temple breton de l’automobile, à 40 kilomètres de l’usine Citroën de la Janais. Ici les quelque 700 habitants du village sont presque dérangés par le silence permanent qui a pesé sur toute la saison 2020 et perdure encore. Eux leur truc c’est plutôt le vrombissement des moteurs.

C’est en effet ici, à Lohéac, que Michel Hommell s’est installé dans les années 70-80  pour construire un musée de l’automobile à la hauteur de sa passion pour les bolides. Il faut dire qu’il a aussi piloté dans sa jeunesse, en compétitions, avant de lancer en 1968 le magazine Échappement, spécialisé dans les sports mécaniques. Un succès qui va faire de lui le patron d’un groupe de presse qui comptera 25 titres. C’est aussi à Lohéac qu’il organise en 1976, la 1ère compétition de rallycross qui deviendra en 2014 la manche française du Championnat du monde FIA.

De 1994 à 2003 c’est toujours à Lohéac que Michel Hommell construira cette fois une voiture : la Berlinette Échappement puis la RS et la RS2. En plus du circuit de rallycross qui attire chaque année jusqu’à 80.000 spectateurs, un circuit bitume permet de prendre des cours dans différentes écoles de pilotage : pour la compétition, la sécurité routière ou l’éco conduite. Ce site avec ses grands espaces et ses circuits offre du spectacle et du rêve aux visiteurs et accueille bien d’autres manifestations comme l’Autobrocante.

Procédure de sauvegarde

Ces dernières années, le groupe de presse de Michel Hommell, constitué de nombreux magazines a dû faire face successivement à la concurrence du numérique, à la baisse des ventes de presse écrite, puis en 2020 à la faillite du distributeur Presstalis et au recul des ventes cette fois lié au confinement.

La liquidation prononcée, les titres seront presque tous repris mais l’homme d’affaires est fragilisé. Dès juillet 2020 il place la Société du Manoir de l’Automobile en procédure de sauvegarde.

Avec cette vente aux enchères l’entrepreneur cherche sans doute à conforter la trésorerie de la Société du Manoir de l’Automobile en attendant la fin du confinement. La Société du Manoir de l'Automobile emploie 8 personnes et est indépendante de la société d’édition et de presse de Michel Hommell.

Le Manoir de l’Automobile un écrin pour 400 véhicules de collection

Depuis sa jeunesse Michel Hommell collectionne et restaure les engins de toutes les époques, depuis des voitures hippomobiles jusqu’aux Formule 1 en passant par les De Dion Bouton, Panhard, R8 Gordini, Traction, et autres Dauphine pour ne parler que de voitures Françaises. Il y a des salles dédiées aux ancêtres, aux sportives…

Des voitures de rêves pour tous les curieux. Autant dire aujourd’hui que Lohéac vit avec et autour de ce musée car le collectionneur travaille avec des artisans des environs dans de nombreux domaines, et surtout les visiteurs génèrent des nuitées et des retombées économiques qui font vivre les commerces du bourg.

Aujourd’hui le musée est en sommeil pour cause sanitaire et prépare sa relance

Dans l’enceinte du musée, sur le circuit, seules les écoles de pilotage ont encore un peu d’activité sur la piste bitumée. Comme partout, les pilotes travaillent dans les limites des décisions gouvernementales. Depuis un an, seuls les professionnels ont droit à des cours de pilotage en respectant les règles sanitaires.

Mais dans le musée le travail continue. " Le départ de neuf voitures a été l’occasion de repenser certaines dispositions du musée, et de puiser dans les réserves qui compte une centaine de voitures jamais exposées. L’autre avancée a été la mise en place d’une billetterie sur Internet." explique Axelle Hommell.

Quant au circuit du rallycross de Lohéac, il est tout à fait indépendant du musée, il est géré par Patrick Germain avec de nombreux bénévoles. Aucune crainte de ce côté, mais aucune course non plus dans l’année 2020 : la saison a été stoppée nette en mars dernier par le confinement et pour l’instant aucune date de reprise ne peut être fixée.

 

 

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