A Pâques, "Quarantaide", la chaîne de solidarité de la Société Saint-Vincent-de-Paul plus que jamais mobilisée

Face à la pandémie, une véritable chaîne de solidarité s'est mise en place à travers le pays. A Rennes, la Société Saint-Vincent-de-Paul, association caritative laïque catholique, apporte son maillon sous la bannière Quarantaide. En ce week-end de Pâques, les bénévoles sont sur le pont. 
© PHOTOPQR/L'ALSACE/MAXPPP
Pas de trêve pascale pour les bénévoles de l'association Saint-Vincent-de-Paul à Rennes

Depuis le début du confinement, une ligne téléphonique a été mise en place, ouverte tous les jours de 8 heures à 22 heures. Il suffit de composer le 02 99 36 16 19, le numéro du standard de l'association. Les bureaux sont bien évidemment fermés, mais les appels sont redirigés vers le portable des bénévoles qui se relaient pour rester à l'écoute. 
 

Un besoin de parler


"Nous sommes une quarantaine à assurer des permanences de deux heures", raconte Manuel Rémond, le président pour l'Ille-et-Vilaine de l'association. 

"Au début, il y a surtout eu des appels pour des questions très pratiques liées au confinement, notamment concernant les attestations de sortie. Et puis, très vite, on a eu des gens qui avaient juste besoin de parler, parce qu'elles étaient seules, parce que l'actualité les déprimaient. En fait, chaque appel est différent".
 

Un tel élan de solidarité, ça surprend quand même


Au bout du fil, il y a les personnes qui ont besoin d'aide. Et puis il y a ceux qui veulent s'engager, donner un coup de main. "Je suis un peu surpris par le nombre d'appels de personnes qui demandent coment elles peuvent nous aider. Oui, un tel élan de solidarité, ça surprend", s'étonne encore Manuel.
 
Mais ces nouveaux bras sont les bienvenus pour assurer par exemple la distribution de colis alimentaires. Pour des familles qui n'ont plus accès aux Restos du Coeur. Mais aussi pour des personnes âgées qui n'osent plus sortir. "On fait la liste des courses par téléphone", explique Manuel "et puis on vient livrer à domicile, en déposant les paquets devant la porte".
 

Garder le lien avec les autres bénévoles


Le lien se fait également entre bénévoles, certains se retrouvant eux aussi isolés durant ce confinement. C'est la mission de Jacques de la Masselière, salarié de la Chambre d'Agriculture d'Ille-et-Vilaine, et membre depuis septembre dernier de la Conférence Toussaint à Rennes. Régulièrement, il prend des nouvelles des autres membres. 

Avec certains, on passe plus d'une demi-heure à discuter alors qu'on ne s'est jamais rencontrés

"Je ne les connais pas tous, mais je les appelle quand même", explique-t-il. "On parle de tout et de rien, on voit qu'il y a un vrai besoin d'échanger. Avec certains, on passe plus d'une demi-heure à discuter alors qu'on ne s'est jamais rencontrés". De quoi élargir son cercle. Des rendez-vous sont même pris pour l'après-confinement.
Pas de moment de partage comme à la dernière Chandeleur, mais le lien n'est pas rompu grâce au téléphone
Pas de moment de partage comme à la dernière Chandeleur, mais le lien n'est pas rompu grâce au téléphone © DR

 

Un réseau de charité


En Ille-et-Vilaine, la Société de Saint-Vincent-de-Paul (SSVP) compte aujourd'hui 159 membres. En France, elle forme un réseau de charité de 17000 bénévoles. Ils sont répartis dans 1000 équipes locales appelées Conférences, comme celle de la Toussaint à Rennes.
 
La SSVP est une association catholique de laïcs, reconnue d’utilité publique. Elle vit essentiellement de dons. 
Les actions menées en ces temps de confinement sont présentées dans un journal de bord, publié chaque jour sur le site national de l'association, sous le nom de Quarantaide.

 
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