Des élus et soutiens dénoncent le "drame judiciaire" de Vincenzo Vecchi

Des députés de gauche et des membres du comité de soutien de Vincenzo Vecchi ont dénoncé mardi le "drame judiciaire" vécu par cet ex-militant anarchiste et anticapitaliste italien, estimant que cette "affaire emblématique" révèle des "dysfonctionnements".

Vincenzo Vecchi salué par ses amis à sa sortie de prison à Rennes en novembre 2019
Vincenzo Vecchi salué par ses amis à sa sortie de prison à Rennes en novembre 2019 © FTV - E. Pinault

Réclamé par l'Italie où il est sous la menace d'une longue peine de prison, Vincenzo Vecchi avait fait l'objet de deux mandats d'arrêt européens (MAE) pour sa participation à des manifestations lors du sommet du G8 à Gênes en 2001, et à Milan en 2006. Il a été arrêté le 8 août dans le Morbihan, où il travaillait dans la clandestinité comme peintre en bâtiment depuis de nombreuses années. En novembre, la cour d'appel de Rennes a ordonné sa remise en liberté, mais la Cour de cassation a cassé cette décision un mois après, et le dossier est désormais renvoyé devant la cour d'appel d'Angers. 
 

L'affaire de Vincenzo Vecchi "emblématique"


Lors d'une conférence de presse à l'Assemblée nationale, le député Pierre Dharréville (PCF) a dit sa volonté "d'arriver à faire justice pour Vincenzo et pour toutes ceux et celles qui pourraient se retrouver dans sa situation avec l'application de ce mandat d'arrêt européen qui mériterait d'être largement revu". Il s'exprimait en présence notamment de plusieurs autres élus PCF, LFI ou Libertés et Territoires, et de membres du comité de soutien de Vincenzo Vecchi. Parmi eux, l'écrivain Éric Vuillard, prix Goncourt 2017, a évoqué une "affaire emblématique", rappelant qu'elle concerne quelqu'un "qui a été arrêté parce qu'il a manifesté" et risque "12 ans de prison pour des faits mal établis".
  

Dénonciation des mandats d'arrêt européens


Cela "prend une résonance un peu particulière" dans l'ambiance actuelle marquée par "une répression très forte des mouvements sociaux", a-t-il ajouté, François Ruffin (LFI) voyant aussi un "écho" avec certaines situations en France. Plusieurs membres du comité ont plaidé pour "un contrôle plus approfondi" des mandats d'arrêt européens, dénonçant "une procédure expéditive" dans laquelle "on échange des gens comme on échange des marchandises". Ils ont souligné que dans le cas de Vincenzo Vecchi, l'un des mandats était éteint "puisque la peine de Milan a déjà été effectuée" par cet homme de 46 ans.
    

Quel rôle pour les élus français ?


Alors qu'un député s'interrogeait sur la marge de manœuvre des élus français dans ce dossier, Pierre Dharréville a fait valoir que la France pouvait "jouer un rôle en Europe" pour faire évoluer la législation, ajoutant qu'il y avait aussi des évolutions possibles quant à son "application zélée".
 
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