Faire pousser des salades dans des containers ? Père et fils prônent les avantages de l'hydroponie

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Écrit par V. Chopin et I. Rettig

C'est un mode de culture importé des Etats-Unis : l'hydroponie permet de cultiver fruits et légumes dans des containers, où la température est maintenue à 21 degrés. A Muzillac, dans le Morbihan, Sepehr et Jean-Luc Achard en sont convaincus : cette technique pourrait révolutionner les pratiques agricoles de demain.

Vu de l'extérieur, le container de 30m2 que Jean-Luc Achard et son fils Sepehr ont installé à Muzillac, dans le Morbihan, n'a rien de particulier. Mais à y regarder de plus près, quelques indices trônent non loin de la porte d'entrée : quelques graines, du compost...

A l'intérieur, on se croirait dans une boîte de nuit. Pas de boules à facettes, mais sur les cloisons et au plafond, de nombreuses guirlandes lumineuses de couleur violette. C'est grâce à ces lampes de croissance en LED que les plantes se développent rapidement.

21 degrés toute l'année 

"Ca pousse 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, 12 mois sur 12 !" vante Jean-Luc Achard, le "General manager" de Sepec Consults, cette entreprise qui promeut l'hydroponie.

Voilà son principal argument : finis les aléas climatiques qui perturbent et complexifient le travail des agriculteurs. Dans ce container importé des Etats-Unis, l'humidité et la température sont constantes. A 21 degrés toute l'année, les fruits, plantes et légumes poussent plus vite, sans être abîmés.

Pas besoin non plus de beaucoup travailler la terre. Ici, c'est une pompe de dosage qui envoie dans les parois, les nutriments dont les plantes ont besoin. Des plantes qui poussent à la verticale.

Dans des rails où les graines, compost et semis sont déposés. "Il y a une mousse déposée au fond de chaque rail, avec à l'intérieur un bout de feutre qui permet de retenir l'humidité et les nutriments" décrit l'entrepreneur qui n'a pas spécialement besoin d'enfiler une cotte pour travailler.

"Y a plus de saisons !"

De quoi défriser les amateurs de culture en pleine terre... Avec 350 euros de consommation d'énergie par mois (abonnement compris), 80 litres d'eau par mois et 5 litres de nutriments, Jean Luc Achard produit 1.000 salades par semaine, dans cet espace de 30m2, là où un maraîcher aurait besoin de plusieurs milliers de mètres carrés.

Peu de terre, peu d'outils, père et fils voient un autre avantage à l'hydroponie : outre les salades, épinards et autres plantes aromatiques, des fruits et légumes qui poussent habituellement sous les tropiques peuvent être cultivés. "L'avantage c'est que ça permet de garantir un certain niveau de revenu ! En plus de aléas climatiques, il n'y a plus de problème de pollution des sols, de pollution de l'eau ou de contaminations liées aux bactéries " explique Sepehr Achard, au pied d'une colonne de plans de poivrons.

Déjà utilisée depuis une vingtaine d'années aux Etats-Unis, l'hydroponie se développe en Europe, en ville comme à la campagne. Coût du container tout équipé : entre 160.000 et 180 000 euros.

Jean-Luc et son fils espèrent convaincre en France et développer leur société à l'étranger notamment au Moyen-Orient où le père a travaillé durant plus de 30 ans, comme ingénieur dans le secteur du pétrole.