Grain de Sail, un bateau dans le vent

Le nouveau cargo de la jeune société morlaisienne Grain de Sail a effectué sa première traversée transatlantique chargée entre Saint-Malo et New York, marquant une nouvelle étape pour le retour du fret à voile.

"Grain de Sail II" mesure plus du double de son aîné, avec 52 m de longueur (contre 24), et peut transporter jusqu'à 350 tonnes de marchandises, soit six fois ce que peut embarquer "Grain de Sail", lancé début 2021.

 

90% de CO2 en moins

A bord durant cette première traversée, du vin, du chocolat, de la maroquinerie et autres produits de luxe. L'entreprise Grain de Sail achemine depuis Pointe-à-Pitre, à la voile également, pâte de cacao et café, avant de les transformer pour les vendre en métropole ou les exporter aux États-Unis.

Outre ses propres produits, l'entreprise est aussi prestataire logistique pour d'autres sociétés et va ainsi rapporter notamment des guitares haut de gamme de New York à son port d'attache, Saint-Malo.

La "performance logistique est meilleure que les solutions classiques, puisqu'on n'est pas en conteneurs" mais en palettes, explique Jacques Barreau, directeur général, ce qui fait gagner environ cinq jours.

La durée en mer est, elle, plus longue que pour un cargo conventionnel, à environ 15 jours, mais l'économie en matière d'émissions de CO2 est d'au moins 90%.

 

Une autre façon de voyager

Quant à la facture, "on va être parfois à peu près deux fois plus cher, trois fois plus cher, selon les cours", relève Jacques Barreau. "Mais, parfois, on est quasiment équivalent (...), donc c'est difficile de donner une échelle."

On n'est pas dans le gigantisme mais, au moins, on est compatibles avec ce que la planète est capable d'endurer

Jacques Barreau, directeur général Grain de Sail

Certains navires marchands conventionnels peuvent transporter jusqu'à plus de 20.000 conteneurs en un seul voyage, soit plus de 100.000 tonnes de marchandise.

"On n'est pas dans le gigantisme", souligne Jacques Barreau, "mais, au moins, on est compatibles avec ce que la planète est capable d'endurer".

En 2024, Grain de Sail espère effectuer cinq rotations entre Saint-Malo et New York en comptant ses deux navires, avec la possibilité, une fois aux États-Unis, de descendre charger à Pointe-à-Pitre avant de revenir à Saint-Malo.

La société bretonne veut ajouter trois autres navires de ce type à sa flotte d'ici cinq ans pour proposer des départs transatlantiques tous les 15 jours.