Saint-Malo : ouverture d'un centre d'accueil médical, dédié aux patients atteints du coronavirus

Le centre de consultation dédié au coronavirus à Saint-Malo / © DR
Le centre de consultation dédié au coronavirus à Saint-Malo / © DR

Un centre d'accueil, uniquement pour les patients contaminés par le coronavirus, c'est la volonté de médecins généralistes et infirmiers libéraux de la région de Saint-Malo. L'objectif : soulager les hôpitaux et cabinets médicaux.

Par Emilie Colin


"Il s'agit d'un centre de consultation dédié, une aventure, une initiative libérale." Jean-Louis Unal, médecin généraliste, président de la CPTS de la Côte d'Emeraude (Communauté professionnelle territoriale de santé) évoque le centre d'accueil pour les patients atteints du coronavirus, prévu à Saint-Malo.

Il ouvrira ses portes ce samedi 21 mars, sur le site du complexe sportif Marville de la ville. Le projet est soutenu par la mairie qui fournit notamment du mobilier. "C'est assez grand, nous travaillerons sous les tribunes, dans les vestiaires et dans le gymnase. C'est un lieu bien configuré par rapport à notre activité future." 
 

Les ambitions sont nombreuses : "On s'est dit que nous allions écarter ces patients de nos cabinets, pour qu'ils aient une prise en charge en toute sécurité. Nous devons ausssi continuer à nous occuper de ceux qui ont d'autres pathologies. Ceux-là ont récemment des réticences à venir, par peur d'être contaminés. Il faut être vigilant avec eux, qu'ils ne décompensent pas et soient hospitalisés alors que les services médicaux sont déjà surchargés. Il faut leur redonner confiance en leur cabinet habituel." 

La maladie, elle est là. Les gens arrivent dans nos cabinets avec des symptômes évocateurs. Pour l'instant, on a été relativement épargné mais là vient d'arriver un afflux de personnes, notamment de région parisienne donc on ne sait pas trop.  
 

Le centre d'accueil de Saint-Malo, comment ça marche ?


Ce centre accueillera les patients uniquement symptomatiques du Covid-19 (toux et fièvre), de  8h30 à 18h30, sept jour sur sept. 
 
1 - le patient est reçu par un coordinateur. La SNSM et la Croix Rouge vont s'impliquer dans ce processus
2 - le patient prend place en salle d'attente, aménagée avec les distances de sécurité nécessaires
3 - le patient est pris en charge pas un duo composé d'un médecin et d'un infirmier. L'infirmier établit un premier bilan, puis passe la relève au médecin. "Il s'agit d'établir un roulement, une fois que l'infirmier a terminé, il reçoit quelqu'un d'autre", explique Jean-Louis Unal. Les duos se relaieront, par demi-journée. 
Une des salles de consultation dans le centre d'accueil à Saint-Malo / © DR
Une des salles de consultation dans le centre d'accueil à Saint-Malo / © DR

Pour les situations plus "aigües", deux structures de sas sont prévues, avec une possibilité d'évacuation. Le projet se veut collaboratif. Tous les acteurs locaux de santé (l'hôpital, la clinique, SOS Médecins, HAD - hospitalisations à domicile)  sont impliqués et viennent de tout le territoire, au-delà des frontières de Saint-Malo, de Cancale à Dinard, en passant par Saint-Lunaire.

Cette situation créée une solidarité intéressante entre les soignants, il y a vraiment une collaboration intime et rassurante, de tous les acteurs de soins. C'est une dynamique qui fait chaud au coeur. 


"Il nous faut des masques"


Jean-Louis Unal soulève la problématique des masques de protection. "C'est vraiment une préoccupation que l'on a. Qui nous attriste."

Selon les recommandations, il faut que le médecin et le patient en portent un, en se tenant à un mètre de distance. "Dans les faits, ce n'est pas possible.. Ces masques chirurgicaux sont fournis au compte-gouttes. Nous, professionnels de santé, on espère en avoir mais les citoyens eux n'en auront pas. En tant que médecins, on sera forcément exposés." 

Il lance un appel, à destination des industriels qui pourraient leur fournir ces précieux masques. Une adresse mail est disponible pour toute entreprise susceptible de pouvoir apporter son aide : cpts.cote.emeraude@gmail.com  

Un dernier message. "Pour en venir à bout, restons chez nous." 

 

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