Teknival à Redon. Matériel détruit sciemment par les forces de l'ordre selon des collectifs, les autorités interrogées

Des collectifs réunis au teknival de Redon samedi s'inquiètent du comportement des forces de l'ordre qui auraient volontairement détruit du matériel de sonorisation au moment d'évacuer le site, a-t-on appris lundi auprès de l'association Freeform.

Du matériel détruit volontairement c'est ce que dénoncent des collectifs après la rave qui a eu lieu à Redon le week-end dernier. Selon l'association Freeform (qui milite pour l'existence de fêtes libres), des photos et de vidéos existent montrant les forces de l'ordre donnant des coups de pioches sur des enceintes et déchirant des toiles appartenant aux fêtards. Le site Checknews s'est fait l'écho de ces faits et démontré la crédibilité d'images prises sur place.  

"Ça nous semble vraiment problématique. On a interrogé le ministère de l'Intérieur et de la Justice et dans le cadre de nos missions, on voulait savoir si c'était dans les choses encourues, si c'était amené à se renouveler, lié à l'état d'urgence : on n'a pas eu de réponse", a indiqué lundi soir à l'AFP Samuel Raymond, un porte-parole de Freeform.

Aucun ordre donné selon la préfecture

Sollicité par l'AFP, le préfet d'Ille-et-Vilaine Emmanuel Berthier a réagi en indiquant qu' "à Redon, les 18 et 19 juin 2021, s'est déroulée une opération de maintien de l'ordre en réponse à un rassemblement interdit". "Je n'ai donné aucun ordre de destruction de matériel. La justice se prononcera si elle est saisie d'éventuels contentieux", a précisé le préfet. Il a toutefois reconnu que "certains systèmes de son ont pu être saisis, d'autres ont dû être rendus inopérants". 

Samedi soir le préfet avait déclaré lors d'un point presse à Redon, à l'issue de l'évacuation, que l'objectif était de "mettre un terme à un rassemblement interdit" et "faire cesser la musique". L'objectif était de "neutraliser les sons, l'objectif a été atteint", avait-il ajouté.

Le procureur de la République de Rennes Philippe Astruc a indiqué lundi que dans l'enquête portant sur l'organisation de la free party, "les gendarmes ont procédé sur instruction du parquet à la saisie conservatoire d'une platine, trois tables de mixage et de trois amplificateurs" et que "les recherches pour identifier les propriétaires de ces biens se poursuivent". Mais "qu'aucune instruction du parquet de Rennes n'a été donnée au-delà" et "qu'aucune plainte n'a encore été enregistrée".

Selon Freeform plusieurs dépôts de plainte de collectifs et de propriétaires de matériels seraient envisagés.

Ce teknival en hommage au jeune Steve, mort à Nantes lors de la Fête de la musique il y a deux ans, a donné lieu à de violents affrontements dans la nuit de vendredi à samedi entre forces de l'ordre et fêtards, faisant plusieurs blessés des deux côtés, dont un jeune fêtard qui a eu la main arrachée. Elle a réuni jusqu'à 1 500 participants et mobilisé quelques 400 gendarmes et CRS. 
 

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